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Le Parti vert veut plus de normes dans les foyers de soins de longue durée à l’Î.-P.-É.

Une femme âgée dans sa chambre dans un centre de soins de longue durée.

Le parti vert souhaite que l'Île adopte des normes nationales pour la fourniture des soins dans les foyers de longue durée.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

L'opposition officielle de l'Île-du-Prince-Édouard demande à la province d'adopter de nouvelles normes pour les foyers de soins de longue durée qui s'arrimeraient à celles publiées par Ottawa.

La demande survient au même moment que la publication de nouvelles normes visant à offrir des soins de longue durée de haute qualité par l'Organisation de normes en santé, un organisme basé à Ottawa. On appuie notamment l'offre d'une moyenne de 4,1 heures de soins par jour par résident.

Des normes qui restent facultatives

L'application de ces normes demeure cependant volontaire, à moins que le gouvernement décide de les enchâsser dans la législation provinciale.

La députée du Parti vert Michele Beaton, porte-parole de l'opposition en matière de santé et de bien-être, affirme que la province doit mettre en œuvre des mandats exécutoires. Lorsque vous légiférez sur quelque chose, cela doit se produire, affirme-t-elle.

La députée Michele Beaton en 2020.

La députée verte Michele Beaton est élue dans la circonscription de Mermaid-Stratford.

Photo : CBC / Ken Linton

Sa collègue du caucus vert Karla Bernard l'appuie. Selon elle, l'adoption des normes permettra d'avoir un nouveau point de référence. C'est ce qui doit arriver dans ces logements-là.

Pour la députée verte, légiférer facilitera aussi les changements réglementaires nécessaires et permettra de déterminer ce dont on a besoin de faire pour arriver là, parce que ça, c'est la loi.

La rédaction de ces nouvelles normes fait partie d'un projet lancé par le gouvernement fédéral au printemps 2021 pour augmenter la qualité des soins dans les établissements de longue durée, à la suite des observations faites pendant la pandémie de COVID-19.

Taux élevé de décès, rapports de négligence et de mauvaise qualité des soins : Ottawa souhaite éviter que l'histoire se répète. L'Île-du-Prince-Édouard ne fait pas exception. Les foyers de soins publics comme privés ont été aux prises avec des pénuries de personnel et de ressources, ce qui a affecté les soins et les efforts faits pour protéger les résidents contre le coronavirus.

Selon Ramsay Duff, président de la Private Nursing Homes' Association of PEI, l'application de telles normes aurait permis d'éviter des décès dans la province.

Si ces normes avaient été pleinement mises en œuvre il y a deux ans, nous n'aurions pas eu le taux de mortalité ou l'acuité de la maladie qui a touché tant d'insulaires, déclare le responsable.

« Je crois absolument que ces normes auraient eu un impact positif. »

— Une citation de  Ramsay Duff, président de la Private Nursing Homes' Association of PEI

Ramsay Duff soutient que les deux normes doivent être adoptées à l'Île, tout en demandant plus de soutien financier au gouvernement pour pouvoir avoir les ressources humaines nécessaires.

Des récits « horrifiques » à l'Île aussi

Karla Bernard soutient que les normes permettront de dégager les ressources nécessaires pour assurer les embauches. Beaucoup de ces problèmes de maltraitance, c'est parce que nous n'avons pas assez de travailleurs, avance-t-elle. Elle ajoute que l'épuisement professionnel est au plus haut dans les foyers, selon un comité législatif chargé d'étudier les conditions de travail dans ces établissements.

Karla Bernard devant un bâtiment.

Karla Bernard est députée verte de Charlottetown-Victoria Park.

Photo : Radio-Canada / Laurent Rigaux

Mi-2022, le Parti vert avait demandé le lancement d'une enquête publique pour faire la lumière sur la fourniture des soins de longue durée pendant les deux premières années de la pandémie.

Des familles avaient décrit lors d'une conférence de presse l'horreur subie par leurs parents, résidents de certains foyers privés.

Jean Cutcliffe avait par exemple raconté avoir reçu un appel de sa tante qui, allongée dans son lit, lui disait qu'elle ne voyait plus rien. Mme Cutcliffe avait immédiatement appelé l'infirmière de service dans l'unité de sa tante, qui lui avait répondu que la femme âgée allait bien. Après insistance, cette dernière avait été emmenée à l'hôpital, où on avait découvert qu'elle était tellement déshydratée que ses paupières étaient collées à ses globes oculaires, selon le récit de la nièce.

Un rapport qui tarde

Le gouvernement de Dennis King ne s'était pas engagé à lancer une enquête publique, mais avait mandaté, en réponse à ces récits, un groupe d'experts chargé d'examiner comment les résidences privées et publiques avaient fait face à la COVID-19.

Leur rapport était attendu fin 2022, mais n'a pas été rendu public pour le moment ni remis aux députés, selon Karla Bernard.

Toutes ces histoires d'horreur vont être réglées en légiférant, parce que ce sera la loi et on n'aura pas le choix, insiste la députée, qui regrette que le gouvernement réagisse à l'actualité plutôt que d'avoir une vision à long terme.

Les nouvelles normes nationales soulignent également la nécessité de s'assurer que les résidents peuvent fournir des commentaires et soulever des préoccupations, ce qui, selon les deux députées vertes, est essentiel.

Les familles et les travailleurs ont peur de parler, les membres de leur famille habitent là, ils craignent des représailles, regrette Karla Bernard.

Avec des informations de Steve Bruce, de CBC

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