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Le secteur agricole aura besoin de 30 000 travailleurs d’ici 2033, selon un rapport

Un tracteur dans un champ de blé.

En 2020, le Canada a lancé son programme pilote sur l’agroalimentaire, qui vise à encourager l'immigration pour le secteur de l'agriculture. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Alexey Furman

Radio-Canada

L'agriculture canadienne nécessiterait que 30 000 travailleurs issus de l'immigration viennent combler le vide laissé par les agriculteurs partant à la retraite, sans quoi l'avenir du secteur serait incertain, affirme un récent rapport publié par la Banque Royale du Canada (RBC).

Selon ce dernier, 40 % des agriculteurs canadiens prendront leur retraite d'ici à 2033. Pour compenser le manque de relève, le secteur agricole du pays aura besoin d'immigrants permanents capables d’établir leurs propres fermes et serres ou de reprendre les exploitations existantes.

Rehan Khan, un agriculteur pakistanais aujourd'hui installé en Saskatchewan.

Rehan Khan s'est installé en Saskatchewan en 2018 dans l'espoir d'offrir un meilleur avenir à ses enfants.

Photo : Radio-Canada / Sam Samson

Cette remarque sonne bien aux oreilles de Rehan Khan, un agriculteur pakistanais qui exploite une ferme de 160 acres près de Yorkton, en Saskatchewan, depuis 2021.

Il faut un soutien local. C'est comme ça que les immigrants pourront réussir dans l'agriculture.

Une citation de Rehan Khan, agriculteur

Se lancer dans le secteur agricole canadien était une démarche naturelle pour M. Khan, qui a 20 ans d'expérience dans le domaine dans son pays d'origine.

Il tient toutefois à prévenir les autres migrants qu'il a vécu certaines difficultés, telles que la connaissance du marché local. Cela devrait être pris en considération pas seulement par les immigrants, mais aussi par les agences gouvernementales, note-t-il.

L'agriculteur aimerait aussi que les nouveaux arrivants puissent bénéficier d’information concernant la location de machinerie ou de conseils pour la vente de leurs produits.

Selon le rapport de la RBC, d'autres obstacles, notamment financiers, se dressent aussi devant les agriculteurs expérimentés qui souhaitent se lancer au Canada. Le prix des terres agricoles a, par exemple, augmenté de plus de 20 % au cours des cinq dernières années.

Dans de nombreuses régions du pays, un budget de 1 million de dollars peut ne pas suffire pour une petite exploitation, selon un spécialiste de l'immobilier agricole établi en Colombie-Britannique, Rajin Gill.

C'est toutefois en Saskatchewan que le prix de l'acre est le moins élevé au pays. Rehan Khan affirme avoir eu la chance d'acheter ses terres bien avant la hausse des prix. Il estime tout de même avoir investi 223 000 $ depuis 2021.

La technologie comme solution de rechange

Le rapport de la RBC suggère que, pour faire face au manque de main-d'œuvre, les agriculteurs automatisent les activités de manière à ce qu'il faille moins de personnes pour travailler dans une ferme.

Le céréalier et éleveur de bétail Steven Donald, installé près de Moosomin, en Saskatchewan, a déjà investi dans ce type de technologie.

Deux personnes dans un champ.

Malgré ces investissements, Steven Donald note que des travailleurs sont quand même nécessaires pour plusieurs activités.

Photo : Radio-Canada / Kirk Fraser

On a dépensé beaucoup d'argent pour des technologies telles que l'autoguidage, la cartographie et les semoirs pneumatiques, explique-t-il.

Cet été, il compte moderniser son nettoyeur de grains, une machine qui trie les grains en fonction de leur poids et de leur taille, afin qu'il puisse fonctionner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans surveillance.

Malgré ces investissements, Steven Donald note que des travailleurs sont quand même nécessaires pour plusieurs activités, comme la gestion des plantes envahissantes et des semences.

Un programme trop peu ambitieux

En 2020, le Canada a lancé son Programme pilote sur l’agroalimentaire afin d'encourager l'immigration dans le secteur de l'agriculture. Ce programme, conçu pour offrir une voie vers la résidence permanente aux travailleurs saisonniers ayant de l'expérience, doit prendre fin en mai prochain.

Selon le directeur de l’Institut Arrell Food de l'Université de Guelph et coauteur du rapport, Evan Fraser, ce programme ne fait toutefois qu'effleurer la surface de la pénurie de main-d'œuvre.

Il s'agit d'exploitations qui fonctionnent toute l'année. La notion même de travailleur migrant temporaire qui ne vient que pour la saison de croissance n'a donc pas vraiment de sens, estime-t-il.

D'après Ottawa, en date de février 2023, plus de 1500 personnes avaient été admises dans le cadre de ce programme. Le projet pilote a été conçu pour accueillir jusqu'à 2750 personnes.

Dans un courriel, un porte-parole du ministère de l'Immigration écrit que le projet pilote et son éventuelle prolongation au-delà de l'échéance prévue sont en cours d'évaluation.

Ces nouveaux arrivants ne resteront dans le secteur [...] que s'il offre des salaires compétitifs, de bonnes conditions de travail et des perspectives à long terme pour eux-mêmes et leurs familles, note-t-il

Avec les informations de Sam Samson

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