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Les camions-restaurants, un frein à l’économie régionale?

Un camion-restaurant durant l'été.

L’Association des restaurateurs de rue du Québec estime que d’interdire les camions-restaurants venant d’ailleurs est « très bon pour l’économie » régionale. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

La Ville de Sept-Îles se penche sur la question de légaliser les restaurants mobiles sur le territoire de la Municipalité.

Des citoyens et restaurateurs s’opposent toutefois à la possibilité d’autoriser les camions-restaurants venant de l’extérieur de la région en période estivale.

Le maire de Sept-Îles, Steeve Beaupré, est déjà personnellement en faveur de les légaliser.

Je crois que ça pourrait diversifier l'offre de restauration à Sept-Îles, sans nuire pour autant aux restaurants qui sont déjà implantés à Sept-Îles, indique-t-il.

Steeve Beaupré est dans une salle de conférence.

Steeve Beaupré est le maire de Sept-Îles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Il affirme que plusieurs citoyens l’ont interpellé pour autoriser la cuisine de rue.

« Que ce soit pour des événements comme le festival du Vieux-Quai en fête ou lorsque les touristes arrivent sur l’heure du dîner, le besoin est là. On a plusieurs restaurants qui ne sont pas ouverts le midi et les fins de semaine. »

— Une citation de  Steeve Beaupré,  maire de Sept-Îles

Des Septiliens inquiets pour l’industrie locale

Pour sa part, l'un des copropriétaires du café Chez Sophie, à Sept-Îles, André Therrien, s'inquiète des réflexions entamées par la Municipalité.

Il considère que les unités mobiles de restauration venant de l’extérieur de la région pourraient créer une concurrence qu’il juge déloyale pour les entreprises septiliennes.

Il compare ces véhicules à ceux qui font du navettage (le fly-in fly-out).

« Les camions de nourriture drive-in drive-out, c’est le même principe que le fly-in fly-out. »

— Une citation de  André Therrien, copropriétaire du café Chez Sophie, à Sept-Îles

On chiale sur les gens qui viennent de l’extérieur et qui ramassent de l’argent. Après ça, ils s’en vont chez eux à l’extérieur. Ils investissent dans leur ville, mais ça ne nous donne rien à Sept-Îles, ajoute-t-il.

André Therrien est dans un restaurant vide et porte des lunettes.

André Therrien est copropriétaire du café Chez Sophie, à Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin

Même son de cloche du côté des résidents de Sept-Îles rencontrés mardi.

[Les camions-restaurants venant de l’extérieur de la région] poseraient une concurrence trop forte pour les boutiques actuelles qui ont assez du mal à vivre pour l’hiver. Ils auraient une baisse de revenus durant l’été et on aurait plus de boutiques durant l’hiver, affirme Alexandre Mignot.

Si les entreprises viennent de l’extérieur, c’est non. Elles ont assez d’autres régions pour faire leur argent. Elles n’ont pas besoin de venir enlever la possibilité aux PME de survivre, lance de son côté Éloi Fournier.

Des permis pour les entreprises d’ailleurs?

La vice-présidente de l’Association des restaurateurs de rue du Québec, Gaëlle Cerf, propose que la Ville de Sept-Îles exige des entreprises d’ailleurs d’acquérir un permis pour vendre la nourriture sur la place publique.

Je pense qu’il est normal que les restaurants [venant de l’extérieur de la région] participent à l’économie locale, précise-t-elle.

« C’est un peu normal de considérer qu’il puisse y avoir des permis à deux vitesses selon la provenance du restaurateur. »

— Une citation de  Gaëlle Cerf, vice-présidente de l’Association des restaurateurs de rue du Québec
Gaëlle Cerf porte des lunettes.

Gaëlle Cerf est la vice-présidente de l’Association des restaurateurs de rue du Québec.

Photo : Gracieuseté de Gaëlle Cerf

Elle encourage la Ville de Sept-Îles à faire l'essai des restos mobiles sur le territoire de la Municipalité.

La cuisine de rue est un outil supplémentaire pour les restaurateurs afin d'être capable d’aller chercher une clientèle qu’ils n’auraient pas naturellement. L’implantation de la cuisine de rue dans une ville a toujours des effets bénéfiques autant pour les restaurateurs, les clients et les habitants du secteur, affirme Gaëlle Cerf.

Elle estime que d’interdire les camions-restaurants venant d’ailleurs est très bon pour l’économie de la ville. Elle note toutefois que l’interdiction pourrait nuire à l’industrie touristique.

Quand on se retrouve en mode événementiel, à ce moment, je crois que c’est intéressant de faire appel à des gens d’un peu partout. Ça permet d’amener plus de diversité, avance-t-elle.

Un jeune homme montre le plat qu'il s'apprête à manger avec des baguettes.

Un jeune homme montre le plat qu'il s'apprête à manger avec des baguettes. (Photo d'archives)

Photo : CBC/Ben Nelms

Contrairement à son collègue André Therrien, le propriétaire du restaurant Chez Omer, à Sept-Îles, Assane Sakho, considère que ces véhicules seraient bénéfiques pour l’industrie récréotouristique de la région.

Il réfléchit à l’idée d’acquérir, d’ici 2024, un restaurant mobile pour son entreprise.

J’ai déjà l’idée d’avoir [mon resto ambulant] qui pourra non seulement servir la population, mais aussi me permettre d'aller à l’extérieur pour des événements ponctuels, raconte-t-il.

Assane Sakho se trouve dans sa cuisine.

Assane Sakho est le propriétaire du restaurant Chez Omer, à Sept-Îles. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Lambert Gagné-Coulombe

Assane Sakho estime qu’une offre de restauration bonifiée et diversifiée va encourager davantage les clients à visiter son entreprise.

Des membres d’un comité de la Ville et des urbanistes doivent formuler des recommandations aux élus municipaux quant à la possibilité de changer la réglementation.

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