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Sombres perspectives pour le crabe des neiges

Un crabe.

Les usines comme les pêcheurs s'attendent à une saison difficile. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Avec des entrepôts encore pleins de stocks invendus, les industriels des pêches pourraient réduire considérablement les prix payés aux pêcheurs pour le crabe des neiges.

En 2022, les promesses de saison record de pêche au crabe se sont rapidement effondrées. Les consommateurs américains, touchés par l’inflation, se sont tournés vers d’autres produits, moins chers.

Le prix offert aux transformateurs a fondu de 60 % durant la saison. Avec l'inflation qui sévit et la récession qui menace, les espoirs d’une remontée des prix sont à zéro.

Ça va se répercuter dans un premier temps où? Au débarquement. Pour avoir jasé avec des pêcheurs, on s'attend à des baisses de prix qui pourraient être importantes, souligne le rédacteur en chef de Pêche Impact, Robert Nicolas.

Le prix du crabe au débarquement pourrait descendre jusqu’à 3 $ la livre.

C’est toutefois le salon des produits marins de Boston, le Seafood Expo North America, qui donnera l’heure juste pour les transformateurs puisque la ressource est vendue à 95 % sur le marché américain. Le salon aura lieu à la mi-mars, quelques semaines avant le début de la saison.

Liste rouge

Comme un malheur ne vient jamais seul, l’ombre de la baleine noire plane sur la commercialisation du crabe des neiges aux États-Unis.

En septembre dernier, le crabe des neiges, comme le homard d’ailleurs, a été inscrit sur la liste rouge du programme Seafood Watch du Monterey Bay Aquarium, en Californie.

Son classement comme espèce à éviter en raison des empêtrements de baleines avec des engins de pêche a suscité de vives réactions au Québec comme en Atlantique.

Bien que la décision ait été unanimement décriée et contestée par le gouvernement fédéral, elle jette une ombre supplémentaire sur la commercialisation du crabe aux États-Unis.

L’Association québécoise de l'industrie de la pêche (AQIP) a réagi en organisant une campagne publicitaire aux États-Unis. Pas pour blâmer le Seafood Watch, mais pour expliquer ce que les pêcheurs du Québec font pour protéger la baleine, précise le directeur de l’AQIP, Jean-Paul Gagné.

C’est aussi dans cet esprit que l’AQIP, avec des partenaires du Nouveau-Brunswick, a obtenu un financement de 500 000 $ du Fonds canadien pour faire la promotion du crabe des neiges.

Une saison plus hâtive

L’AQIP fait aussi partie des voix qui réclament un début de la pêche au crabe plus hâtif dans la zone 12, avant l’arrivée des baleines dans le golfe. Les crabiers du Québec, dont les ports sont libres de glace tôt au printemps, pourraient partir plus tôt que leurs collègues de l’Atlantique.

Jusqu’à maintenant le Ministère a préféré un début unifié. Cette décision crée de plus en plus de remous sur les quais du Québec, où l'on estime que les flottilles pourraient partir à des dates différentes.

Il s’agit de surcroît d’une des rares mesures de protection de la baleine noire que le Ministère refuse de mettre en place.

Le sujet a été abordé la semaine dernière entre le ministre des Pêcheries du Québec, André Lamontagne, et son homologue fédérale, Joyce Murray.

Le ministre Lamontagne se montre optimiste. On a parlé longuement de la baleine noire. Après ça, je lui ai parlé de crabe et de notre demande. Honnêtement, ça a été pour elle une belle découverte, même si j'avais déjà expliqué ça.

La cohabitation

L’Association avait aussi invité à son congrès Lyne Morissette, la biologiste spécialiste des mammifères marins, pour une présentation sur la cohabitation entre pêcheurs et baleines noires.

Son discours est venu mettre un baume sur cet amoncellement de problèmes en soulignant le travail accompli par l’industrie depuis cinq ans afin de protéger les baleines.

Lyne Morissette sur une tribune devant un micro.

Lyne Morissette a présenté ses travaux sur la cohabitation entre pêcheurs et baleines noires.

Photo : Radio-Canada / Joane Berube

La biologiste travaille avec une douzaine d'associations de différentes provinces. Ils ont compris qu'il y avait un enjeu, dit-elle, ils sont tannés d'être perçus comme des sources de problèmes et veulent surtout faire partie de la solution.

Le but, poursuit la scientifique, c’est de proposer des solutions qui vont permettre de protéger les baleines, mais aussi l’industrie. C'est super important. Les communautés côtières dépendent aussi du golfe Saint-Laurent. Il faut que tout le monde soit capable de cohabiter au même endroit.

Enfin, le crabe des neiges de la zone 12, dans le sud du golfe, n’a plus de certification de pêche durable depuis 2018.

Cette certification a été suspendue après la mort de 17 baleines noires dans le golfe en 2017. Puisque les efforts de protection sont maintenant en place et semblent donner des résultats, le directeur de l’AQIP indique que les démarches de certification du Marine Stewardship Council (MSC) seront relancées.

L’objectif est de récupérer la certification pour la saison 2024.

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