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Victime de fraude, le Groupe TYT de Drummondville poursuit Desjardins pour 1,5 M$

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité

Le Groupe TYT a été victime d'une « fraude du président ». (Photo d'archives)

Photo : iStock

Radio-Canada

Une entreprise de transport de Drummondville poursuit la Caisse Desjardins de Drummondville et la Fédération des caisses Desjardins pour 1,5 M$ après avoir été victime de fraude. 

Les mésaventures du Groupe TYT ont commencé en juin 2020, en pleine pandémie, quand le télétravail était à son maximum. On a été fraudé de près de 2,5 millions $ CAN en l’espace de cinq jours, rapporte le président de l’entreprise, Patrick Turcotte. 

Selon la demande introductive d'instance déposée à la Cour supérieure, cinq transferts de fonds internationaux frauduleux ont été effectués du Groupe TYT vers la Chine entre le 8 et le 15 juin à partir d'un compte détenu à la Caisse Desjardins. Ces transferts ont atteint un total de 1 750 00 millions $ US (plus de 2 380 700 $ CAN). De ce montant, l'entreprise de Drummondville a été en mesure de récupérer 686 916 $ US dans les 72 heures suivant la fraude, mais sans l'aide de cette dernière.

Toujours selon cette demande, Desjardins ne s’est pas comportée comme l’aurait fait un banquier raisonnable, prudent et diligent, tel que TYT était en droit de s’y attendre dans les circonstances, au moment des transferts, ni par la suite, lorsque TYT s’est aperçue de la fraude et l’a dénoncée.

Un train sort d'un bâtiment chargé d'un wagon.

L'entreprise TYT affirme avoir perdu près de 2,5 M$ CAN en cinq jours pendant la pandémie. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Réjean Gagnon

Une fraude du président

Le Groupe dit avoir été victime d’un stratagème criminel commun, surnommé la fraude du président .

C’est une organisation criminelle, la plupart du temps outremer, qui se fait passer pour le président et qui réussit à joindre les personnes de l’entreprise qui sont en pouvoir de faire des transferts. La façon de retenir leur attention, c’est qu’ils se font passer pour le président, littéralement, de l’entreprise, avec une adresse courriel qui est à une virgule près, pratiquement la même , explique le véritable président de TYT. 

Selon les informations incluses dans les documents de la poursuite, un fraudeur se faisant passer pour le président Patrick Turcotte a envoyé un courriel à une employée, lui demandant de gérer un dossier « hautement prioritaire ». Il lui aurait ensuite demandé de répondre aux demandes d'un faux avocat. Ce dernier aurait ensuite exigé plusieurs virements bancaires, tout en insistant sur le caractère confidentiel du dossier et en demandant à l'employée de ne pas en parler de vive voix ou au téléphone.

Malgré quelques appels du Département de sécurité de Desjardins à l'employée derrière les transactions, c'est seulement après cinq virements que le pot aux roses a été découvert. Le 16 juin, le directeur de compte responsable de TYT à la Caisse Desjardins a en effet téléphoné à l'entreprise pour l'informer que sa limite de crédit était atteinte, ce qui lui a mis la puce à l'oreille.

Dans sa poursuite, TYT indique tenir Desjardins responsable du préjudice qu’elle a subi en raison de [son] inaction. Le montant de plus de 1,5 M$ demandé par l'entreprise comprend l'argent qu'elle n'a pas pu récupérer, les honoraires de ses avocats et 25 000 $ en troubles et inconvénients.

Des normes plus sévères

Depuis cet incident, le Groupe TYT a changé d’institution financière et a revisité l’ensemble des procédures internes de doubles et de triples vérifications. 

C’est sûr que l’institution financière a manqué de jugement là-dedans, puis aurait dû naturellement lever des flags, ce qu’elle n’a pas fait. Même eux, à l’interne, j’ose espérer qu’ils ont revisité leur façon de valider cette information-là, d’autant plus que c’est quand même une fraude connue, spécialement au niveau du monde bancaire, soutient Patrick Turcotte. 

Dans les documents de la poursuite, il est notamment relevé que TYT est une entreprise de transport par camion dont les activités sont circonscrites à l’Amérique du Nord, et que les transferts électroniques internationaux représentaient des transactions atypiques qui auraient dû être relevées par la Caisse Desjardins.

Desjardins se défend

Contactée par Radio-Canada, l'institution financière a répondu par courriel qu'elle comprend les préoccupations du Groupe TYT et soutient qu'il s'agit d'un dossier complexe.

Dès que le groupe TYT a porté la situation à notre attention, nos équipes se sont mises en action et ont déployé tous les efforts nécessaires afin de tenter de récupérer les sommes fraudées, affirme Jean-Benoît Turcotti, le porte-parole de Desjardins qui signe le courriel.

Contrairement à ce que prétend Patrick Turcotte, il affirme pour sa part qu'une bonne partie des sommes a pu être récupérée grâce aux actions de [ses] équipes.

Jean-Benoît Turcotti soutient cependant que Desjardins ne commentera pas davantage en raison du processus judiciaire en cours.

Avec les informations de Jean-François Dumas 

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