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En haussant les droits, l’U de M fait porter son fardeau aux étudiants, dit la FÉCUM

Cette autre hausse est « injustifiable », selon la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton.

Une murale avec le visage de Molly Muise sur un édifice.

Cette murale représentant Molly Muise, importante figure mi'kmaw, décore la résidence Lafrance de l'Université de Moncton. Elle a été réalisée par l'artiste britannique Wasp Elder lors du Festival Inspire en 2017.

Photo : Radio-Canada / Maya Chebl

Radio-Canada

Le débat autour du nom de l’Université de Moncton et l’héritage laissé par l’administrateur colonial Robert Monckton étaient manifestement loin des priorités des étudiants rencontrés dimanche, au lendemain de l’annonce d’une nouvelle hausse de leurs droits de scolarité.

Réuni samedi, le conseil de l’Université de Moncton a annoncé qu’il commandait un état des lieux sur la possibilité de changer le nom de l’institution postsecondaire acadienne.

Dans la même réunion, le conseil en a profité pour décréter une hausse de 2 % des frais de scolarité de ses étudiants pour 2023-2024.

Cela fait suite à l’augmentation de 2 % encaissée en 2022-2023.

C'est injustifiable, lance sans détour Étienne Bélanger, le président de la FÉCUM, la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton (autrefois la FÉÉCUM).

On est extrêmement déçus. On sait qu'avec l'inflation, le coût de la vie qui augmente, le coût de l'électricité qui a augmenté de 4,9 %, les étudiants sont à bout, a-t-il dit lors d’une entrevue, dimanche à Moncton. La crise du logement, les étudiants ont peine à trouver des logements, peinent à se nourrir. Une hausse de 2 %, c'est inacceptable.

Résultat direct du désinvestissement

Le recteur et vice-chancelier de l'Université de Moncton, Denis Prud'homme, affirme que cette hausse est nécessaire pour hausser les revenus de l’établissement.

Denis Prud'homme en conférence de presse devant un micro.

Denis Prud'homme, recteur de l'Université de Moncton, en conférence de presse après la réunion du conseil.

Photo : Radio-Canada

Dans le cadre de la présentation du budget, on nous a rappelé qu'il y a quand même beaucoup d'investissements qui doivent être faits, ne serait-ce que dans la mise à niveau de nos infrastructures, a-t-il déclaré en conférence de presse.

On [les] estime à tout près de 114 millions de dollars pour les prochains 10 ans. On se doit, pour maintenir nos infrastructures — autant physiques que technologiques — à niveau, de s’assurer de maintenir un revenu acceptable, a affirmé le recteur.

Les personnes étudiantes sont ici pour s'éduquer, pas pour porter le fardeau du budget universitaire, réplique Étienne Bélanger, le président de la FÉCUM.

Ce fardeau pèse toujours de plus en plus lourd sur les épaules de la population étudiante, ajoute-t-il, chiffres à l’appui.

Dans les derniers cinq ans, la part du budget de l'université — notre contribution — a augmenté de 11 %. On est passé de 27 % à 38 %. C'est inacceptable, martèle le porte-parole étudiant.

Étienne Bélanger, en veston couleur sable et cravate rose pâle, est debout dans une salle où on voit, suspendus, des drapeaux de la Fierté.

Étienne Bélanger, président de la Fédération étudiante du campus universitaire de Moncton, en entrevue dimanche.

Photo : Radio-Canada

La facture a ainsi monté de 1848 $ pour les étudiants canadiens et de 3386 $ pour les étudiants étrangers pendant cette période, indique la FÉCUM.

Les personnes étudiantes, à la fin de la journée, payent pour subvenir aux besoins de l'université.

Une citation de Étienne Bélanger, président de la FÉCUM

Cette situation est le résultat direct du désinvestissement provincial en éducation postsecondaire, d'après Étienne Bélanger.

Une étudiante rencontrée dimanche avait elle aussi des données concrètes pour étayer ces faits. Ma première année, quand je suis arrivée à l'automne 2020, je payais 6300 et quelques dollars, a souligné Jovial Orlachi Osundu, étudiante en travail social.

Une femme l'air sérieuse se tient debout et droite, les mains croisées devant elle, dans une salle meublée avec des fauteuils de différentes couleurs.

Jovial Orlachi Osundu, étudiante en travail social à l'Université de Moncton, lors d'un entretien dimanche.

Photo : Radio-Canada / Babatundé Lawani

Maintenant, pour la session d’hiver qui vient de passer, j’ai payé 7000 $ pour uniquement les frais de scolarité. On ne va pas compter les autres frais, logement, les autres frais connexes.

Ce 2 % encore, c’est une autre source de stress. Je me demande [...] d'ici la fin de mes études, combien vais-je payer? J’ai déjà passé deux ans et demi, trois ans, ici. J’ai connu une augmentation d’à peu près 700 $. D’ici 2026, à combien allons-nous être?

Pour les étudiants internationaux, ça représente une grande source de questionnement, dit l’étudiante d’origine nigériane. C'est une augmentation encore qui va venir s'ajouter à nos charges. S'il faut que chaque année ou chaque deux ans, l'université augmente encore nos frais, ça nous met dans un questionnement.

La hausse affecte toute la population étudiante, et touche aussi certaines familles, souligne par ailleurs Mariam Ziba, la vice-présidente de l’Association des étudiants et étudiantes internationaux du campus universitaire de Moncton.

Elle rappelle que les étudiants étrangers n’ont pas accès aux prêts. Pour leurs familles, qui sont dans leur pays, ces augmentations des droits de scolarité arrivent à l’improviste et doivent provenir directement des économies qu’elles ont faites pour envoyer leurs enfants s’instruire au Nouveau-Brunswick.

D’après le reportage de Babatundé Lawani

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