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Le livre White Riot met en lumière l’émeute contre des Asiatiques à Vancouver en 1907

Henry Tsang tient un écran dans ses mains, au milieu d'une rue.

Le nouveau livre d'Henry Tsang est basé sur une visite à pied numérique qu'il a créée et qui raconte l'émeute raciale contre des Asiatiques de 1907 à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Rafferty Baker

Radio-Canada

Il y a plus d'un siècle, des émeutiers ont détruit des commerces et des maisons de Canadiens asiatiques à Vancouver. Cette émeute de 1907 a impliqué environ 9000 personnes, pendant deux jours et nuits, selon Canadian Encyclopedia. Un livre, White Riot, vise à examiner cette violence et à donner du contexte à la vague actuelle de préjugés anti-asiatiques.

Il n'y a pas eu de mort dans cette émeute, selon White Riot, mais il s'en est fallu de peu. Le livre d'Henry Tsang précise que seulement 5 émeutiers ont été reconnus coupables et ont reçu des peines de prison de 1 à 6 mois.

En 1907, le Vancouver Trades and Labour Council, une organisation syndicale, a aidé à la création d’une section locale de la Asiatic Exclusion League, qui avait été créée à San Francisco.

Son premier événement public a été un défilé et une manifestation, le 7 septembre 1907, pour sensibiliser et faire pression sur le gouvernement fédéral afin qu'il adopte des lois pour exclure les Asiatiques du Canada.

Une foule se forme et marche jusqu'à Chinatown

Le maire de Vancouver de l’époque, Alexander Bethune, et sa femme, ont participé au défilé, ainsi que des conseillers municipaux, des dirigeants syndicaux et des dirigeants de groupes religieux, qui ont traversé le centre-ville de Vancouver et se sont arrêtés à l'hôtel de ville.

Des discours dans l'hôtel de ville ont été relayés aux milliers de personnes à l'extérieur. On estime que jusqu'à un tiers de la population de Vancouver est venu pour ce défilé, explique Henry Tsang. C'était follement populaire.

Des orateurs invités des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande ont attisé la foule, ajoute-t-il.

Une foule s'est formée [et] s'est rendue à Chinatown, qui était à proximité, et elle a commencé à attaquer les gens.

Une citation de Henry Tsang, auteur, White Riot

Henry Tsang explique que les rues de Chinatown étaient calmes, car les résidents inquiets avaient fermé leurs commerces et barricadé leurs portes, dans l'espoir que les choses se calmeraient.

Des barricades et une grève

Alors que le calme ne revenait pas, des membres de la communauté ont pris les armes. Ils ont sorti tous les fusils et toutes les munitions. Ils ont mis en place des patrouilles et ils ont commencé à reprendre leurs rues [...] Des combats au corps à corps ont duré deux jours.

L’émeute s'est déplacée vers une communauté de Canadiens japonais sur la rue Powell. Les Japonais ont eu plus de temps pour se préparer, analyse Henry Tsang.

Ils avaient des barricades prêtes au moment où la foule est entrée dans la zone. Ce fut une bataille sanglante.

Une citation de Henry Tsang, auteur, White Riot

À la suite de cette émeute, des Canadiens chinois ont fait la grève pendant 3 jours et ont ainsi bloqué la ville de manière efficace.

Pourquoi cela n'a-t-il pas été enseigné à l'école?

Ce livre, White Riot, est publié au moment d'une montée de la haine anti-asiatique à Vancouver. Au cours de la première année de la pandémie de COVID-19, la police a déclaré que les crimes haineux anti-asiatiques à Vancouver avaient augmenté de 12 incidents en 2012 à 98 en 2020, soit un pic de 717 %.

À Richmond, au sud de Vancouver, la police dit avoir enregistré 46 crimes haineux et incidents en 2021, contre 34 en 2020; 67 % étaient liés à la discrimination raciale, et parmi les personnes visées, 61 % étaient asiatiques.

Un graffiti sur un mur.

Un graffiti demandant le respect du quartier Chinatown de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Justine Beaulieu-Poudrier

L'avocat et militant Steven Ngo juge que les chiffres rapportés par les autorités doivent être pris avec un grain de sel. La réalité est que les gens ont abandonné [les signalements].

Henry Tsang considère qu’analyser les racines du racisme au Canada peut aider à mieux comprendre où nous en sommes aujourd'hui. J'ai été choqué de ne pas avoir appris [l’histoire de cette émeute] jusqu'à la fin de ma vingtaine [...] Pourquoi cela n'a-t-il pas été enseigné à l'école?

Avec les informations de Jon Azpiri, Rafferty Baker et Zahra Premji

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