•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Que risquez-vous en utilisant TikTok?

L’interdiction de TikTok sur les appareils gouvernementaux soulève des questions pour les simples utilisateurs. Voici quelques réponses.

Le logo de l'application TikTok sur l'écran d'un téléphone intelligent.

Le Canada, les États-Unis et l'Union européenne ont interdit à leurs fonctionnaires d'utiliser l'application TikTok.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

Depuis l’interdiction de TikTok sur tous les appareils gouvernementaux à Ottawa et à Québec, les risques de sécurité l’entourant suscitent des questionnements chez les Canadiens qui se servent de l’application ultrapopulaire de vidéos courtes.

Si TikTok présente un niveau de risque inacceptable pour la vie privée et la sécurité, selon la dirigeante principale de l’information (DPI) du Canada, Catherine Luelo, l’application ne recueille pourtant pas davantage de renseignements que d’autres applications de réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, selon une récente analyse du Washington Post et la firme Disconnect (Nouvelle fenêtre).

Le bémol, toutefois, est que ces informations pourraient se trouver entre les mains du Parti communiste chinois (PCC).

Quels sont les liens entre TikTok et la Chine, et pourquoi s’en inquiète-t-on?

TikTok est la propriété de ByteDance, une entreprise basée à Pékin. Le gouvernement chinois a énormément de contrôle sur ses compagnies technologiques, qui sont tenues de fournir au régime toute information qu’il leur demande.

C’est pour cette raison qu’il existe, en principe, un mur étanche entre la division chinoise de TikTok et ses divisions internationales. L’entreprise a répété à de multiples reprises que les données de Canadiens sont stockées aux États-Unis et à Singapour, et qu’elle ne les partage pas avec la Chine.

Or, des révélations des derniers mois sont venues jeter le doute sur cette supposée étanchéité.

En juin dernier, Buzzfeed a obtenu des fuites audio de plus de 80 réunions internes de TikTok (Nouvelle fenêtre) révélant que des employés chinois de ByteDance ont accédé à plusieurs reprises à des données non publiques d’utilisateurs américains.

En octobre, Forbes a révélé (Nouvelle fenêtre) que ByteDance prévoyait suivre la géolocalisation de certains citoyens américains n’ayant aucun lien avec l’entreprise, et ce, sans leur consentement. Le plan n’a finalement jamais été exécuté.

Et en décembre, Forbes a rapporté (Nouvelle fenêtre) que des employés de ByteDance suivaient la géolocalisation de journalistes ayant enquêté sur l'entreprise en accédant notamment à leurs adresses IP. Il s’agissait d’une chasse aux sources, avec le but avoué d'identifier si les journalistes se trouvaient dans les mêmes lieux que des employés de ByteDance.

Le New York Times a également rapporté (Nouvelle fenêtre) en janvier que le PDG de TikTok, Shou Zi Chew, – qui devrait en principe être indépendant de ByteDance – aurait un pouvoir décisionnel limité, selon une douzaine d’anciens employés et cadres de l’entreprise.

Assises, des personnes issues de la communauté d'affaires chinoise écoutent une conférence de presse.

Shou Zi Chew (centre) est le PDG de TikTok depuis mai 2021.

Photo : afp via getty images / PHILIP FONG

Quelles sont les données que récolte TikTok?

Au-delà des données liées à l’activité d’un utilisateur sur la plateforme (comptes suivis, vidéos écoutées, messages privés échangés dans l’application, etc.), TikTok peut avoir accès à d’autres informations liées à l’appareil que vous utilisez, selon le Washington Post et la firme Disconnect (Nouvelle fenêtre). Les voici :

  • Liste de contacts (si vous accordez votre permission)

  • Microphone et caméra (en tournant des vidéos dans l’application, si vous accordez votre permission)

  • Bibliothèque de photos (si vous accordez votre permission)

  • Géolocalisation approximative (si vous accordez votre permission)

  • Identifiant publicitaire (si vous accordez votre permission)

  • Adresse courriel et/ou numéro de téléphone (utilisés pour créer le compte)

  • Date de naissance (utilisée pour créer le compte)

  • Adresse IP

  • Les contenus du presse-papier

  • Frappes sur le clavier en se servant de l’application

  • Le type d’appareil utilisé

  • Certaines données de navigation hors TikTok

Notons que des applications comme Facebook accèdent à autant, sinon plus, de données que TikTok.

La seule différence, c’est qu’en théorie, Facebook n’est pas infiltré par les services de renseignement américains, tandis que TikTok pourrait bien envoyer des informations au gouvernement chinois parce que c’est ça que les entreprises font en Chine, illustrait Éric Parent, PDG de la firme de cybersécurité EVA Technologies, en entrevue à Radio-Canada en 2020.

Peut-on limiter les données que recueille TikTok?

Oui. Les appareils mobiles Apple et Android permettent de limiter la collecte d’informations et l’accès aux fonctionnalités par des applications grâce à des paramètres de confidentialité. Il est donc possible d’empêcher TikTok d’accéder à votre géolocalisation, à votre liste de contacts, à votre microphone, à votre caméra et à votre bibliothèque de photos.

Sur iPhone, ouvrez l’application Réglages, faites défiler jusqu’à ce que vous trouviez TikTok, sélectionnez-la et désactivez ensuite les fonctionnalités de votre choix.

Sur Android, ouvrez l’application Paramètres, sélectionnez ensuite Applications, faites défiler jusqu’à ce que vous trouviez TikTok et sélectionnez-la. Sélectionnez ensuite Autorisations et désactivez les fonctionnalités de votre choix.

Il est également possible de créer un compte TikTok avec une fausse adresse courriel, un faux nom et une fausse date de naissance pour empêcher que ces informations soient récoltées.

Une enseigne lumineuse TikTok.

En principe, TikTok ne partage pas de données de ses utilisateurs canadiens avec Pékin.

Photo : AFP / (Tolga Akmen/AFP/Getty Images)

Devrait-on supprimer TikTok de nos téléphones?

Le Centre de la sécurité des télécommunications recommande fortement aux Canadiens de comprendre les risques et de faire un choix éclairé avant de décider quels outils ils souhaitent utiliser. Les autorités ne comptent présentement pas empêcher le public de se servir de TikTok.

Y a-t-il un risque d’ingérence avec TikTok?

Bien que l’ingérence électorale de Pékin défraie actuellement les manchettes, la décision de bannir TikTok sur les appareils gouvernementaux n’a rien à voir avec le phénomène.

Il n’en demeure pas moins que de nombreux spécialistes ont soulevé au fil des ans des inquiétudes quant au potentiel de TikTok en tant qu’outil de manipulation politique, craignant par exemple que l’application n'accorde une priorité au contenu qui favorise les intérêts de Pékin.

On peut mettre des algorithmes en place qui inciteront les gens à penser d’une certaine façon. Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, ce n’est pas un problème, mais il faut regarder la [vue d'ensemble]. Est-ce qu’on peut influencer toute une société avec ça? La sensibilisation à un sujet se fait petit à petit, et c’est tout à fait possible de le faire avec un réseau social quand on a accès à l’ensemble des données comme ça, soutenait Éric Parent en entrevue à Radio-Canada en 2020.

TikTok dit être gérée de manière totalement indépendante de la Chine, et il n’existe présentement aucune preuve d’ingérence politique de Pékin sur la plateforme.

La directrice de TikTok au Royaume-Uni a toutefois avoué en 2020 (Nouvelle fenêtre) que la plateforme censurait du contenu critique de la Chine. L’entreprise assure ne plus avoir recours à ce genre de pratique.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Chargement en cours

Infolettre Info nationale

Nouvelles, analyses, reportages : deux fois par jour, recevez l’essentiel de l’actualité.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Info nationale.