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L’Université de Lethbridge n’invite plus une ancienne professeure aux propos controversés

Frances Widdowson à droite et l'Université de Lethbridge en médaillon à gauche.

L'Université de Lethbridge a expliqué l'annulation de la conférence de Frances Widdowson par les propos controversés tenus par celle-ci en 2020 sur plusieurs sujets et notamment sur les pensionnats pour Autochtones. (Photo d'archives).

Photo : Michael Warf/Facebook

Radio-Canada

L’Université de Lethbridge a annulé une conférence que Frances Widdowson devait donner mercredi soir sur son campus, en raison de ses propos controversés sur les pensionnats pour Autochtones et qui avaient précédé son départ de l’Université Mount Royal en 2021. L'ancienne professeure dit vouloir faire sa présentation malgré tout.

Selon Mike Mahon, président et vice-chancelier de l’Université de Lethbridge, l’établissement a consulté les communautés qu’il dessert. Ces consultations ont confirmé que les affirmations qui cherchent à minimiser l'impact significatif et préjudiciable du système des pensionnats du Canada sont nuisibles, a-t-il souligné dans un communiqué.

Rectificatif : Une version précédente indiquait que Frances Widdowson avait été licenciée de l'Université Mount Royal en raison de ses propos controversés, ce que dément l'établissement. Son départ fait cependant l'objet d'un processus d'arbitrage.

Frances Widdowson avait été invitée par Paul Viminitz, un enseignant au département de philosophie, à venir donner une conférence intitulée Comment le wokisme menace la liberté universitaire à l’Université de Lethbridge.

Sur les réseaux sociaux, des opposants l’accusent de chercher, à travers cette conférence, à promouvoir l’idée selon laquelle le wokisme menacerait la liberté d'enseignement.

Né aux États-Unis, le « wokisme » est un mouvement centré sur les questions d'égalité, de justice et de défense des minorités. Il est parfois perçu comme attentatoire à l'universalisme républicain.

Des pétitions contre la conférence

Deux pétitions ont été lancées en ligne par des étudiants et des professeurs protestant contre la venue de Frances Widdowson. L’une recueillait plus de 1800 signatures lundi après-midi, sur un objectif de 2500 signatures, et l’autre recueillait plus de 1000 signatures sur les 1500 recherchées.

Sur l’un des sites des pétitions, Frances Widdowson est décrite comme une négationniste des pensionnats pour Autochtones, comme une personne qui est contre le mouvement Black Lives Matter et contre les droits des personnes transgenres.

Le président et vice-chancelier de l’Université de Lethbridge, Mike Mahon, debout dans une cours, la main gauche posée sur un muret.

Le président et vice-chancelier de l’Université de Lethbridge, Mike Mahon, souligne le caractère « nuisible » des propos tenus antérieurement par Frances Widdowson.

Photo : Fournie par l'Université de Lethbridge

Les atrocités commises dans les pensionnats pour Autochtones sont indéniables [...] La présence de Frances Widdowson sur notre campus banalise les histoires relatées par de nombreux survivants qui ont fréquenté ce système colonial, affirme-t-on sur un autre site de la pétition.

Nathan Crow, étudiant à l’Université et représentant des étudiants autochtones au sein du conseil syndical étudiant, a dit soutenir la liberté d'expression, mais pas lorsqu'elle discrimine spécifiquement un certain groupe. Il souligne que la diffusion de faux récits peut être préjudiciable.

La conférencière ne veut pas céder

L’universitaire dit pour sa part avoir toujours l'intention de se présenter à l’Université de Lethbridge et d’y donner sa conférence comme prévu.

Ils devront appeler la sécurité et m'emmener de force pour m'arrêter, a-t-elle écrit dans un courriel à CBC/Radio-Canada.

Qui est Frances Widdowson?

Frances Widdowson était professeure titulaire au département d'économie, de justice et d'études politiques de l'Université Mount Royal de Calgary.

En 2020, elle a fait les manchettes des journaux après avoir déclaré que le mouvement Black Lives Matter avait détruit son université et que le système des pensionnats avait un avantage pédagogique.

Plus de 6000 personnes avaient signé une pétition pour exiger son départ, qui est survenu à la fin de 2021.

Frances Widdowson est cependant considérée par certains comme une victime de l'érosion présumée de la liberté d'enseignement dans les campus universitaires.

Avec les informations de Joel Dryden et Ose Irete

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