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Israël : l’exécutif prive des « familles de terroristes » de certains droits

Benyamin Nétanyahou.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

Photo : Associated Press / ABIR SULTAN

Agence France-Presse

L'exécutif israélien a annoncé, dans la nuit de samedi à dimanche, des mesures à l'encontre de « familles de terroristes » après deux attentats à Jérusalem-Est, dont l'un a fait sept morts.

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou avait promis samedi soir une réponse forte et solide à ces attaques menées par deux Palestiniens de Jérusalem-Est, partie de la Ville sainte occupée et annexée par Israël.

Sept civils, dont un couple et un adolescent de 14 ans, ont péri vendredi soir dans l'une d'elles, à Neve Yaacov.

À l'issue d'une réunion dans la nuit, le cabinet de sécurité israélien a annoncé la révocation des droits à la sécurité sociale des familles de terroristes qui soutiennent le terrorisme.

Il a également souligné qu'un projet de loi visant à révoquer les cartes d'identité israéliennes de cette même catégorie de familles serait discuté lundi en conseil des ministres.

M. Nétanyahou est revenu au pouvoir en décembre avec l'appui de formations d'extrême droite et ultraorthodoxes juives, et ces mesures risquent de s'appliquer en premier lieu à des Palestiniens ayant la nationalité israélienne (Arabes israéliens, selon l'appellation israélienne) et des Palestiniens ayant le statut de résidents de Jérusalem-Est.

Vendredi soir, un Palestinien de 21 ans a tiré sur des passants à proximité d'une synagogue dans le quartier de colonisation de Neve Yaacov, tuant sept personnes avant d'être abattu. Samedi matin, un Palestinien de 13 ans a blessé par balles deux Israéliens à Silwan, à deux pas des remparts de la Vieille Ville.

Aucune de ces deux attaques n'a été revendiquée.

Trois des victimes de la fusillade de Neve Yaacov ont été inhumées dans la nuit de samedi à dimanche selon des photographes de l'AFP : Asher Natan, un adolescent de 14 ans, ainsi qu'Eli et Natalie Mizrahi, un couple abattu alors qu'il cherchait à venir en aide aux premières victimes du tueur, selon le témoignage d'un voisin.

Ces nouvelles violences surviennent sur fond de brusque escalade après la mort jeudi de neuf Palestiniens dont des combattants et une sexagénaire, dans un raid de l'armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Blinken attendu lundi

Les forces israéliennes ont été placées en état d'alerte maximale, et l'armée a annoncé renforcer ses effectifs en Cisjordanie alors que les appels à la retenue se sont multipliés en provenance de l'étranger.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, est attendu à Jérusalem et Ramallah lundi et mardi pour évoquer des mesures en vue d'une désescalade.

Le cabinet de sécurité israélien a également décidé de faciliter l'obtention de permis de port d'armes.

Quand les civils ont des armes, ils peuvent se défendre, a déclaré le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite.

Dans le quartier palestinien de Silwan, l'assaillant, muni d'un pistolet, a blessé un père et son fils soldat, âgés respectivement de 47 et 23 ans, selon la police et les secours, avant d'être blessé par des passants armés, puis arrêté.

L'attaque de Neve Yaacov, perpétrée le soir de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, a suscité une vague d'indignation en Europe et aux États-Unis, ainsi que la condamnation de gouvernements arabes entretenant des liens avec Israël, comme l'Égypte, la Jordanie ou les Émirats arabes unis.

 Manifestation contre le gouvernement israélien à Tel-Aviv.

Des Israéliens manifestaient samedi contre la nouvelle coalition de droite du premier ministre Nétanyahou et son projet de réforme judiciaire, à Tel-Aviv.

Photo : Reuters / CORINNA KERN

Des médias israéliens et palestiniens ont identifié l'assaillant comme étant Khayri Alqam, et celui-ci fait l'objet de nombreuses louanges sur des comptes de réseaux sociaux en arabe.

Qualifiant l'attaque de crime particulièrement abject, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dit être profondément inquiet de l'escalade de la violence.

L'Autorité palestinienne s'est abstenue de la condamner et a jugé qu'Israël était entièrement responsable de la dangereuse escalade.

Jeudi, neuf Palestiniens ont été tués dans un raid militaire israélien à Jénine en Cisjordanie, présenté par Israël comme une action préventive contre une cellule du groupe armé palestinien Djihad islamique.

Manifestation à Tel-Aviv

La nuit suivante a été marquée par des tirs de roquettes depuis Gaza vers Israël et des frappes israéliennes sur ce microterritoire sans qu'aucune victime ne soit déplorée.

Le député israélien d'opposition Mickey Levy a dit craindre que ce qui est arrivé il y a 20 ans [soit en train de commencer] à se produire maintenant dans une référence à la Seconde Intifada, le soulèvement palestinien qui a duré de 2000 à 2005.

À Tel-Aviv, quelques dizaines de milliers de personnes, beaucoup moins nombreuses que les deux samedis précédents, ont manifesté contre le gouvernement et son projet contesté de réforme de la justice. Les manifestants ont marqué une minute de silence à la mémoire des victimes de Neve Yaacov.

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