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8 mars : de meilleurs salaires pour le secteur communautaire au N.-B. sont réclamés

Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Fredericton, à l’appel du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Affiche qui dit: sous-financé égale sous-valorisé.

La manifestation de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, a été l'occasion pour revendiquer de meilleurs salaires dans le secteur communautaire, où 80 % des employés sont des femmes.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Environ 80 % des personnes qui travaillent dans le secteur communautaire au Nouveau-Brunswick sont des femmes.

Ce secteur est donc porté à bout de bras par celles-ci. Avec des salaires deux ou trois fois plus bas que ce qui est offert pour des emplois semblables dans d’autres secteurs, la situation n’est pas rose.

Une manifestante parle dans un porte-voix.

La directrice du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, Julie Gillet, dénonce le sous-financement du secteur communautaire.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Tellement que cette année, le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick a décidé de mettre cet enjeu à l'avant-scène à l’occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars. La directrice générale de l’organisme, Julie Gillet, parle d’un milieu difficile.

On a un secteur communautaire qui est vraiment en mauvaise santé aujourd’hui.

Une citation de Julie Gillet, directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

On a un secteur aujourd’hui qui est épuisé. On a un secteur qui a beaucoup de gens qui s’en vont, de gens qui sont fatigués, de gens qui sont déprimés, de gens qui ne veulent plus faire ce métier et qui arrêtent, déplore Julie Gillet.

Une cinquantaine de personnes ont manifesté à Fredericton, à l’appel du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick. La manifestation s’est déplacée de l’hôtel de ville à l’Assemblée législative.

Des services publics pris en charge

De nombreux organismes communautaires offrent des services essentiels à la population, des services dont le gouvernement a délégué la responsabilité.

Manifestants qui marchent.

Les manifestantes et manifestants ont marché jusqu'à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Quand on parle de services essentiels, on parle de tout ce qui est les services aux personnes comme les refuges pour femmes victimes de violence conjugale, les services en immigration, l’accueil des nouveaux arrivants, les cours de français, les cours d’anglais. On a aussi tous les organismes de défense de droits des personnes, que ce soit les droits pour la francophonie, les droits des femmes, les droits des personnes pauvres, le droit des personnes LGBTQIA+, tous les organismes qui offrent des services comme les banques alimentaires, explique Julie Gillet.

Souvent, le manque de financement limite les possibilités pour les organismes de répondre aux besoins. Et les conditions de travail ne sont pas idéales. Il y a beaucoup d’organismes qui sont obligés de proposer le salaire minimum ou à 15 ou 16 dollars de l’heure, c’est la norme dans le secteur parce qu’on ne reçoit pas de financement pour pouvoir payer mieux nos employés, dit-elle.

Manifestants.

Les manifestantes se sont rassemblées devant l'Assemblée législative, à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Les salaires des personnes qui travaillent dans le secteur, composé à 80 % de femmes, sont nettement en deçà de ce qu’elles gagneraient si les services étaient pris en charge par le gouvernement.

Si c’était le gouvernement qui offrait tous ces services-là à la population, et que c'était son rôle de faire en sorte que des femmes victimes de violence conjugale puissent trouver une place dans un refuge, et être accompagnées et être aidées, si c’était le gouvernement qui avait, avec ses fonctionnaires, avec des employés du gouvernement, qui assurerait le fonctionnement, ça ne serait pas les mêmes salaires. Ça serait beaucoup plus cher, et on trouverait ça normal, souligne Julie Gillet.

Le besoin d’un financement de base

Les organismes souhaiteraient que les gouvernements fédéral et provincial s’engagent plus sérieusement dans le financement des activités essentielles qu’ils offrent.

Trois manifestantes.

Des représentantes du Centre d'accueil et d'accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick ont participé à la manifestation.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Ce qu’on a besoin, c’est de financement de base, donc un financement qui soit assuré et assujetti à des conditions, dit la directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

D’ailleurs, plusieurs organismes reçoivent du financement uniquement du gouvernement fédéral. On a beaucoup d’organismes à ne rien avoir du provincial, alors qu’on a des surplus records. C’est très frustrant de voir qu’on s’en va vers un milliard de surplus, et qu’il n’y a rien pour ces organismes communautaires qui font un travail sur le terrain.

Michel Duval dans la manifestation.

Michel Duval, un manifestant, estime qu'il est injuste que les femmes soient sous-payées dans le secteur communautaire.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Michel Duval s’est joint à la manifestation du 8 mars, et soutient les demandes du secteur communautaire. Les femmes font partie de la société autant que nous, il n’y a pas de raison qu’il y ait des gens moins payés par rapport au sexe.

Une situation semblable en Nouvelle-Écosse

Elizabeth Vickers-Brennan, de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse, s’est jointe à la manifestation à Fredericton. Selon elle, la situation dans sa province ressemble à ce qui se passe au Nouveau- Brunswick.

Une manifestante à Fredericton.

Elizabeth Vickers-Brennan, de la Fédération des femmes acadiennes de la Nouvelle-Écosse, a participé à la manifestation de Fredericton.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

En Nouvelle-Écosse, c’est la même histoire. On se retrouve avec des organismes qui ont de la misère à se payer des employés à temps plein, et donc qui ont beaucoup de difficulté à accomplir leurs missions.

Elle estime que pour les gouvernements, la situation des femmes qui œuvrent dans le secteur communautaire et offrent des services essentiels est loin d’être une priorité pour les gouvernements.

C’est quelque chose qui n’est pas priorisé au niveau des gouvernements. Il y a un peu de déresponsabilisation qui se passe, parce qu’on demande aux organismes communautaires d’en faire toujours plus, et malheureusement, le financement n’augmente pas.

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