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Gaz de schiste : Blaine Higgs fait miroiter 1,6 milliard $ aux Autochtones

Blaine Higgs debout donne une conférence de presse.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, fait miroiter aux Autochtones d'importants revenus s’ils acceptent un projet de gaz de schiste. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, fait miroiter aux Autochtones des revenus de 800 millions à 1,6 milliard de dollars qui pourraient être partagés avec eux sur 20 ans s’ils acceptent qu’un gisement de gaz de schiste près de Sussex soit exploité.

Le gouvernement a envoyé cette proposition par écrit ce mois-ci à tous les chefs autochtones de la province, indique M. Higgs. Selon lui, cette proposition change complètement la donne pour toutes leurs communautés.

Il s’agit du plus récent effort de son gouvernement pour appuyer l’industrie depuis que l'ancien gouvernement de Brian Gallant a imposé un moratoire sur la fracturation hydraulique, en 2014, à la suite de vives manifestations.

La fracturation hydraulique consiste à injecter dans le sol un mélange de sable, de produits chimiques et généralement d’eau afin de briser le schiste et libérer le gaz naturel qu’il contient. Les opposants à cette méthode craignent notamment une contamination de l’eau potable.

Un chef accueille froidement la proposition

Le chef de la communauté de Pabineau, Terry Richardson, fait des reproches à Blaine Higgs.

Ce qu’il fait fondamentalement, il dit : "Bien, je retire votre entente fiscale, mais regardez tout cet argent que vous pourrez avoir si vous acceptez la fracturation hydraulique", déplore Terry Richardson.

Blaine Higgs a annoncé en 2021 qu’il allait mettre fin à l’entente sur le partage des revenus fiscaux qui a rapporté des millions de dollars chaque année aux communautés autochtones de la province. Les chefs mi’kmaw et wolastoqey ont vivement dénoncé la fin de cette entente qui va survenir d’ici quelques mois.

Terry Richardson interviewé.
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Terry Richardson, chef de la communauté autochtone de Pabineau au Nouveau-Brunswick, s'oppose à l'idée de faire une nouvelle fracturation hydraulique dans la province.

Photo : Radio-Canada

Terry Richardson explique qu'il craint toujours des conséquences potentielles de cette méthode sur l’environnement et qu’il n’a encore rien vu de rassurant à ce sujet. Il ne croit pas que les membres de sa communauté soient d'accord non plus.

À moins que la technologie ait changé, il y aurait peu d’appuis pour cela, dit-il.

L’organisme Mi'gmawe'l Tplu'taqnn, qui représente les communautés mi'kmaw au Nouveau-Brunswick, dit avoir soumis une proposition au gouvernement sur le partage des revenus et qu’il attend toujours l’occasion de pouvoir en discuter avec lui.

La nation wolastoqey, pour sa part, ne fait pas de commentaires.

Un gisement exploitable

Le progressiste-conservateur Blaine Higgs a ajouté une exemption en 2019 au moratoire des libéraux pour un secteur près de Sussex où l’entreprise Headwater Exploration (qui s’appelait autrefois Corridor Resources) extrait du gaz naturel.

Si le moratoire doit être levé afin de permettre une nouvelle fracturation hydraulique, il faut satisfaire à certaines exigences, dont celle de consulter les Autochtones.

Des installations industrielles au milieu de la campagne.
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L’entreprise Headwater Exploration, connue autrefois sous le nom de Corridor Resources, a commencé à extraire du gaz naturel dans la région de Sussex en 1999. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

M. Higgs indique que le champ gazier McCully près de Sussex est le seul endroit où il est question d’étendre l’extraction du gaz de schiste. Selon lui, ce gisement contient suffisamment de gaz naturel pour réduire la dépendance au charbon du marché intérieur et pour en exporter en Europe.

Une occasion, mais le temps presse

Todd McDonald, président de la société d’experts-conseils Energy Atlantica, juge que c’est une occasion extraordinaire pour toute la province.

Le projet est viable, selon lui, parce que les consommateurs du Nouveau-Brunswick paient le gaz naturel quatre fois plus cher que ceux de l'Alberta, la province d’où provient cet hydrocarbure.

Mais rien ne garantit que cette occasion d’affaires est bonne à long terme, selon l’économiste Herb Emery de l’Université du Nouveau-Brunswick. Il explique que cette source d’énergie fossile, comme les autres, est censée être progressivement remplacée par l’énergie renouvelable.

M. Emery conclut que le gouvernement n’a que quelques années pour s’entendre avec les Autochtones, parce qu’il faudra environ une dizaine d’années pour exploiter et commercialiser le gisement.

D’après un reportage d’Aidan Cox, de CBC

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