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La kétamine utilisée dans des thérapies psychédéliques en santé mentale à Saskatoon

Deux personnes simulent une thérapie assistée avec la kétamine  .

Deux personnes simulent une thérapie assistée avec la kétamine au Centre médical Linden.

Photo : Retrospect Photography / Stephanie Hall

Radio-Canada

Le Centre médical Linden à Saskatoon, spécialisé en santé mentale, offre à ses patients des infusions de kétamine dans le cadre de thérapies. Ce traitement vise notamment les personnes souffrant de dépression ou de trouble de stress post-traumatique et pour qui les antidépresseurs standards ne fonctionnent pas.

Selon une psychiatre du centre, Monika Hooper, la thérapie assistée avec la substance psychédélique fonctionne pour 70 % des patients.

Avant de débuter le traitement, un psychiatre rencontre le patient pour évaluer sa réaction à la kétamine. Ensuite, un anesthésiste et une infirmière s'assurent que l'infusion est faite de manière sécuritaire.

Le traitement aide à limiter les symptômes de la dépression, comme le manque d'énergie ou de motivation. Il y a aussi une grande amélioration dans la capacité à fonctionner des patients, ils sont plus résistants au stress, explique-t-elle, en entrevue à l'émission Blue Sky de la CBC.

Dre Hooper ajoute que les gens commencent à s'habituer à l'utilisation de drogues psychédéliques comme la kétamine, la psilocybine ou la MDMA dans les traitements en santé mentale. Selon elle, la stigmatisation n'est pas aussi forte qu'il y a 5 ou 10 ans.

« Les gens voient les résultats de la recherche et les preuves présentées. Ils se rendent compte que ce sont des traitements efficaces. »

— Une citation de  Monika Hooper, psychiatre au Centre médical Linden

Ces thérapies sont toutefois coûteuses, allant jusqu'à plus de 3000 $ pour une ronde de traitement, selon le site du Centre médical Linden. Dre Hooper explique la présence de personnel spécialisé est nécessaire pour assurer la sécurité des patients, ce qui explique le coût.

Au-delà des préjugés

Une des patientes du centre et policière à la retraite, Heather Wale, a reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique sévère, de trouble bipolaire et dépressif en 2012.

Elle se souvient avoir eu des pensées suicidaires quotidiennement, peiner à sortir de son lit et avoir un tempérament anormalement explosif avant de commencer une thérapie avec la kétamine, en 2022.

Mme Wale était d'abord hésitante face à la perspective d'utiliser la substance psychédélique. Je me méfiais énormément. Étant policière, c'était difficile de me faire à l'idée d'utiliser de la kétamine dans le cadre d'un traitement en santé mentale.

Heather Wale.

Heather Wale a fait partie de la Gendarmerie royale du Canada pendant 25 ans.

Photo : Gracieuseté : Heather Wale

C'est son mari qui l'a convaincue de commencer un traitement au Centre médical Linden. Ça a changé ma vie. Je n'ai plus de pensées suicidaires. Je compose encore avec des épisodes dépressifs, mais le traitement m'aide à me stabiliser.

Accès difficile

Il n'est toutefois pas aussi facile d'obtenir un accès légal à d'autres substances psychédéliques, comme la psilocybine (l'ingrédient actif des champignons magiques). Utiliser cette dernière dans le cadre d'un traitement requiert une autorisation spéciale de Santé Canada.

La psilocybine aide le Saskatonien Thomas Hartle à gérer son anxiété, lui qui a reçu un diagnostic de cancer terminal du côlon en 2016. Ça m'aide à faire face à l'idée de mourir, au lieu d'ignorer mes émotions, explique-t-il, en entrevue à l'émission Blue Sky de la CBC.

En 2020, M. Hartle a reçu une autorisation de la ministre fédérale de la Santé à l'époque, Patty Hadju, pour pouvoir utiliser la substance à des fins de traitement. Il a voulu la renouveler en 2021, mais il n'a pas reçu de réponse de Santé Canada pour l'instant.

Dans une déclaration, l'agence fédérale souligne que son programme d'autorisation spéciale est l'option à privilégier pour accéder légalement à de la psilocybine. Celui-ci permet à des professionnels de la santé de demander l'accès à des substances qui n'ont pas encore été légalisées au Canada pour leurs patients.

Les essais cliniques et le programme impliquent des critères de sélections et des mesures de sécurité qui ont pour but d'assurer le bien-être des patients, la qualité de la substance et la gestion de l'ensemble du traitement par un professionnel qualifié.

Après de nombreux refus à ses demandes d'autorisation, Thomas Hartle milite pour un meilleur accès aux thérapies assistées avec les substances psychédéliques au Canada.

Malheureusement,ça devient de plus en plus complexe au lieu d'être facilité.

Avec les informations de Will McLernon

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