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Budget provincial 2023, ou comment survivre à l’inflation

Un portefeuille et des billets de banque.

L'inflation a un effet direct sur le budget des contribuables. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada/Simon-Marc Charron

Inflation. Ce mot est sur toutes les lèvres lorsqu’on demande aux intervenants de la région quelles sont leurs attentes envers le budget du gouvernement provincial qui sera dévoilé mardi. L’aide financière de Québec est attendue de pied ferme pour faire face à la hausse des coûts, qui touche toutes les sphères de la société.

Pour éponger les dépenses des ménages, la Coalition avenir Québec (CAQ) concrétisera vraisemblablement une de ses promesses de la dernière campagne électorale : une baisse d’impôts. Cependant, cette mesure, évaluée à 7,4 milliards de dollars, est déjà vertement critiquée.

Les gens ont de la misère à se loger, les gens ont de la misère à se nourrir. Ce sont ceux qui sont les moins bien nantis qui subissent les conséquences [de l'inflation], explique le coordonnateur d’Action populaire Rimouski-Neigette et membre du Collectif pour un Québec sans pauvreté, Michel Dubé.

« Le gouvernement, ce qu’il fait avec ses baisses d’impôt, c’est qu’il soutient les mieux nantis. C’est complètement ridicule. »

— Une citation de  Michel Dubé, coordonnateur d'Action populaire Rimouski-Neigette

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, croit aussi que Québec n'aidera pas véritablement ceux qui en ont besoin s'il va de l'avant avec cette mesure.

Quand on sait que les baisses d’impôts vont bénéficier surtout à ceux qui paient beaucoup d’impôts et qu’il y a 35 % de la population québécoise qui ne pourra pas toucher un sou, on sait que le gouvernement fait fausse route, s’indigne le député.

Il estime que la CAQ doit plutôt concentrer ses efforts pour améliorer les services en santé et, surtout, pour atténuer la crise du logement.

Une personne en situation d’itinérance qui trimballe des effets personnels dans des sacs de plastique est debout devant le refuge Lauberivière, à Québec, un soir d’hiver.

Selon Michel Dubé, de plus en plus de personnes sont en situation d'itinérance à Rimouski en raison de l'inflation et de la crise du logement. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada

Des logements et de l’argent pour les construire

Or, bon nombre de projets de construction de logements sont aussi compromis par l'inflation.

Il y a des terrains de disponibles, il y a de l’aqueduc, il y a des égouts. Pourquoi les gens ne construisent pas? Parce que ce n’est pas rentable. Ça prend absolument un programme pour faire en sorte que ça devienne rentable, affirme le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis St-Pierre.

Un croquis de la cour arrière du projet de construction.

Certains projets de construction, comme celui du Groupe Fari à Rimouski, ont été reportés en raison des coûts de construction élevés. (Photo d'archives)

Photo : Ville de Rimouski

L'an dernier, Québec a créé le Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ) pour répondre à la crise du logement. Il est cependant décrié par plusieurs, notamment en raison de sa lourdeur administrative.

Ce n’est vraiment pas un programme qui a trouvé preneur. Je pense qu’il doit être révisé, indique la mairesse de Forestville et préfète de la MRC de La Haute-Côte-Nord, Micheline Anctil. Elle ajoute que l'inflation est la toile de fond de tous les projets d'infrastructures en ce moment.

« Les coûts explosent dans tous les domaines, que ce soit dans les matériaux, la main-d’œuvre, le carburant. Que ce soit des municipalités ou des contracteurs, tout coûte plus cher. »

— Une citation de  Micheline Anctil, mairesse de Forestville et préfète de la MRC de La Haute-Côte-Nord

Des municipalités qui croulent sous les dépenses

Les administrations municipales, dont les dépenses ne cessent d'augmenter, attendent aussi leur part du gâteau dans le budget provincial pour éviter de refiler toute la facture aux contribuables.

Si tous les contrats augmentent de 30 %, si les coûts d’asphaltage augmentent de 30 %, si notre déneigement fait à l’interne augmente de la même manière, au final, nos factures augmentent d’une telle manière que c’est beaucoup plus marqué que l’inflation elle-même, explique le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé, Daniel Côté.

S’il ne s’attend pas à une aide directe du gouvernement – cet aspect sera plutôt négocié l’an prochain en vue du nouveau pacte fiscal –, M. Côté espère que le 1,5 milliard de dollars sur 10 ans promis par la CAQ pour financer les infrastructures de sport et de loisir figurera bel et bien au budget et que cette somme sera disponible au cours des cinq prochaines années.

Un enfant sur la glace vu de dos.

À New Richmond, le projet de réfection de l'aréna a dû être scindé en plusieurs phases, faute de financement. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / gilaxia

Le maire de New Richmond, Éric Dubé, qui a dû scinder en plusieurs étapes la réfection de l’aréna municipal en raison d’un manque de financement, considère que cette aide est primordiale pour les municipalités.

Les programmes de subventions qui paient un plafond de 66 % avec un plafond maximum d’aide par exemple à 6,5 millions, tu atteins souvent le plafond avant d’atteindre le 66 % d’aide, ce qui fait que les projets sont subventionnés à des taux d’aide plus bas, déplore-t-il.

Les municipalités sont donc souvent contraintes de retarder leurs projets ou d'emprunter davantage d'argent pour les réaliser.

« Ça remet en question plusieurs projets. »

— Une citation de  Éric Dubé, maire de New Richmond et préfet de la MRC de Bonaventure

Matane, Sept-Îles, Gaspé, Baie-Comeau, Rimouski, Paspébiac et Chandler, pour ne nommer que ces villes-là, ont aussi des projets d'infrastructures sportives qui tardent à se concrétiser, faute de financement.

Des familles sur la patinoire à l'aréna de Sept-Iles.

La facture pour la rénovation de l'aréna de Sept-Îles est passée de 23 M$ à 30 M$ en l'espace de six mois. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Catherine Paquette

Des dettes qui endettent

Outre les ménages et les municipalités, les agriculteurs font eux aussi partie de ceux qui ont été les plus touchés par la hausse des coûts. La hausse du prix du carburant et des intrants a plombé leurs finances, sans parler de l'augmentation des taux d’intérêt, qui les touche tout aussi durement. Le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Gilbert Marquis, insiste : Québec doit leur venir en aide pour éviter qu'ils ne mettent la clé sous la porte.

« Quand t’as des dettes d’un million, de deux millions ou de trois millions, quand ça augmente de 0,25 % le taux d’intérêt, ça fait mal, pis pas à peu près.  »

— Une citation de  Gilbert Marquis, président de l'UPA du Bas-Saint-Laurent

Plusieurs autres mesures sont aussi attendues dans l'Est-du-Québec lors du budget de mardi, notamment en ce qui a trait à l’aide en santé mentale, comme l'a promis le premier ministre Legault en marge du drame survenu la semaine dernière à Amqui.

L'amélioration du transport aérien, la bonification des indemnisations pour les patients qui doivent se déplacer pour obtenir des soins, des sommes pour poursuivre les études, les travaux de prolongement de l’autoroute 20, de la route 138 et du rail gaspésien ainsi qu'une bonification des budgets pour l’aménagement forestier sont également espérés dans l’Est.

Avec la collaboration de Denis Leduc et de Maude Rivard

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