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L’inflation amène une clientèle plus nombreuse dans les cuisines collectives

Cuisine du centre communautaire de Douglastown.

Le Regroupement des cuisines collectives milite pour le droit de se nourrir dans la dignité, sans dépendre de la charité.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs activités étaient organisées dimanche à l’occasion de la 27e journée nationale des cuisines collectives. C’était le cas à Douglastown, où un groupe participait à la conception d’un repas collectif.

Comme ailleurs au Québec, la clientèle de la cuisine collective du centre communautaire de Douglastown est très diversifiée.

Dimanche matin, il y avait une jeune maman, Tesia Hackett, qui dit adorer le partage de recettes avec son groupe de cuisine collective. En plus des sous qu’elle économise, sa participation lui permet d’avoir plus de temps pour son fils de deux ans et demi.

À ses côtés, Johanna Moya, qui vit seule. Cette dernière, dont c’était la première participation, a surtout apprécié le partage avec les autres. Quand on aime cuisiner, pourquoi ne pas le faire avec des amis en plus? Ça apporte du bonheur!

Cuisine du centre communautaire de Douglastown

Le Québec compte plus de 1200 cuisines collectives.

Photo : Radio-Canada

Le Québec compte plus de 1200 cuisines collectives. Il s'agit d'un mouvement au cœur de la récupération alimentaire tout en éduquant les participants à l’ABC de la cuisine ainsi qu’à la gestion et la conservation des aliments.

C’est aussi pour bien des gens un lieu de rassemblement qui ouvre sur des réseaux d’entraide et d’intégration dans la communauté.

Les cuisines collectives ne sont pas fréquentées seulement par des gens qui ont de la difficulté à se nourrir. Cependant, elles sont de plus en plus prisées en raison de l'inflation qui perdure depuis plus d’un an. D'autant plus que le coût des aliments n’arrête pas de grimper.

La période d'après-pandémie n’est donc pas sans remous pour les cuisines collectives.

Coordonnatrice générale du Regroupement des cuisines collectives du Québec depuis un peu plus de trois ans, Jocelyne Gamache l’observe : les gens ont faim. Les gens trouvent difficilement à se nourrir dans la dignité parce que le prix des aliments augmente tellement que de plus en plus de gens doivent recourir aux banques alimentaires ou vont moins bien manger, ou pire, se priver et priver leurs enfants de nourriture.

La particularité, c’est vraiment le nombre de personnes qui frappent à la porte en même temps.

Une citation de Jocelyne Gamache, coordonnatrice générale du Regroupement des cuisines collectives du Québec

Si la demande est plus importante, les ressources et le budget de ces organisations ne bougent pas beaucoup.

On est sous-financés, commente Mme Gamache, on ne peut pas répondre à tout le monde. On a une capacité d’accueil limitée avec les cuisines. On fait face à des enjeux de financements comme tous les organismes communautaires.

Des aliments sur une table.

La préparation des ingrédients en vue de l'élaboration d'un repas. (Photo d'archives)

Photo : Facebook

La coordonnatrice générale souligne que les organismes communautaires en santé et en services sociaux estiment avoir besoin de 370 millions supplémentaires pour remplir leur mission.

Le ministre des Finances, cette semaine, a annoncé un budget de 195 millions répartis sur cinq ans, dont 36 millions pour la prochaine année pour soutenir les organismes communautaires en santé et en services sociaux. C’est vraiment très peu par rapport aux besoins qu’on a, croit Mme Gamache.

Ce n’est pas normal dans une société riche comme le Québec que des gens aient faim.

Une citation de Jocelyne Gamache, coordonnatrice générale du Regroupement des cuisines collectives du Québec

Manger, un droit?

Cette situation préoccupante incite le Regroupement des cuisines collectives du Québec et ses membres à revendiquer le droit de se nourrir dans la dignité. Un projet est d’ailleurs en cours pour que soit reconnu le droit de se nourrir dans la dignité.

C’est un travail qui va s'échelonner sur plusieurs années pour faire reconnaître le droit des citoyens, des citoyennes de manger dans la dignité, explique la coordonnatrice générale. On veut que le gouvernement comprenne que ce n'est pas une faveur que de se nourrir et que ça ne devrait pas dépendre de la charité. C’est un droit qui devrait protéger la société, conclut-elle.

Avec la collaboration de Stéphanie Rousseau

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