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Torture à Abou Ghraïb: un deuxième rapport accablant

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2004 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain du dépôt d'un rapport peu flatteur pour l'état-major américain, un second rapport sur les cas de torture à la prison d'Abou Ghraïb a été rendu public. Le document incrimine davantage de militaires.

Un deuxième rapport d'enquête, en autant de jours, a été dévoilé sur les abus commis à la prison d'Abou Ghraïb en Irak. L'enquête commandée par l'armée américaine blâme plusieurs membres de la 205e brigade du renseignement militaire.

Selon le document, 27 agents de renseignement ont demandé, encouragé ou fermé les yeux sur des mauvais traitements infligés à des prisonniers irakiens, ce qui pourrait leur valoir des accusations criminelles.

Les Forces américaines ont aussi dissimulé des détenus aux observateurs du Comité international de la Croix-Rouge.

L'ancien commandant des Forces américaines en Irak, Ricardo Sanchez, est personnellement blâmé pour son manque de leadership.

Mardi, la commission d'enquête indépendante sur les sévices à la prison d'Abou Graïb, en Irak, a fait état de nombreuses lacunes dans le commandement militaire, et ce, jusqu'aux plus hauts niveaux du Pentagone et de l'état-major interarmées.

Mandatée par le Pentagone, la commission estime que les règles applicables dans le centre de détention étaient peu claires et qu'une supervision déficiente a favorisé un environnement propice aux abus des geôliers à l'endroit de prisonniers irakiens.

Le rapport fait état de sadisme de la part de certains gardiens, mais assure que les sévices ne découlaient pas de consignes directes de la part de la hiérarchie. La commission est dirigée par James Schlesinger, un ancien secrétaire à la Défense dans les administrations républicaines de Richard Nixon et de Gerald Ford.

Rumsfeld ne témoignera pas

Par ailleurs, les audiences préliminaires de quatre des sept militaires américains accusés d'avoir infligé des sévices à des détenus de la prison d'Abou Ghraïb ont débuté à Mannheim, en Allemagne.

Un juge militaire américain a décidé que le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, ne pouvait être contraint de témoigner, comme l'aurait voulu l'avocat d'un des soldats inculpés.

D'après cet avocat, Donald Rumsfeld était parfaitement au courant des mauvais traitements infligés aux prisonniers irakiens, ce qui minimise, selon lui, la responsabilité de son client.

Première comparution

Lundi matin, le caporal Charles Graner, 35 ans, a comparu. Il est notamment accusé d'avoir infligé de mauvais traitements et d'avoir manqué à son devoir.

Une photo montre Graner posant devant une pile de prisonniers nus.

Trois autres soldats américains comparaissent à Mannheim : la soldate Megan Ambuhl, une jeune femme de 29 ans, le sergent-chef Ivan Frederick, 37 ans, et le sergent Javal Davis, 26 ans, aussi accusés de mauvais traitements et d'actes indécents à l'égard de détenus.

La diffusion, en avril dernier, de photographies montrant des Irakiens de la prison d'Abou Ghraïb soumis à des mauvais traitements a scandalisé le monde et ébranlé l'administration Bush.

Robert Dion, professeur de sciences politiques à l'Université d'Evansville, en Indiana, en entrevue à l'émission Sans frontières

Le reportage de Frédéric Arnould

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