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Caribou : l’industrie forestière mécontente de l’empressement du ministre Guilbeault

Un caribou dans un champ.

Québec doit présenter des mesures supplémentaires et adopter une stratégie de protection d'ici juin 2023. (Photo d'archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

L’intervention du ministre Steven Guilbeault dans le dossier de la protection du caribou forestier suscite une levée de boucliers sur la Côte-Nord.

L’industrie forestière ainsi que des politiciens régionaux dénoncent la recommandation du ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, au conseil des ministres du gouvernement de Justin Trudeau, d’intervenir pour protéger l’espèce.

Après des consultations auprès des Premières Nations et après avoir demandé des données au gouvernement de François Legault, le ministre Guilbeault est d’avis que le maintien des hardes québécoises est improbable dans les conditions actuelles. Il recommande ainsi l'imposition d'un décret pour protéger le caribou forestier.

Or, le président de l’entreprise Boisaco, Steeve St-Gelais, ne comprend pas pourquoi le fédéral se presse d’intervenir alors que le gouvernement du Québec s’est engagé à déposer son plan en juin 2023.

On a presque l’impression que ça relève davantage d’une démarche presque militante plus que d’une démarche qui est logique avec ce qui a été déjà convenu avec l’entente, qui balise un processus déjà en cours finalement, commente-t-il.

Steeve St-Gelais président de Boisaco est dans une cours à bois.

Steeve St-Gelais est président de Boisaco, une compagnie forestière qui génère 600 emplois à Sacré-Coeur, sur la Côte-Nord. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

« La plus grande préoccupation, pour nous, c'est que l'impact socioéconomique soit tenu en compte. »

— Une citation de  Steeve St-Gelais, président de Boisaco

On est pour la protection et la préservation de notre environnement, mais tout ça doit cadrer dans un esprit de développement durable qui permet de prendre en compte les enjeux pour les humains, dit-il.

L’Alliance forêt boréale, qui regroupe une dizaine de politiciens de la Côte-Nord et du Saguenay–Lac-Saint-Jean, estime aussi que le fédéral devrait laisser Québec gérer le dossier à lui seul.

Son président, Yanick Baillargeon, a confiance que le provincial puisse à la fois protéger l’espèce et soutenir l’économie forestière.

Il y a une stratégie caribou qui est effective depuis 2013, qui a une durée de 10 ans. Elle vient à échéance justement en juin 2023, alors on est à préparer la nouvelle mouture de ce plan caribou, souligne-t-il.

Là, on n’a même pas les résultats de celui-là. Est-ce qu'on attendre d’avoir le résultat final avant d’imposer une nouvelle stratégie?, implore M. Baillargeon.

« De mettre de la pression indûment sur le gouvernement, c’est un peu ne pas se mêler de son champ de compétence. »

— Une citation de  Yanick Baillargeon, président de l'Alliance forêt boréale

L’Alliance forêt boréale tient à ce que l’industrie forestière soit consultée. Il faut absolument sauver l’espèce, il faut travailler ensemble, mais avec les communautés forestières. C’est tout l’accès à la forêt qui est en jeu en ce moment, commente M. Baillargeon.

Il préconise la modification du régime forestier, soutenu par la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier, en vigueur depuis le 1er avril 2013, pour que l’industrie survive.

Par ailleurs, les partis d’oppositions à l’Assemblée nationale estiment aussi que le ministre fédéral empiète sur une juridiction provinciale en demandant que son gouvernement mette en place un décret pour mieux protéger le caribou forestier.

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a indiqué en point de presse, mardi, ne pas être étonné puisque la CAQ ne prend pas ses responsabilités en la matière. L’élu a cependant affirmé qu’il préférerait voir le gouvernement provincial se saisir du dossier.

Joël Arseneau en conférence de presse.

Le député des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau lors d'un point de presse à la fin du mois de janvier. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

On a toujours dit que le fédéral n’avait pas à se mêler des compétences québécoises. Or, la CAQ ne prend pas ses responsabilités. Ça fait combien de temps qu’on reporte les décisions dans le dossier des caribous? a-t-il demandé.

Le député de René-Lévesque, Yves Montigny, a décliné la demande d'entrevue de Radio-Canada.

Le ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charrette a quant à lui indiqué qu’il avait d’autres rencontres prévues dans les prochains mois, notamment avec des communautés autochtones et d’autres parties prenantes.

Pour sa part, la Société pour la nature et les parcs du Canada applaudit la recommandation du ministre Guilbeault. Son directeur général, Alain Branchaud, croit toutefois que Québec est encore en mesure de négocier avec le fédéral.

L'intervention du fédéral ne vise que les caribous forestiers au nord du fleuve Saint-Laurent.

Avec les informations de Lambert Coulombe-Gagné et de La Presse canadienne

Avec les informations de avec La Presse canadienne

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