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Refuge pour femmes dans Prescott et Russell : autre refus de la SCHL

Gros plan des mains croisées d'une femme.

On estime à plus de 50 le nombre de femmes de la Maison Interlude qui sont en attente d’un logement abordable. (Photo d'archives)

Photo : getty images/istockphoto / PeopleImages

Radio-Canada

L’organisme francophone de Hawkesbury, la Maison Interlude, vient d’essuyer un troisième refus de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans sa quête de construire une maison pour les femmes victimes de violence à Embrun, dans l’est ontarien.

C’est vraiment désolant pour la communauté de l’est ontarien que ce projet ne trouve pas un financement adéquat. Toute la communauté est derrière nous, déplore la directrice générale de la Maison Interlude, Muriel Lalonde.

« Une femme qui vit de la violence, qui doit rester dans son milieu abusif tout simplement parce qu'elle n'a pas accès à du logement, c'est aberrant. Il faut que les gouvernements se mobilisent et réalisent que c'est un problème. »

— Une citation de  Muriel Lalonde, directrice générale de la Maison Interlude
Portrait de Muriel Lalonde.

Muriel Lalonde est directrice générale de la Maison Interlude.

Photo : Radio-Canada

Ce projet vise à offrir aux femmes victimes de violence un logement abordable à moyen terme pour leur permettre une stabilité et un appui continu, précise l’organisme qui dispose déjà d'un hébergement d’urgence pour ces femmes de l’est ontarien. On estime à plus de 50 le nombre de femmes de la Maison qui sont en attente d’un logement abordable.

Le projet ne manque pas de soutien dans la région, loin de là.

C’est frustrant, je travaille avec la Maison Interlude depuis le début. Je crois que la SCHL, qui débourse plusieurs sous à travers le Canada, ne met pas une lentille rurale et francophone. Les communautés rurales ont, comme les grandes villes, aussi des besoins essentiels, assure le député libéral fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin.

Le député Francis Drouin à son bureau avec son casque d'écoute en discussion sur l’application Zoom.

Le député Francis Drouin est un allié au projet. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Je suis très déçu. C’est un besoin. C’est un organisme francophone, dans un milieu rural. C’est très important pour les petites communautés. Il y a des besoins, affirme également le maire du Canton de Russell, Pierre Leroux, qui ne comprend pas la décision de la SCHL.

D’autres maires de l’est ontarien défendent eux aussi le projet de la Maison Interlude, comme Geneviève Lajoie, de Casselman, et Mario Zanth, de Clarence-Rockland.

Un projet pour construire une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence à Embrun est en danger de ne pas se réaliser. Ça fait 5 ans que l’organisation Maison Interlude House travaille à la planification et sur les demandes de fonds pour une maison de transition. Le reportage de Chantal Dubuc.

Beaucoup de demandes de projets, selon la SCHL

De son côté, la Société canadienne d’hypothèques et de logement dit ne pas être en mesure de discuter de projets particuliers afin de protéger la confidentialité de nos partenaires.

La SCHL, qui a lancé un programme pour financer des projets comme celui de la Maison Interlude, fait valoir que l’initiative suscite beaucoup d’intérêt, mais ce ne sont pas tous les projets [...] qui pourront recevoir du financement.

La directrice d'Hébergement femmes Canada, Lise Martin, apporte une nuance.

C’est décevant [...]. Mais la réalité est que la SCHL a reçu quatre fois plus de demandes qu'[elle n'a] d’offres. Les besoins sont très grands, mentionne-t-elle. Du même souffle, elle informe qu’une demande semblable, à Ottawa, a été refusée.

Lise Martin regarde la caméra.

Lise Martin est la directrice générale d'Hébergement femmes Canada. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Thériault

Mme Lalonde met toutefois un fait en avant : Aucun projet situé à l’est de Toronto n’a reçu de fonds. Notre région, rurale et francophone, est encore une fois laissée de côté.

Quelles sont les solutions?

Les élus municipaux et la Maison Interlude n’entendent pas rester les bras croisés. Le député fédéral Francis Drouin mentionne que des démarches sont déjà entreprises pour faire changer les choses.

Il dit en avoir déjà discuté avec certains collègues des communautés rurales qui sont dans la même situation. M. Drouin propose que la SCHLsépare ses fonds. En d’autres termes, on sépare les enveloppes entre les communautés rurales et urbaines.

C’est impossible de concurrencer Toronto et Ottawa, dit le député.

« Je sais que les chiffres sont plus importants dans les communautés urbaines, mais il ne faut pas oublier le rural. Ici, une femme en danger n’a pas nécessairement accès à du transport public pour partir de la maison. »

— Une citation de  Francis Drouin, député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell

Pierre Leroux a aussi l’intention d’aider l’organisme basé à Hawkesbury.

On peut travailler avec la Maison Interlude pour voir comment on peut améliorer les choses. On [lui] a déjà vendu le terrain à prix réduit, précise M. Leroux qui se montre déterminé à faire savoir à la SCHL qu’on a besoin d’aide.

Avec les informations d’Alexandra Angers et de Chantal Dubuc

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