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Churchill Falls, une mauvaise entente pour T.-N.-L., reconnaît François Legault

« Je pense que ce qui était important, c’est la reconnaissance de ce que ce contrat représente pour les Terre-Neuviens », a indiqué le premier ministre Andrew Furey.

François Legault et Andrew Furey posent ensemble pour les journalistes.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, a reçu son homologue du Québec, François Legault, pour discuter du renouvellement du contrat hydroélectrique de Churchill Falls.

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Le premier ministre du Québec, François Legault, a tendu la main aux Terre-Neuviens vendredi en déclarant comprendre leur « frustration » et leur « colère » à l'égard du contrat d'hydroélectricité de Churchill Falls, se disant prêt à rouvrir l'entente avant son échéance, en 2041.

Le premier ministre Legault a fait acte de contrition – une première historique – à la sortie d'un entretien avec son homologue Andrew Furey, à Terre-Neuve-et-Labrador, au cours duquel ils ont abordé la possibilité de renouveler avant terme le contrat de vente d'électricité conclu il y a 54 ans par les deux provinces. La possibilité de nouveaux projets énergétiques conjoints était aussi à l'ordre du jour.

S'adressant directement aux Terre-Neuviens, François Legault a déclaré : Je comprends tout à fait la frustration et la colère que vous éprouvez sur le dossier du contrat de Churchill Falls. J’estime que ce contrat est devenu une mauvaise affaire pour Terre-Neuve-et-Labrador.

Bien sûr, nous ne pouvons pas réécrire l’histoire. Par contre, nous pouvons refaçonner l’avenir. Et cela, on peut le faire ensemble.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

J’ai été en affaires longtemps avant d’être politicien et j’ai compris qu’il est toujours mieux d’avoir une situation gagnant-gagnant quand on signe un contrat à long terme. Le contrat qui a été signé pour 65 ans, aujourd’hui, c’est devenu un mauvais contrat pour Terre-Neuve, a poursuivi le premier ministre du Québec.

On va, dans le cadre de ces discussions, parler d’avant 2041 et d’après 2041.

Une citation de François Legault, premier ministre du Québec

« Injustice historique »

Le premier ministre de Terre-Neuve, Andrew Furey, a pour sa part souligné la possibilité, par ces pourparlers, de corriger une injustice historique pour ses concitoyens.

Nous avons eu des discussions de haut niveau au sujet de Churchill Falls, a confirmé M. Furey, tout en rappelant à son homologue québécois la frustration et la colère que suscite dans sa province ce contrat maintes fois contesté depuis un demi-siècle.

Je pense que ce qui était important, c’est la reconnaissance de ce que ce contrat représente pour les Terre-Neuviens. Le profond sentiment de blessure qui existe dans le tissu culturel des Terre-Neuviens à cause de ce contrat.

Une citation de Andrew Furey, premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador

Le premier ministre terre-neuvien s'est néanmoins dit prêt à saisir cette main tendue par Québec en évoquant des pourparlers de haut niveau avec François Legault et la création d'équipes de négociation de part et d'autre.

Consultation des peuples autochtones

Les premiers ministres du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador ont également assuré que les communautés autochtones seront consultées à toutes les étapes des futurs projets énergétiques que pourraient développer conjointement les deux provinces.

Dans un communiqué diffusé à la suite de la rencontre des deux premiers ministres, la Nation innue a indiqué qu'il n'y aura aucun développement à Gull Island, un site convoité, sans son consentement.

Une dispute historique

L’entente historique signée en 1969 entre les deux provinces qui prévoit la vente au Québec de la production hydroélectrique de la centrale de Churchill Falls, au Labrador, pendant 65 ans, sans possibilité d’indexer les tarifs, est un irritant majeur dans les relations entre les deux provinces depuis des décennies.

Le contrat de Churchill Falls est en effet l’une des plus importantes sources de revenus de la stratégie énergétique québécoise. Hydro-Québec, qui achète 90 % de la production de la centrale de Churchill Falls, paie à Terre-Neuve 0,2 cent le kilowattheure et revend cette énergie autour de 8,2 cents le kilowattheure, selon les chiffres du troisième trimestre de 2022 d’Hydro-Québec.

Une photo prise le 22 mai 1969 montre les dirigeants d'Hydro-Québec et de la Churchill Falls Labrador Corporation
lors de la signature du contrat du projet hydroélectrique Churchill Falls, au Labrador.

Les dirigeants d'Hydro-Québec et de la Churchill Falls Labrador Corporation signaient, le 22 mai 1969, le contrat du projet hydroélectrique Churchill Falls, au Labrador.

Photo : Churchill Falls Labrador Corporation

Environ 15 % de l’électricité disponible chaque année au Québec, soit 31 térawattheures (TWh) d’énergie, provient de Churchill Falls à un prix très bas, au grand dam des Terre-Neuviens, prisonniers de cette entente qu’ils ont tenté de faire invalider jusqu’en Cour suprême, sans succès.

La renégociation de cet accord est aujourd’hui cruciale autant pour M. Furey – qui veut obtenir nettement plus pour l'électricité de Churchill Falls – que pour François Legault, qui doit augmenter de 50 % la production d’électricité québécoise pour atteindre son objectif de carboneutralité d’ici 2050.

Le gouvernement Legault doit donc déterminer rapidement s’il doit se tourner vers de nouvelles sources d’approvisionnement ou s’il pourra continuer d’obtenir une part importante d’électricité auprès de Terre-Neuve-et-Labrador.

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