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AnalyseBlaine Higgs s’offre une soirée hommage… à lui-même

Blaine Higgs au lutrin.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs à l'occasion du discours sur l'état de la province le 9 février 2023 à Fredericton

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

  • Michelle LeBlanc

Rarement un discours sur l’état de la province n’aura autant retenu l’attention au Nouveau-Brunswick. Blaine Higgs avait dit qu’il briserait le suspense sur son avenir politique. Il s’est plutôt félicité, pendant 40 minutes, pour les bonnes performances économiques de la province.

Est-ce un discours d’adieu triomphant? Est-ce le lancement d’une nouvelle campagne électorale? Fidèle à lui-même, Blaine Higgs n’a pas offert de réponse claire. Tout au plus quelques pas de danse sur une chanson, Should I Stay or Should I Go, qui avait des airs de défiance à ses détracteurs.

Mais au-delà du spectacle, s’il voulait convaincre ses propres troupes qu’il demeure l’homme de la situation, ses efforts ont été vains.

Blaine Higgs.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs

Photo : La Presse canadienne / Stephen MacGillivray

En coulisses, des députés et d’influents conservateurs critiquent de plus en plus ouvertement le leadership de leur chef. Ils ne croient pas que Blaine Higgs pourra les mener vers une victoire électorale dans 20 mois, le 21 octobre 2024.

Si le premier ministre est conscient de cette grogne, il a rappelé jeudi que c’est encore lui le chef.

Je tiens à saluer les parlementaires de mon parti. Vous avez fait campagne avec moi, avec l’équipe Higgs, a-t-il dit dans son discours.

Une insatisfaction grandissante

Je suis fier de ce que nous avons accompli et je vous remercie de votre dévouement alors que nous poursuivons notre route ensemble, parfois dans des circonstances difficiles.

Les circonstances qu'évoque le premier ministre, les députés en entendent parler au quotidien par leurs électeurs. Avec un taux d’insatisfaction de 62 %, selon le dernier sondage de Narrative Research, les critiques sont beaucoup plus nombreuses que les compliments.

Les manchettes nationales prédisaient la descente aux enfers du Nouveau-Brunswick. [..] C’est pourquoi je suis fier de dire ce soir que le Nouveau-Brunswick est de retour! s’est exclamé M. Higgs dans un élan d'enthousiasme.

Blaine Higgs, bras ouverts.

Blaine Higgs a quitté la scène au son de la chanson "Should I Stay or Should I Go".

Photo : Radio-Canada

Nous ne sommes plus au bord du précipice; le sommet est à portée de main!

Pas de bénéfices pour la population

Oui, le Nouveau-Brunswick a amélioré ses indicateurs économiques, mais le surplus budgétaire de 774 millions de dollars n’aide pas les citoyens à contrer l’inflation quand vient le temps de mettre de l’essence dans l’auto.

La croissance de la population n’a aucune incidence sur les taux d’intérêt grimpants des hypothèques. Et la réduction de la dette n’empêche pas les gens d’attendre des heures à l’urgence parce qu’ils n’ont pas de médecin de famille.

Pendant son discours, le premier ministre Higgs a ressorti un vieux dépliant de campagne électorale, datant de 2010, pour montrer qu’il avait déjà, à l’époque, un plan pour sortir le Nouveau-Brunswick du marasme. Et que son plan fonctionne. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin?

Blaine Higgs en mêlée de presse.

En mêlée de presse jeudi, Blaine Higgs a esquivé les questions sur son avenir politique, parlant plutôt des objectifs qu'il lui reste à atteindre.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Autour de lui, les gens sont de moins en moins convaincus. Si les finances publiques de la province se portent mieux, la population n’en voit pas vraiment les bénéfices. Et derrière des déclarations comme prendre des décisions difficiles, certains se demandent s’il ne veut pas plutôt dire n’en faire qu’à sa tête, peu importe l’opposition et les données probantes.

En restant à la tête du parti, Blaine Higgs prend bel et bien une décision : celle de laisser au Parti progressiste-conservateur l’odieux de lui montrer la porte – ou de risquer une cuisante défaite électorale en toute connaissance de cause.

  • Michelle LeBlanc

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