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Langues officielles au N.-B. : 3 ministres francophones sont la cible de vives critiques

Un plan rapproché d'un grand drapeau de l'Acadie flottant au sommet d'un mât.

Plusieurs estiment que le projet de loi 37 de Blaine Higgs menace les droits linguistiques au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

La sortie des trois seuls ministres francophones, Daniel Allain, Réjean Savoie et Glen Savoie, pour défendre des changements à la Loi sur les langues officielles proposés par le premier ministre Blaine Higgs a provoqué un tollé dans l'opposition

Le projet de loi 37, déposé par le premier ministre, prévoit l’abolition de la révision obligatoire de la Loi sur les langues officielles tous les dix ans. Cette décision a été vivement dénoncée par l’ensemble des leaders acadiens, ainsi que par la Commissaire aux langues officielles, Shirley MacLean.

À l’Assemblée législative, lors de la période des questions, le ton est rapidement monté. Le député libéral de Kent-Sud, Benoît Bourque, a vertement dénoncé la sortie des trois ministres.

Benoît Bourque.

Benoît Bourque, député libéral de Kent-Sud, dénonce la sortie des trois ministres francophones sur le projet de loi 37.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le ministre de la Sécurité publique et ancien chef de l’Alliance a plus de pouvoir que ces trois ministres mis ensemble au sein du comité sur les langues officielles, a lancé le député libéral.

Benoît Bourque a rejeté l’argument des trois ministres francophones, qui assurent que l’abolition de la révision obligatoire de la loi permettra une révision plus fréquente. Il est clair comme de l’eau de source que le mécanisme de révision à tous les dix ans n’empêche aucunement quelconque gouvernement de réviser et de modifier la Loi sur les langues officielles à tout moment, a-t-il rappelé.

« Le ministre de Moncton-Est semble clairement trouver que son parti est plus important que sa patrie. »

— Une citation de  Benoît Bourque, député libéral de Kent-Sud

Un débat houleux en chambre

Face aux points soulevés par Benoît Bourque, le ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale, Daniel Allain, a répliqué en rappelant le passage du député libéral en tant que ministre de la Santé, dans le gouvernement de Brian Gallant.

« On est en train de nettoyer les mess du fou, du député de Kent-Sud »

— Une citation de  Daniel Allain, ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale
Daniel Allain à l'Assemblée législative.

Le ministre Daniel Allain estime que l'abolition de la révision obligatoire aux dix ans de la Loi sur les langues officielles permettra de la révision plus fréquemment.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

À l’extérieur de la chambre, le député Bourque a dénoncé la sortie du ministre. Lorsque le meilleur argumentaire qu’ils vont nous donner, c’est de me traiter de fou, ça démontre encore une fois la solidité de leurs arguments, a rétorqué Benoît Bourque.

Le premier ministre Blaine Higgs a, pour sa part, accusé une fois de plus l’opposition libérale de vouloir créer de la division sur la question linguistique. Pour ce qui est des propos de son ministre, Blaine Higgs a dit que c’est la partie malheureuse de ce type de discussions, sans s’étendre sur la question.

Une invitation directe à démissionner

Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, estime que le gouvernement veut imposer un premier recul à la Loi sur les langues officielles depuis des décennies. Selon lui, les ministres francophones au sein du cabinet devrait s’opposer aux décisions de Blaine Higgs.

« Si t’avais trois ministres qui démissionnaient en bloc, j’pense que ça changerait les forces politiques. »

— Une citation de  Kevin Arseneau, député vert de Kent-Nord
Kevin Arseneau.

Le député vert de Kent-Sud, Kevin Arseneau, croit qu'une démission des ministres francophones lancerait un message puissant.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

S’ils croient vraiment dans l’importance de la Loi sur les langues officielles, qui est à la base de notre société, de notre contrat social, j’pense qu’un francophone ou un francophile, qui croit dans cette loi-là, et qui voit cette loi-là faire un recul, je pense que démissionner serait une excellent façon de faire un point, estime Kevin Arseneau.

En chambre, le député libéral Benoît Bourque a lui aussi suggéré la démission aux trois ministres, en faisant référence au député Robert Gauvin, qui a démissionné du caucus conservateur en 2020.

Ces deux ministres ont la capacité de porter leurs culottes et se tenir debout face à un tel recul, et c’est un recul, et ça se fait, vous n’avez qu’à regarder notre collègue de Baie-de-Shediac-Dieppe juste ici.

La SANB est déçue par la sortie des trois ministres francophones

Le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet, comprend mal la sortie publique des trois ministres francophones du cabinet Higgs. Les paroles qui ont été dites hier étaient trop loin, je ne pense pas qu’en tant qu’Acadien ou francophone, on devrait appuyer ce projet de loi-là.

Le président de la SANB demande au premier ministre Higgs de permettre un vote libre de ses députés et ministres sur le projet de loi 37. Il souhaite aussi que le premier ministre permette un réel débat sur le projet de loi.

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet, réagit à la réponse du premier ministre Blaine Higgs à la révision de la Loi sur les langues officielles.

Le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet, demande au premier ministre Higgs de permettre un réel débat en chambre sur le projet de loi 37.

Photo : Radio-Canada

C’est certain qu’on a une crainte, qu’il voudra peut-être passer le bâillon sur le présent projet de loi. Nous on veut avoir un vrai débat sur la question, et que les parlementaires de tous les partis politiques prennent parti.

La SANB estime que le projet de loi représente en réel recul pour les droits linguistiques. L’organisme croit aussi que la confidentialité du processus de plaintes serait menacé.

C’est très inquiétant, c’est que maintenant le Commissariat aux langues officielles du Nouveau-Brunswick, annuellement, n’aura pas le choix de publier dans son rapport la nature et l’origine des plaintes, donc maintenant, il y a vraiment un questionnement à y avoir au niveau de la confidentialité des plaignantes et des plaignants.

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