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Québec revient à la charge en vue de démanteler un campement de sans-abri à Montréal

Des tentes installées sous un mur de béton.

Les personnes en situation d’itinérance ayant trouvé refuge sous l’autoroute devront être déplacées, et ce, « au cours des prochaines semaines ».

Photo : Radio-Canada / Elyse Allard

Radio-Canada

Après un sursis qui aura duré près de quatre mois, le ministère des Transports revient à la charge en vue de l’éviction d’une quinzaine d’itinérants qui campent depuis plusieurs années sous la partie surélevée de l’autoroute Ville-Marie, à Montréal. Québec évoque des « raisons de sécurité », en raison de travaux majeurs à cet endroit.

Il est impossible d’effectuer plusieurs manœuvres alors qu’on a des campeurs qui se trouvent dans la zone où on travaille, a expliqué à Radio-Canada la porte-parole du ministère des Transports, Sarah Bensadoun.

Pour des raisons de sécurité, malheureusement, ils ne peuvent pas rester sur le site. C’est pour ça qu’ils doivent trouver une alternative de logement et c’est aussi pour ça que le ministère collabore avec des partenaires qui ont cette expertise, a-t-elle ajouté.

Des travaux majeurs, entamés en septembre dernier, devaient se poursuivre à l'automne pour la réfection de la structure et de la chaussée de l'autoroute, entre l'échangeur Turcot et le tunnel Ville-Marie.

Un premier démantèlement du campement devait ainsi avoir lieu le 10 novembre, mais des itinérants ont demandé plus de temps pour se reloger à l’approche de l’hiver. Le ministère leur avait ainsi accordé un sursis.

Mais voilà que les travaux sont censés reprendre au printemps, dès que les conditions météorologiques le permettront. Ils doivent se poursuivre jusqu’en 2025.

Le reportage de Mathieu Prost

Des travailleurs de première ligne sur les lieux

Le ministère de la Santé du Québec et le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l'Île-de-Montréal figurent parmi les partenaires qui collaborent avec le ministère des Transports dans ce dossier.

Des travailleurs de première ligne du CIUSSS se sont rendus plusieurs fois sur les lieux pour offrir des services aux itinérants qui occupent l'endroit, y compris des soins infirmiers, a indiqué à Radio-Canada un porte-parole.

L’équipe du CIUSSS se concentre sur les soins et la prévention et s’efforce d’orienter la population itinérante vers les services nécessaires. Les campeurs ont le droit de refuser les services, et le font souvent. Les campeurs ont été avisés qu’ils doivent déménager.

Une citation de Carl Thériault, porte-parole du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

De son côté, la Ville de Montréal dit avoir mobilisé des agents sociocommunautaires en soutien pour accompagner humainement les personnes vulnérables vers les ressources et refuges appropriés avec l'aide des équipes mixtes du SPVM.

Des tentes sous un mur de béton.

Une quinzaine de sans-abri campent à cet endroit depuis plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Elyse Allard

La défenseure fédérale du logement, Marie-Josée Houle, se dit très préoccupée par cette nouvelle. Elle qualifie les expulsions de violations des droits de la personne.

En entrevue avec Radio-Canada, elle a appelé le gouvernement du Québec à mettre en place un moratoire sur le démantèlement des campements à Montréal, le temps de trouver des solutions pour ces personnes. Pour nous, c’est vraiment alarmant. [...] C’est un déménagement forcé, il y a plein d’exemples à travers le pays qui montrent que ça ne fonctionne pas et les résultats sont toujours désastreux, a-t-elle affirmé.

Mandatée il y a un an par le gouvernement fédéral pour se pencher sur la situation du logement au pays, Mme Houle affirme avoir visité le campement en question la semaine dernière.

Ils n’ont pas le droit de les forcer à partir. Un chantier de construction est très bruyant et dangereux, mais il faut trouver des solutions. [...] En attendant, il faut trouver un autre site qui serait plus approprié [pour les itinérants].

Une citation de Marie-Josée Houle, défenseure fédérale du logement

Les campements sont une manifestation physique de la fracture qui existe dans notre système de logement, a-t-elle déploré. Ce système est brisé [...] et cause l’exclusion de plusieurs personnes. Il n’y a actuellement pas assez d’options qui suffisent aux besoins de tout le monde.

Avec les informations de Elyse Allard et Mathieu Prost

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