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Contrat de Churchill Falls : « ça ne se réglera pas en quelques mois », dit Legault

Andrew Furey, à gauche, et François Legault, à droite en août 2021.

Un marathon de négociations attend Andrew Furey, à gauche, et François Legault, à droite, qui doivent renouveler l'entente en hydroélectricité de Churchill Falls. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le premier ministre du Québec s’attend à un long processus de négociations avec son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, concernant le renouvellement de l’approvisionnement en électricité de la centrale de Churchill Falls conclu entre les deux provinces en 1969.

Ça ne se fera pas facile, ça ne se réglera pas en quelques mois, prévient M. Legault en mêlée de presse mercredi, à la veille d’un déplacement de deux jours à Saint-Jean. Les deux provinces sont sur le point de rouvrir un dossier qui les oppose depuis des décennies.

L'entente d'approvisionnement de la centrale hydroélectrique permet à Québec d'obtenir de l’électricité à bon prix pendant plus de 65 ans sans indexation; les Terre-Neuviens se sentent lésés, d’autant plus que la centrale se trouve sur leur territoire.

Des besoins grandissants en électricité au Québec

Néanmoins, Andrew Furey estime être en très bonne posture face à son homologue québécois au moment d’entamer les négociations. Nous ne sommes pas à genoux devant le Québec, dit-il en conférence de presse mercredi. C’est le Québec qui vient à nous.

Il y a un besoin urgent au Québec, non seulement pour l'exportation, mais aussi pour l'usage domestique, relève M. Furey qui compte bien utiliser ces arguments pour faire pression sur Québec afin d’obtenir le bon accord.

« Je veux savoir ce que François Legault a à dire, mais nous sommes en position de force en ce moment. »

— Une citation de  Premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador
Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, considère être en position de force au moment d'entamer les négociations du contrat de Churchill Falls avec le Québec.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le contrat de Churchill Falls est un élément central de la stratégie énergétique québécoise. En effet, la province a besoin d’augmenter de 50 % sa production d’électricité pour atteindre son objectif de carboneutralité d’ici 2050.

Le gouvernement Legault doit donc déterminer rapidement s’il doit se tourner vers de nouvelles sources d’approvisionnement ou s’il pourra continuer d’obtenir une part importante d’électricité auprès de Terre-Neuve-et-Labrador.

« Ça peut avoir l’air loin 2041, mais construire un barrage, si on inclut les discussions avec les communautés autochtones, en moyenne au Québec ça a toujours pris entre 12 et 15 ans. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

De son côté, la PDG d'Hydro-Québec, Sophie Brochu, estime qu’il est certain que le Québec devra débourser plus d’argent après 2041. Interrogée sur le sujet lors d’une conférence de presse au sujet des résultats financiers de la société d’État, Mme Brochu pense qu’il y a un potentiel de création de valeur réel entre les deux parties.

L’enjeu est de taille pour la société d’État dont le tiers des profits repose sur le contrat existant. C’est sûr que ça va coûter beaucoup plus cher, note-t-elle.

Un accord avantageux pour le Québec

La centrale de Churchill Falls fournit actuellement une énorme quantité d’énergie au Québec, à très bas prix. 

Hydro-Québec paie 0,2 cent le kilowattheure et revend l’énergie beaucoup plus cher, à 8,2 cents le kilowattheure, selon les chiffres du troisième trimestre de 2022.

Près du quart des besoins de la province, soit 31 térawattheures (TWh) d’énergie par année sont comblés grâce à ce contrat.

De plus, Hydro-Québec achète 90 % de l’énergie de la centrale de Churchill Falls.

Dédommager Terre-Neuve-et-Labrador avant 2041?

La province de l'Atlantique s’estime flouée dans ce contrat et a tenté à plusieurs reprises de le rompre devant les tribunaux.

Le gouvernement Legault n’exclut pas de payer la province de l'extrême est du pays avant la fin du contrat si les termes du renouvellement demeurent profitables pour le Québec.

Il faut que ce soit gagnant-gagnant. Ça va dépendre du prix qu’ils nous offrent à partir de 2041, prévient M. Legault, laissant entendre que tout est sur la table à ce stade.

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