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Inflation : des Ontariens se sentent abandonnés par le budget provincial

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario dénonce un budget qui finance « les amis du gouvernement de Doug Ford » au lieu d’aider les Ontariens

Une femme appuyée sur un panier d'épicerie. Elle tient un reçu d'achat.

Les prix des aliments ont augmenté en moyenne de 11,4 % depuis octobre de l’an passé, selon Statistique Canada.

Photo : iStock / sergeyryzhov

Des syndicats et des Ontariens déplorent le manque de mesures concrètes pour aider les familles à faire face à l'inflation. Selon eux, la province doit en faire plus pour augmenter les salaires et aider les résidents à affronter l'augmentation du coût de la vie.

Comme pour beaucoup d’Ontariens, l'inflation fait mal au portefeuille de Grant Cockburn. Le Torontois dit que ses dépenses en épicerie ont doublé depuis l’année dernière et il aimerait que la province en fasse davantage pour aider les gens à sortir la tête de l’eau.

Ils ont beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir et de contrôle envers la population ontarienne, et rester silencieux et agir comme si c’était notre problème et pas le leur est le mauvais message, ajoute-t-il.

Selon lui, le gouvernement de Doug Ford manque de vision, ce qui a un impact direct sur la santé financière des ménages ontariens.

« Doug Ford n’en parle pas parce qu’il n'a pas d’idée [pour régler le problème] »

— Une citation de  Grant Cockburn, citoyen torontois

Je voudrais qu’ils nous disent quel est leur objectif, et qu’il soit de rendre la vie plus abordable pour les familles et les pauvres.

Cynthia Kryszak réside elle aussi à Toronto. Selon elle, un meilleur contrôle des loyers, des titres de transports en commun et du prix de la nourriture donnerait un coup de pouce aux familles ontariennes.

Je regarde le montant que je dépense sur la nourriture et c’est ahurissant. Ce sont de petites augmentations ici et là et les salaires, par contre, les salaires, eux, n’augmentent pas, raconte la représentante syndicale.

« Je ne pense pas que c'est un gouvernement qui est trop trop préoccupé par le bien-être de la classe moyenne. »

— Une citation de  Cynthia Kryszak, citoyenne torontoise

Un budget pour les amis du gouvernement Ford

Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario dénonce quant à lui un budget qui finance les amis du gouvernement de Doug Ford au lieu d’aider les Ontariens pour qui les dépenses ne cessent d’augmenter.

Ils ont annoncé un crédit d’impôt de 780 millions de dollars pour le secteur manufacturier, mais ils ne parlent pas des coûts liés aux problèmes auxquels font face les travailleurs qui ont de la difficulté en ce moment même, déplore JP Hornick, qui préside le Syndicat.

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario (FEESO) s’inquiète quant à elle de l’appauvrissement de ses membres, dont les salaires n’augmentent pas au même rythme que l’inflation.

Il n’y avait presque rien pour l’éducation. Le ministre a parlé des autoroutes pendant 30 minutes, mais pas de mention pour les gens qui travaillent dans les écoles et la santé, déplore sa présidente, Karen Littlewood.

Elle ajoute que les écoles peinent à recruter du personnel, ce qui a un impact direct sur la qualité des services aux élèves, notamment en santé mentale.

Même son de cloche du côté du Syndicat canadien de la fonction publique, qui réclame davantage d’investissements dans le secteur public afin de mieux soutenir les travailleurs.

Ce serait bien qu’ils annoncent des investissements dans de bons services publics, comme davantage de lits dans les hôpitaux, un meilleur système de service de garde. Nous avons demandé 10 jours de maladie payés, explique la secrétaire-trésorière du Syndicat, Yolanda McClean, qui croit que le gouvernement dispose des fonds nécessaires pour faire ces investissements.

Vers une érosion du secteur public?

Le ministre des Finances Peter Bethlenfalvy s’est défendu de ne pas venir en aide aux familles face à l'augmentation du coût de la vie en citant notamment la réduction de la taxe provinciale sur l’essence l’an dernier et l’augmentation du salaire minimum.

Avec ce budget, le gouvernement Ford annonce d’ailleurs des dépenses qui dépassent les 200 milliards de dollars, une première dans l’histoire ontarienne.

Mais pour JP Hornick, ces annonces ne sont que de la poudre aux yeux.

JP Hornick porte un t-shirt noir.

JP Hornick est la présidente du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario. (Photo d'archives)

Photo : CBC

C’est un tour de passe-passe. Ils disent qu’ils investissent tout cet argent, que c’est le plus gros budget. [Ils disent] : "regardez tout cet argent que nous investissons dans la santé". Ce qu’ils ne disent pas c’est qu’ils ont sous-financé de manière chronique ces secteurs depuis leur arrivée au pouvoir [...] ni que leurs décisions permettent de transférer l’argent du secteur public vers le secteur privé, dit JP Hornick.

Les partenariats public-privé échouent toujours à assurer les soins, les services de garde et l’éducation gratuite aux gens qui en ont besoin. Voici les investissements qu’ils n’ont pas su faire.

Une annonce pire que prévu pour les infirmières

Une déception partagée par l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario (RNAO) pour qui cette présentation du budget est pire que prévu.

On nous a fait tellement de promesses et d'engagements, mais nous ne les voyons pas dans le budget, se désole la présidente-directrice générale de la RNAO, Doris Grinspun, qui constate des financements dans le secteur privé, mais rien d'important pour la santé publique.

Doris Grinspun déplore notamment le manque de financement pour les infirmières ainsi que pour les premiers soins et les soins à domicile.

Elle aurait souhaité davantage de soutien pour le secteur public de la santé, plutôt que des aides aux investisseurs du milieu de la santé qui ne sont motivés que par l'argent, juge-t-elle.

« Ce n'est pas ainsi que nous devons construire notre système de santé canadien. »

— Une citation de  Doris Grinspun, présidente-directrice générale de la RNAO

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