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Attentats à Jérusalem : Israël impose des mesures contre des « familles de terroristes »

Des soldats israéliens discutent avec la famille de l'auteur d'une fusillade dans Jérusalem-Est.

Des soldats israéliens discutent avec des membres de la famille de Khayri Alqam, l'homme qui aurait tué sept personnes lors de l'attaque du 27 janvier dans Jérusalem-Est. Le gouvernement israélien a saisi leur maison.

Photo : Getty Images / AFP / Ahmad Gharabli

Agence France-Presse

Israël a saisi, dimanche, la maison familiale d'un Palestinien qui a tué sept personnes près d'une synagogue à Jérusalem-Est, dans le cadre de mesures annoncées par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou visant à révoquer certains droits des proches des assaillants.

Après des attaques menées vendredi et samedi par deux Palestiniens de Jérusalem-Est, partie de la Ville sainte occupée et annexée par Israël, le gouvernement a annoncé notamment la révocation des droits à la sécurité sociale des familles de terroristes qui soutiennent le terrorisme.

Le cabinet de sécurité, réuni dans la nuit, a aussi annoncé que la maison de Khayri Alqam, 21 ans, auteur de l'attaque ayant fait sept morts vendredi qui a été abattu par la police israélienne, serait mise sous scellés immédiatement avant sa démolition.

Dimanche matin, un correspondant de l'AFP a vu les forces israéliennes sur le toit du bâtiment dont les entrées ont été scellées alors que des Palestiniens récupéraient leurs affaires.

Pour Israël, les démolitions des maisons de Palestiniens accusés d'attaques anti-israéliennes meurtrières ont un effet dissuasif, mais les détracteurs de cette pratique la dénoncent comme relevant du châtiment collectif et affectant des familles qui se retrouvent à la rue.

Trois enfants palestiniennes devant les ruines d'une maison détruite par l'armée israélienne dans Jérusalem-Est.

Trois Palestiniennes se réunissent devant une maison de Jérusalem-Est détruite dimanche par les bulldozers israéliens.

Photo : Getty Images / AFP / Ahmad Gharabli

Dani Shenhar, chef du département juridique de l'organisation israélienne de défense des droits de la personne HaMoke, a déclaré que la saisie de la maison en pleine nuit démontrait la volonté de vengeance du gouvernement contre les familles. La mesure a été prise au mépris total de l'État de droit, a-t-il déclaré. HaMoked va protester auprès du procureur général.

Benyamin Nétanyahou a déclaré dimanche que la révocation des cartes d'identité israéliennes des proches des assaillants était à l'ordre du jour de la réunion hebdomadaire du cabinet.

Les mesures annoncées sont conformes aux propositions des partenaires politiques d'extrême droite du premier ministre, qui lui ont permis de revenir au pouvoir fin décembre. Elles risquent de s'appliquer en premier lieu à des Palestiniens ayant la nationalité israélienne (Arabes israéliens, selon l'appellation israélienne) et des Palestiniens ayant le statut de résidents de Jérusalem-Est.

Escalade de la tension

Vendredi soir, un Palestinien de 21 ans a tiré sur des passants à proximité d'une synagogue dans le quartier de colonisation de Neve Yaacov, tuant sept personnes avant d'être abattu. Samedi matin, un Palestinien de 13 ans a blessé par balles deux Israéliens à Silwan, à deux pas des remparts de la Vieille Ville.

Aucune de ces deux attaques n'a été revendiquée.

Trois des victimes de la fusillade de Neve Yaacov ont été inhumées dans la nuit de samedi à dimanche selon des photographes de l'AFP : Asher Natan, un adolescent de 14 ans, ainsi qu'Eli et Natalie Mizrahi, un couple abattu alors qu'il cherchait à venir en aide aux premières victimes du tueur, selon le témoignage d'un voisin.

Ces nouvelles violences surviennent sur fond de brusque escalade après la mort jeudi de neuf Palestiniens, dont des combattants et une sexagénaire, dans un raid de l'armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie. Ce territoire palestinien est occupé par Israël depuis 1967.

Les forces israéliennes ont été placées en état d'alerte maximale, et l'armée a annoncé renforcer ses effectifs en Cisjordanie.

Nouvelles violences et citoyens armés

Dimanche matin, des gardes de sécurité israéliens ont tué un Palestinien à proximité d'une colonie en Cisjordanie occupée, a indiqué le ministère de la Santé palestinien. Karam Ali Ahmad Salman, 18 ans, a été tué par l'occupation israélienne près de la colonie de Kdumim, dans le nord de ce territoire occupé par Israël depuis 1967, a indiqué le ministère palestinien.

Selon l'armée israélienne, une équipe de sécurité civile a ouvert le feu dans la nuit de samedi à dimanche sur une personne armée d'un pistolet près de cette colonie juive.

La colonisation israélienne en Cisjordanie est jugée illégale par les Nations unies et, selon le ministère de la Santé palestinien, Kdumim a été construite sur des terres palestiniennes privées.

Un autre Palestinien, blessé lors d'échauffourées entre Palestiniens et soldats israéliens quelques jours plus tôt, est décédé samedi à l'hôpital Shaare Zedek de Jérusalem, a indiqué à l'AFP une porte-parole de cet établissement, sans préciser son identité ni son âge.

Une maison et un véhicule palestiniens dans le village de Turmus Ayya, en Cisjordanie, ont été incendiés pendant la nuit, une attaque que les habitants ont imputée aux colons israéliens. Contactées par l'AFP, les forces israéliennes n'ont pas commenté.

Wafa, l'agence de presse palestinienne officielle, a rapporté que 120 voitures ont été la cible de pierres qui auraient été lancées par des colons israéliens, et 22 magasins ont été attaqués dans la région de Naplouse (Cisjordanie) samedi soir.

Depuis le début de l'année, le conflit israélo-palestinien a coûté la vie à 34 Palestiniens (parmi lesquels des auteurs d'attaques, des combattants et des civils, dont des mineurs), 6 civils israéliens (dont un mineur) et une Ukrainienne, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de sources officielles israéliennes et palestiniennes.

Le cabinet de sécurité israélien a également décidé de faciliter l'obtention de permis de port d'armes.

« Quand les civils ont des armes, ils peuvent se défendre. »

— Une citation de  Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et figure de l'extrême droite israélienne
Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité intérieure.

Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité intérieure et figure de l'extrême droite, lors d'une réunion du cabinet le 2 janvier 2023.

Photo : Getty Images / AFP / Atef Safadi

Appels au calme

Les appels à la retenue se sont multipliés en provenance de l'étranger. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, est attendu à Jérusalem et à Ramallah lundi et mardi pour évoquer des mesures en vue d'une désescalade.

La spirale de la mort qui grandit jour après jour éteint les rares lueurs de confiance qui existent entre les deux peuples, a déploré le pape François dimanche (Nouvelle fenêtre).

L'autorité palestinienne s'est abstenue de condamner les derniers attentats et jugé qu'Israël était entièrement responsable de la dangereuse escalade.

Le raid militaire israélien à Jénine est présenté par Israël comme une action préventive contre une cellule du groupe armé palestinien Djihad islamique.

La nuit suivant le raid a été marquée par des tirs de roquettes depuis Gaza vers Israël et des frappes israéliennes sur ce microterritoire sans qu'aucune victime ne soit déplorée.

Le député israélien d'opposition Mickey Levy a dit craindre que ce qui est arrivé il y a 20 ans [soit en train de commencer] à se produire maintenant dans une référence à la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien de 2000 à 2005.

À Tel-Aviv, quelques dizaines de milliers de personnes, beaucoup moins nombreuses que les deux samedis précédents, ont manifesté contre le gouvernement et son projet contesté de réforme de la justice. Les manifestants ont marqué une minute de silence à la mémoire des victimes de Neve Yaacov.

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