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Le chef des verts aimerait peut-être diriger les libéraux ontariens

De grands ténors libéraux veulent convaincre Mike Schreiner de se lancer dans la course à la chefferie de leur parti.

Mike Schreiner sourit devant des partisans.

Le chef du Parti vert de l'Ontario, Mike Schreiner, réfléchit à la proposition. (Photo d'archives)

Photo : CBC/Martin Trainor / Martin Trainor

Mike Schreiner est-il le meilleur candidat pour déloger les progressistes-conservateurs ontariens en 2026? Des libéraux bien en vue en ont la conviction. Dans une lettre ouverte, ils demandent au chef du Parti vert de rejoindre leur camp et de se lancer dans la course à la chefferie libérale. Le principal intéressé indique qu'il étudie cette possibilité.

Quarante membres du Parti libéral, dont l'ancien ministre des Finances Greg Sorbara et l'ancienne vice-première ministre Deb Matthews, ont signé une lettre ouverte adressée au député vert.

Dans leur missive, les signataires écrivent qu'ils sont conscients que leur demande est sans précédent, mais ils soutiennent que Mike Schreiner atteindrait une plus vaste audience s'il prenait les commandes du Parti libéral.

« Il s'agit d'un effort pour ouvrir le parti et pour se détacher d'une vision étroite de la politique partisane traditionnelle. »

— Une citation de  Extrait de la lettre

Il ne s'agit pas d'un désaveu du parti ou des gens talentueux qui ont exprimé leur intérêt pour le diriger, peut-on lire dans la lettre qui circule sur les réseaux sociaux depuis dimanche.

Lorsqu'elle a reçu l'appel lors duquel on lui a demandé de signer la lettre, la députée Lucille Collard n'a eu besoin que de quelques secondes pour prendre sa décision.

Lucille Collard, députée libérale d'Ottawa-Vanier.

La députée libérale d'Ottawa-Vanier, Lucille Collard

Photo : Radio-Canada

C'est une volonté de faire de la politique autrement et d'arrêter de se regarder le nombril qui a poussé la députée d'Ottawa-Vanier à ajouter son nom au groupe de signataires. Elle espère maintenant que cette lettre ouverte convaincra Mike Schreiner du sérieux de la démarche.

« Si on était certains qu'il n'y avait aucune chance, on ne l'aurait pas fait. »

— Une citation de  Lucille Collard, députée libérale et signataire de la lettre ouverte

En décembre, alors que des rumeurs circulaient déjà, Mike Schreiner avait fermé la porte à un éventuel saut chez les libéraux. Lundi, dans un communiqué, le député de Guelph a fait savoir qu'il « avait besoin de temps pour réfléchir aux arguments dans la lettre ».

Pour l'heure, je demeure dévoué aux électeurs de ma circonscription et à la lutte pour protéger la ceinture de verdure pendant que je prends le temps de répondre à cette lettre, écrit-il.

Mike Schreiner n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Proposition farfelue

Ça semble être un projet pour saboter le Parti vert en lui enlevant son meilleur atout, lance d'entrée de jeu le politologue Peter Graefe.

Il serait improbable que Mike Schreiner accepte cette proposition, selon lui.

« M. Schreiner n'a pas consacré une décennie de travail à construire le Parti vert [...] pour ensuite déposer les armes et devenir chef du Parti libéral. Ce serait assez bizarre si ça se présentait comme scénario. »

— Une citation de  Peter Graefe, professeur agrégé au département de science politique de l'Université McMaster

Peter Graefe souligne d'ailleurs qu'il est assez rare que des greffes politiques du genre fonctionnent. Le passage de Jean Charest des progressistes-conservateurs fédéraux aux libéraux québécois avait réussi, mais ces deux partis avaient davantage de choses en commun que les verts et les libéraux ontariens, selon le politologue.

Chose certaine, cette lettre ouverte fait de l'ombre aux candidats potentiels qui travaillent actuellement en coulisses pour succéder à Steven Del Duca.

Si j'étais [Yasir] Naqvi ou [Mitzie] Hunter par exemple, deux anciens ministres libéraux qui songent à se présenter, [je verrais cela comme] un vote de non-confiance de la part de plusieurs gros canons du parti, croit Peter Graefe.

À lire aussi :

Mike Schreiner a des atouts indéniables, mais le politologue se demande s'il est vraiment mieux que d'autres candidats qui sont déjà membres du Parti libéral.

[Les signataires] trouvent qu'il n'y a pas la relève nécessaire pour relancer un parti en difficulté, donc ils cherchent une solution miracle au sein d'un autre parti politique.

Une lettre qui ne fait pas l'unanimité

Le député libéral fédéral Nate Erskine-Smith, un candidat pressenti dans la course au leadership, a rapidement dénoncé cette lettre ouverte sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo publiée sur Twitter, le député de Beaches-East York explique que le Parti libéral n'a pas besoin de subterfuges, de lettre ouverte ou de tentatives désespérées pour se renouveler.

Nous devons tirer les leçons de la reconstruction du Parti libéral fédéral, ne pas prendre de raccourcis, seulement de l'espoir et du travail acharné, lance le politicien dans la vidéo d'environ une minute.

Le député provincial Ted Hsu, qui étudie aussi la possibilité de se lancer dans la course, refuse de blâmer ses collègues qui courtisent un adversaire politique. Au Parti libéral, on a l'habitude de poser des questions un peu difficiles, des questions un peu inattendues pour stimuler nos conservations, nos délibérations, lance-t-il avec philosophie en entrevue.

Ted Hsu a tout de même l'intention de contacter les signataires de la lettre pour les questionner sur les raisons de ce geste sans précédent.

Le député libéral d'Ottawa-Centre, Yasir Naqvi.

Le député libéral fédéral d'Ottawa-Centre, Yasir Naqvi

Photo : Radio-Canada / Buntola Nou

Yasir Naqvi accueille lui aussi la publication de la lettre avec un grain de sel. De mon point de vue, plus on est [de candidats], mieux c'est. Cet ancien procureur général de l'Ontario évalue lui aussi ses options à l'approche de la course au leadership chez les libéraux. Selon lui, l'idée d'attirer Mike Schreiner au sein de la famille libérale est un signe de vitalité de ce parti.

Plusieurs membres du Parti libéral ontarien se sont aussi tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur mécontentement après la publication de cette lettre.

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