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Archives

Un phénomène qui existe depuis des décennies : le travail des enfants au Québec

Une adolescente asiatique travaille dans une épicerie.

Le gouvernement du Québec prévoit déposer un projet de loi qui encadre davantage le travail des enfants dans la province.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec a annoncé en décembre 2022 qu’il légiférerait pour encadrer davantage le travail des enfants dans la province. Ce phénomène, comme le montrent nos archives, existe depuis très longtemps au Québec et a suscité plusieurs questionnements.

Un phénomène très ancien

Durant toute l’histoire en Occident, des jeunes ont été obligés de travailler avant même de devenir adultes.

Le 5 janvier 1979, Lizette Gervais, animatrice de l’émission radiophonique La vie quotidienne, interviewe le professeur de sociologie Fernand Harvey.

Lizette Gervais maniant ses feuilles et son micro dans un studio radio.

En 1979, la journaliste Lizette Gervais s'intéresse à la situation du travail des enfants dans le cadre de l'émission « La vie quotidienne ».

Photo : Radio-Canada

Le sociologue rappelle à Lizette Gervais qu’avant la fin du 19e siècle, plusieurs enfants québécois devaient travailler pour aider leurs parents, notamment parmi les familles d’agriculteurs ou d’artisans.

Il était fréquent que des parents placent leurs enfants chez des maîtres pour leur apprendre un métier.

Les maîtres ont cependant l’obligation de jouer un rôle positif : de bons pères de famille envers leurs apprentis.

L’industrialisation qui a commencé au Québec vers les années 1880 change radicalement la situation.

Des enfants aussi jeunes que huit ans travaillent dans des usines. Ce labeur exclut l’acquisition de compétences.

En fait, les enfants sont présents dans les usines uniquement pour augmenter les profits des propriétaires. Les conditions d'emploi se révèlent pénibles.

Les enfants peuvent, par exemple, être punis par une amende ou même être mis au cachot s’ils commettent une faute.

De plus, ils ne sont pas scolarisés.

Ce n’est qu’en 1943 que le gouvernement d’Adélard Godbout corrige la situation en imposant la scolarisation des jeunes Québécois jusqu’à l’âge de 14 ans.

En 1961 et en 1988, on hausse cette obligation à 15, puis à 16 ans.

Le travail mieux encadré

Longtemps, le Québec sera cependant la seule province canadienne à ne pas avoir fixé un âge minimum qui autorise le travail des enfants.

En 1997, le gouvernement du Québec interdit le travail de nuit aux salariés de moins de 16 ans.

Compte rendu de la journaliste Nicole Germain de l'adoption de la Loi 50 encadrant le travail des enfants au Québec. Pascale Nadeau anime le Montréal ce soir.

Le 21 octobre 1999, comme le rappelle ce compte rendu de la journaliste Nicole Germain présenté à Montréal ce soir, la ministre du Travail du Québec Diane Lemieux fait adopter par l’Assemblée nationale le projet de loi 50 qui encadre davantage cette activité.

Dorénavant, il sera interdit à une entreprise à but lucratif de faire travailler un enfant de moins de 14 ans si elle n’a pas une permission écrite de la part des parents.

Il sera aussi désormais interdit de faire travailler un enfant de moins de 16 ans pendant les heures de classe.

Néfaste pour les revenus à long terme?

« Pour un jeune, c’est 500 000 dollars de moins dans sa vie active s’il n’a pas de diplôme d’études secondaires. C’est un million s’il n’a pas d’études collégiales. »

— Une citation de  Andrée Mayer-Périard, 2018

Reportage du journaliste Jérôme Labbé sur les conséquences du travail des enfants dans un contexte de pénurie de main d'oeuvre au Québec

Le 26 août 2019, le journaliste Jérôme Labbé présente à l’émission RDI économie, animée par Gérald Fillion, un reportage sur les effets pernicieux de la pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Québec.

Au cours des dernières années, les adolescents québécois ont intégré de plus en plus le marché du travail.

Ce phénomène est très marqué dans des secteurs qui proposent des emplois ne requérant pas de savoir-faire spécifique.

En 2018, précise le reportage, les salaires de ces emplois peu qualifiés ont augmenté davantage que ceux des emplois qui exigent des compétences.

Cette situation a favorisé le décrochage scolaire chez les jeunes Québécois.

Or, abandonner l'école a un impact néfaste à long terme sur la rémunération, souligne Andrée Mayer-Périard, directrice générale du Réseau réussite scolaire Montréal.

Il ne faut pas nécessairement interdire le travail des jeunes, croit-elle, mais il faut trouver un équilibre entre ce dernier et la poursuite des études, conclut-elle.

Des jeunes travailleurs de plus en plus victimes d’accidents

La journaliste Aurélie Girard et le présentateur Charles-Alexandre Tisseyre discutent de l'augmentation des blessures au travail chez les enfants de moins de 15 ans.

Le 15 décembre 2022, le présentateur de l’émission Téléjournal Est-du-Québec, Charles-Alexandre Tisseyre, s’entretient avec la journaliste Aurélie Girard.

La conversation porte sur un avis du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM).

Ce dernier a recensé depuis 2012 une hausse fulgurante des blessures chez les enfants de 14 et 15 ans qui travaillent.

Le comité constate aussi un danger pour les jeunes étudiants qui travaillent au-delà de 15 heures par semaine, particulièrement le soir.

On observerait chez ces jeunes travailleurs beaucoup de fatigue, ce qui peut nuire à leurs études.

Ces constatations ont amené le ministre du Travail du Québec, Jean Boulet, à annoncer le dépôt dès février 2023 d’un projet de loi qui encadrerait davantage le travail des enfants dans la province.

Le ministre espère que ce projet sera adopté par l’Assemblée nationale dès l’été 2023.

Encore plus de nos archives

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