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L’entraîneur Mario Pouliot à la conquête d’un autre championnat, cette fois en Alberta

Mario Pouliot assis dans les estrades de l'aréna à Bonnyville. Photo prise le 31 janvier 2023.

Mario Pouliot est l'entraîneur des Pontiacs de Bonnyville.

Photo : Radio-Canada / Guy Moquin

L'entraîneur Mario Pouliot, est le seul entraîneur à avoir remporté deux fois la Coupe Memorial, l’emblème du hockey junior au pays, deux années consécutives avec deux équipes différentes.

Il a mis la main sur le précieux trophée durant la saison 2017-2018 avec le Titan d’Acadie-Bathurst et, l’année suivante, avec les Huskies de Rouyn-Noranda.

Il est maintenant l’entraîneur-chef des Pontiacs de Bonnyville dans la Ligue de hockey Junior A de l’Alberta (AJHL).

La première fois qu’il est entré dans l'aréna des Pontiacs, Mario Pouliot a remarqué qu'il manquait quelque chose au décor.

Partout où je vais, je regarde le plafond en premier. Il y a des bannières partout. J’ai demandé pourquoi ici on a seulement des bannières de joueurs retraités, raconte-t-il.

La petite municipalité d’environ 6000 habitants n’a jamais eu d'équipe qui a remporté le Championnat de la ligue.

La formation, qui a fait son entrée au sein du circuit durant la saison 1991-1992, n’a réussi qu’une seule fois à atteindre le troisième tour des séries (2014-2015) et a connu sa meilleure saison en 2018-2019 avec une deuxième place au classement de la division Nord.

Avec une meilleure éthique de travail et une nouvelle façon de traiter les joueurs, Mario Pouliot croit que les Pontiacs pourraient remporter le championnat de l'AJHL cette saison.

Pas de squelettes dans le placard

Partout où il passe, Mario Pouliot ne laisse personne indifférent. Son dernier emploi dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) s’est terminé abruptement et a laissé place à beaucoup de mystères.

Victime de problèmes cardiaques, il a dû prendre une pause de ses tâches d’entraîneur-chef et de directeur général des Huskies de Rouyn-Noranda.

Mario Pouliot soulève la coupe Mémorial au milieu de la patinoire après la victoire de son équipe.

Mario Pouliot dit que que le fait d'avoir remporté la Coupe Memorial avec le Titan d'Acadie-Bathurst est la plus belle réalisation de sa carrière.

Photo : La Presse canadienne / JONATHAN HAYWARD

Quelques semaines plus tard, on apprenait que la LHJMQ avait enquêté sur des plaintes à l’endroit de Mario Pouliot. On lui aurait reproché un comportement inapproprié avec ses collaborateurs. Aucune accusation n'a toutefois été portée à son endroit.

Pour la première fois, l’homme visé par ces plaintes accepte de parler de la situation. J’admets que je suis un gars intense. Je suis un gars de détails. Je suis exigeant pour moi-même et j’exige la même chose des gens autour de moi, avoue-t-il.

« Sincèrement, je n’ai rien à cacher. Je n’ai pas de squelette dans mon placard. »

— Une citation de  Mario Pouliot, entraîneur-chef des Pontiacs de Bonnyville

Du même souffle, il admet que la situation dans laquelle il s’est retrouvé l’a fait réfléchir. J’ai réalisé plein de choses. Tu sais, dans la vie, tu ne veux jamais blesser personne.

L’entraîneur âgà de 59 ans a reçu de nombreux témoignages d'appui quand la nouvelle concernant les plaintes à son endroit a été rendue publique.

J’ai eu tellement de gens qui m’ont envoyé des messages, qui m’ont appelé, des anciens joueurs, des anciennes personnes avec qui j’ai travaillé, qui m’ont dit que c’était impossible de plaire à tout le monde, que tu ne pouvais pas satisfaire tout le monde, raconte-t-il.

Un homme transformé

Mario Pouliot admet qu’il a connu une période difficile, mais croit que cela a été plus difficile encore pour son entourage, notamment pour les membres de sa famille.

Conscient des changements qui se sont produits dans le monde du sport et dans la société en général au cours des dernières années, l’entraîneur des Pontiacs a adapté ses façons de faire.

Présentement, il y a beaucoup de mouvements [de contestation], c’est plus comme c’était avant. C’est sûr qu’il y a des choses auxquelles tu penses plus et tu essaies de faire attention, d’être meilleur là-dedans, affirme-t-il.

« Devant l’adversité, tu as deux choix : tu fais face à l’adversité ou tu quittes. »

— Une citation de  Mario Pouliot, entraîneur-chef des Pontiacs de Bonnyville

Mario Pouliot a toujours fait face à l’adversité et veut continuer d’adopter cette option chaque fois que c’est possible.

Pourquoi Bonnyville?

L'entraîneur vétéran n’avait jamais mis les pieds à Bonnyville avant le premier jour où il s’est présenté à son nouvel emploi. Il n’avait même jamais entendu parler de ce village francophone situé à environ 250 km au nord-est d’Edmonton.

Il ne connaissait pas non plus vraiment la Ligue de hockey junior A de l’Alberta, si ce n’est qu’il savait que Cale Makar, de l’Avalanche du Colorado, évoluait dans cette ligue quand il a été repêché.

Mario Pouliot avec un sifflet dans la bouche durant un entraînement des Pontiacs de Bonnyville, le 31 janvier 2023.

Mario Pouliot dit qu'il est un entraîneur exigeant, mais qu'il est juste.

Photo : Radio-Canada / Guy Moquin

C’est en quelque sorte pour rendre service à un ami qu’il a accepté le poste d’entraîneur-chef des Pontiacs.

Brad Flynn, un ancien assistant de Mario Pouliot chez le Titan d’Acadie-Bathurst, avait été nommé entraîneur-chef de l’équipe durant l’été. Une semaine avant le début de la saison, Flynn a dû remettre sa démission afin de retourner en Ontario pour régler une situation familiale.

Après avoir parlé à son ancien patron, il a proposé à l’organisation d’engager celui-ci comme entraîneur-chef.

Je ne me cherchais pas de travail, j’étais bien. Je m’apprêtais à aller passer un mois en Suisse pour voir ma fille et mes petits-enfants, dit l'entraîneur.

Mario Pouliot admet que son départ précipité de Rouyn-Noranda avait cependant suscité en lui beaucoup de questions.

J’étais plus certain que j’avais encore la flamme ou, disons plutôt, que la flamme n’était plus très haute. Quand je suis rentré ici [dans l’aréna RJ Lalonde, domicile des Pontiacs], je me suis tout de suite bien senti, se rappelle-t-il.

Une chose qui l’a aidé à se sentir bien est le fait qu’à Bonnyville il n’est que l’entraîneur de l’équipe. Il s’est rendu compte que le cumul des tâches d’entraîneur et de directeur général représente un lourd fardeau.

Quand tu es GM [directeur général], c’est vers toi que sont dirigés tous les problèmes. Il y a des problèmes à l’école, on appelle le GM, des problèmes avec les pensions, le GM, des problèmes avec un joueur, son agent appelle le GM, dit-il.

L’organisation a fait ses devoirs

Quand Brad Flynn a annoncé aux codirecteurs généraux Neil Langridge et Chad Nelson que Mario Pouliot acceptait de le remplacer, ils ne l’ont pas vraiment cru.

Neil Langridge sur le bord de la patinoire, le 31 janvier 2023.

Neil Langridge est le codirecteur général des Pontiacs de Bonnyville.

Photo : Radio-Canada / Guy Moquin

Je me suis dit : "Il ne viendra jamais ici, c’est un double champion de la Coupe Memorial." Nous l’avons contacté, nous avons eu plusieurs discussions avec lui, affirme Neil Langridge.

Le codirecteur général ajoute qu’il a été question des allégations envers Mario Pouliot dans les discussions entre lui et l’équipe.

« Mario a accepté de répondre à toutes nos questions et il a été très honnête dans ses réponses. »

— Une citation de  Neil Langridge, codirecteur général, Pontiacs de Bonnyville

Un point sur lequel l’organisation n’a pas lésiné est la vérification des références. Nous avons appelé les personnes-contacts dont il nous a fourni les noms, mais aussi des gens qui ne se trouvaient pas sur sa liste, d’anciens joueurs, d’anciens assistants, d’anciens propriétaires d’équipe, souligne Neil Langridge, en ajoutant que tout ce qui a été dit au sujet de Mario Pouliot a été positif.

C’était important pour Neil Langridge de faire toutes ces vérifications, car il ne voulait pas que son équipe fasse la une des médias partout au pays en raison de possibles incidents impliquant l’entraîneur-chef.

Dans le monde d’aujourd’hui, tu n’es jamais trop prudent. Tu es sous le microscope en permanence et c’est vrai non seulement dans le monde du hockey, mais aussi dans tous les sports. Ton organisation doit se comporter de façon professionnelle en tout temps, signale Neil Langridge.

Il ajoute qu’il est très satisfait de ce qu’il a vu de son entraîneur jusqu’à maintenant.

J’ai travaillé avec beaucoup d’entraîneurs, dit-il, j’apprends beaucoup de lui. C’est impressionnant de voir à quel point les joueurs le respectent et comment il a réussi à établir la notion d’imputabilité tant auprès des joueurs que de tout le personnel.

Les joueurs méritent le respect

Comme il ne connaissait aucun joueur à son arrivée, Mario Pouliot a pris le temps de s’asseoir avec chacun d’entre eux pour apprendre à les connaître une semaine après le début de la saison.

J’ai dit aux joueurs que j’étais ici pour les aider. Pour partager mon expérience avec eux. Je leur ai dit que j’étais très exigeant, mais que j’essayais toujours d’être le plus honnête possible pour leur redonner ce qu’ils méritent, dit l'entraîneur.

Le vétéran-entraîneur a rapidement été impressionné par le niveau de jeu de la ligue.

« C’est une ligue rapide où il y a beaucoup de talent. Plusieurs joueurs ici pourraient jouer au niveau junior majeur. »

— Une citation de  Mario Pouliot, entraîneur-chef des Pontiacs de Bonyville

Il veut offrir à ses joueurs le même encadrement qu’il offrait quand il dirigeait des équipes dans la LHJMQ.C ’est une question de respect envers eux, dit-il.

Ludovik Tardif en entrevue près de la patinoire après un entraînement, le 31 janvier 2023.

Ludovik Tardif dit que c'est en raison de la présence de Mario Pouliot derrière le banc qu'il a demandé à être échangé aux Pontiacs de Bonnyville.

Photo : Radio-Canada / Guy Moquin

Ludovik Tardif, un joueur originaire de la ville de Québec, affirme que la présence de Mario Pouliot est la raison qui l'a poussé à demander d'être échangé aux Pontiacs.

Je connaissais la réputation de Mario et je savais qu’il était un entraîneur exigeant. C’est ce dont j’avais besoin pour me développer, dit le joueur de 18 ans qui rêve de poursuivre sa carrière dans les rangs universitaires américains.

Au jour le jour

Mario Pouliot refuse pour l’instant de dire s’il sera de retour ou non l’an prochain. Notre objectif est de gagner cette année, et je crois que nous en sommes capables , explique-t-il.

Avec encore 11 matchs à jouer en saison, son équipe occupe le troisième rang de la division Nord et a une place assurée en séries éliminatoires.

Il ne ferme pas la porte à un éventuel retour au sein de la LHJMQ. Il dit d’ailleurs avoir reçu une offre cette saison, offre qu’il a déclinée afin de rester à Bonnyville pour poursuivre ce qu’il avait amorcé avec son groupe de jeunes joueurs.

Une chose est certaine, l’homme de 59 ans a toujours la passion du hockey et, tant qu’il le pourra, il continuera d’essayer de la transmettre.

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