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La main-d’œuvre indépendante en voie de coûter 80 M$ au CISSS-AT en 2022-2023

Un infirmier de dos et en uniforme marche vers une chambre d’une unité de soins intensifs. Il y a énormément d’équipement médical dans cette salle, qu’on voit au loin. L’homme est masqué et a aussi des gants. Il y a aussi une femme de dos, également en uniforme.

Le CISSS-AT anticipe un déficit de 37 millions de dollars pour l’exercice qui se terminera le 31 mars prochain. (Photo d'archives)

Photo : CBC / Evan Mitsui

Le recours à la main-d’œuvre indépendante coûtera plus 80 millions de dollars au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) pour l’exercice qui se termine le 31 mars prochain.

Il s’agit d’une hausse de près de 13 % par rapport aux 71 millions de dollars de l’année dernière. Ces coûts comprennent non seulement les honoraires mais aussi les frais de déplacement et d’hébergement pour le personnel d’agences de placement privées qui provient de l’extérieur de la région.

Cette année, plus de la moitié des heures travaillées par la main-d’œuvre indépendante l’a été par des préposés aux bénéficiaires. En date du 29 janvier, ce travail représentait 389 354 heures, comparativement à 127 427 heures pour les infirmières et 95 300 heures pour les infirmières auxiliaires provenant d’agences.

Depuis 2020, leur nombre d’heures travaillées a quadruplé, essentiellement dans les CHSLD.

Le chantier qui est en cours, c’est de voir ce qu’on peut faire pour assurer une meilleure rétention de cette main-d'œuvre. On va regarder l’entièreté de la pratique des préposés aux bénéficiaires au sein de notre organisation, tant en termes de conditions de travail, de formation, d’éléments d’attraction et de rétention, a indiqué la présidente-directrice générale Caroline Roy, en marge de la réunion du conseil d’administration du CISSS-AT, jeudi, à Val-d’Or.

Objectif zéro d’ici la fin 2026

Le centre d'hébergement et de soins de longue durée de Val-d'Or.

Les préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD représentent plus de la moitié des heures travaillées en main-d'oeuvre indépendante. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Le CISSS-AT devra donc redoubler d’efforts pour éliminer complètement le recours à la main-d’oeuvre indépendante d’ici la fin de 2026, comme l’exige Québec. C’est trois ans, au lieu des 10 ans qu’avait prévu l’établissement de santé, qui est parmi ceux au Québec qui ont le plus recours aux agences de placement. Un objectif auquel adhère le CISSS-AT.

C’est un défi qui est de taille. C’était déjà un défi très ambitieux de vouloir le faire sur 10 ans, parce que plutôt qu’être en décroissance d’utilisation de la main-d’œuvre indépendante, on est en croissance. Et ce, malgré le fait qu’on a vraiment bien réorganisé nos services depuis 2021 et qu’on tente de l’utiliser au minimum et que pour nos services essentiels. Le plan de transition est en élaboration actuellement. Évidemment, on va le partager à l’équipe ministérielle, au ministre et au sous-ministre concernés, pour bénéficier de tous les leviers dont on a besoin pour que ce soit un succès, a affirmé Caroline Roy.

Cette dernière a précisé que le CISSS-AT dispose de certains leviers, comme son projet d’autogestion des horaires qu’elle a mis en place à l’Hôpital de Rouyn-Noranda et qu’il étendra à ceux d’Amos et Val-d’Or au cours des prochains mois. Mais d’autres leviers relèvent davantage des instances gouvernementales.

Vers un déficit de 37 M$

Caroline Roy, prenant la pose, assise à une table avec ses documents, avant le début d'une conférence de presse.

La PDG du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), Caroline Roy.

Photo : Radio-Canada / Annie-Claude Luneau

Ce recours à la main-d’oeuvre indépendante demeure un boulet financier important pour le CISSS-AT, qui lui attribue la totalité de son déficit anticipé de 37 millions de dollars pour l’exercice qui se termine le 31 mars prochain.

Si cette main-d’oeuvre indépendante réalisait le même nombre d’heures, mais à titre d’employés au sein de notre organisation, donc avec nos taux horaires, avec des heures supplémentaires aux taux qu’on connaît, quel serait l’écart avec ce qu’elle nous coûte? Actuellement, c’est à peu près un équivalent, donc le déficit qu’on anticipe de 37 millions de dollars correspond à cet écart de taux, a souligné Caroline Roy.

Rappelons qu’il y a quelques semaines à peine, l'Association des entreprises privées de personnel soignant du Québec défendait sa présence dans le réseau de la santé, dont en Abitibi-Témiscamingue.

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