•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des Iraniens de Winnipeg sceptiques quant à la libération de manifestants en Iran

Arian Arianpour et Saeideh Mirzaei sont assis côte à côte et se regardent.

Des Iraniens vivant à Winnipeg, Arian Arianpour et Saeideh Mirzaei, réagissent à la libération des manifestants iraniens annoncée lundi.

Photo : Radio-Canada / Prabhjot Singh Lotey

Radio-Canada

Des membres de la diaspora iranienne à Winnipeg réagissent avec scepticisme, après que le chef du pouvoir judiciaire iranien a ordonné la libération des milliers de personnes arrêtées lors des manifestations antigouvernementales l’automne dernier.

Le chef de la justice iranienne, Gholamhossein Mohseni Ejei, a déclaré, lundi, à l’Associated Press, que plus de 22 000 personnes avaient été graciées à la suite de leur arrestation.

La mort de Mahsa Amini avait donné lieu à ces manifestations en septembre dernier.

La femme de 22 ans est morte en détention après avoir été arrêtée par la police des mœurs du pays, parce qu’elle n’avait pas porté son hijab correctement.

Il n’y a pas eu de confirmation indépendante de ce pardon collectif, et certains Iraniens de Winnipeg sont sceptiques.

Doctorante à l’Université du Manitoba, Saeideh Mirzaei dit ainsi avoir ri jaune quand elle a entendu cette annonce.

Il ne s’agit pas de grâce ou de bonté de longue durée. Certains d’entre eux ne sont libérés que pour quelques jours et seront à nouveau arrêtés, croit-elle.

« Le vrai pardon, c’est la libération de tous les prisonniers. »

— Une citation de  Saeideh Mirzaei, doctorante à l’Université du Manitoba

Le président de l'organisme Iranian Community of Manitoba, Arian Arianpour, a pour sa part qualifié cette annonce de scandaleuse.

Il ajoute qu’il connaissait un certain nombre de personnes qui ont été graciées par le gouvernement dans le passé, puis arrêtées à nouveau.

Lorsqu'on a été gracié, on ne peut pas être convoqué pour les mêmes chefs d’accusation. Mais c’est le cas de nombreuses personnes, mentionne-t-il.

M. Arianpour estime que l’Iran tente de donner l’impression d’un gouvernement plus pacifique par le biais de ces pardons, pour réprimer les manifestations en cours dans le pays.

« Le régime veut faire bonne figure avec cette soi-disante amnistie, mais il n’y a pas d’amnistie. »

— Une citation de  Arian Arianpour, président, Iranian Community of Manitoba

Bien que les manifestations en Iran en lien avec la mort de Mahsa Amini aient ralenti ces derniers mois, M. Arianpour rappelle que la désobéissance civile dans le pays n’a jamais été aussi forte.

Dans toutes les villes du pays, on voit des femmes qui ne portent pas de hijab, déclare-t-il.

Retourner en Iran pour participer au changement

Saeideh Mirzaei dit que l’idée de retourner en Iran après ses études est toujours présente dans son esprit.

Si je veux vraiment que les gens continuent à se battre, je dois aussi participer à cette lutte, ajoute-t-elle.

Plus de 82 000 personnes visées par l’amnistie

Selon l’agence de presse gouvernementale iranienne, le chef de la justice iranienne a annoncé ces libérations lundi, après avoir laissé entendre que le guide suprême de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, pourrait gracier des milliers de personnes avant le mois sacré du ramadan, qui commence la semaine prochaine.

Le président de la Cour suprême iranienne avait déclaré qu’un total de 82 656 prisonniers et personnes inculpées, n’ayant pas commis de vols ou de crimes violents, avaient été graciés.

Parmi les personnes graciées, 22 628 ont été arrêtées lors des manifestations de l’automne dernier.

En février, l’Iran a reconnu que des dizaines de milliers de personnes avaient été arrêtées lors des manifestations.

Avec les informations de Joanne Roberts

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...