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Que représente pour vous cette nouvelle hausse du taux directeur?

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, durant un point de presse.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a haussé le taux directeur à huit reprises depuis le mois de mars dernier.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Avec les multiples hausses des taux d’intérêt, le budget des ménages a passablement changé lors des derniers mois. Des calculs effectués par la firme Ratehub montrent à quel point le portrait est différent en incluant la dernière hausse annoncée par la Banque du Canada.

Prenons un propriétaire d’une maison de 458 792 $, le prix moyen d’une propriété au Canada, qui a versé une mise de fonds de 10 %. Avec un taux variable de 5,30 % amorti sur 25 ans, son versement hypothécaire mensuel est actuellement de 2549 $.

Mais avec la nouvelle hausse de 0,25 % du taux directeur, son taux hypothécaire va passer à 5,55 % et son paiement mensuel à 2611 $. Cela veut dire qu’il devra payer 62 $ de plus par mois ou 744 $ par année sur ses versements hypothécaires.

Avec les huit augmentations annoncées, cela signifie que l’augmentation est de 949 $ par mois ou 11 388 $ annuellement. Un véritable trou dans le budget de plusieurs ménages qui ont un taux variable sur leur hypothèque.

Mettre son projet sur la glace

« J’ai des clients qui mettent leur projet sur la glace. Ils me disent : on va attendre que les taux baissent. Ils ne pouvaient plus acheter la propriété qu’ils voulaient. Les prix descendent, mais ils n’ont pas baissé de 30 %, ce n’est pas assez pour redonner la pleine accessibilité à tous et chacun »

— Une citation de  Philippe Simard, directeur hypothécaire chez Ratehub

D’autres ont tout simplement de la difficulté à se qualifier. Plusieurs aimeraient aller vers un taux variable, en espérant une baisse lors des prochains mois, mais leur situation financière ne le leur permet pas.

Curieusement, c’est plus facile de se qualifier pour un taux fixe, car les taux variables sont plus élevés actuellement, explique M. Simard.

Selon Ratehub.ca, le taux fixe 5 ans se situait hier à 4,49 %, alors que le taux variable était plutôt à 5,30 %.

Il y a des clients qui voudraient aller vers un taux variable à la base, mais à cause de la qualification devront se tourner vers un taux fixe. Il y en a qui préfèrent un taux fixe actuellement par sécurité. Par contre, ce n’est pas quelque chose qu’on recommande, car on s’attend à ce que les taux baissent dans les 18 à 24 prochains mois, explique M. Simard.

Pour l’économiste Hendrix Vachon de Desjardins, les ménages touchés par la hausse devront sortir leur calculatrice et revoir leurs calculs afin d’évaluer toutes les options.

On peut comprendre rationnellement que certaines personnes préfèrent attendre avant d’entrer dans le marché. Si la Banque du Canada réussit sa mission, si c’est vrai que l’inflation baisse et qu’on va en récession, éventuellement, on va en avoir des baisses de taux, explique-t-il.

Avec les multiples hausses des taux d’intérêt, le budget des ménages a passablement changé lors des derniers mois. Les précisions d'Olivier Bourque.

Cela dit, un événement extérieur comme la guerre en Ukraine ou une sécheresse importante pourrait à nouveau avoir un impact sur l’inflation.

Il y a quand même un risque que ça aille plus haut. Les gens doivent en avoir conscience et c’est là que le taux fixe devient intéressant, et ce n’est pas seulement pour cinq ans, explique-t-il.

Cela dit, le secteur immobilier ne s’attend pas à une grande cuvée en 2023, avec des taux d’intérêt qui vont rester élevés, et des prix des propriétés qui baissent, mais de façon encore modérée.

On ne s’attend pas à ce que ce soit une grosse année pour les achats, explique M. Simard.

Rappelons qu’une hausse du taux n’a pas seulement un impact sur les taux hypothécaires. Tout nouvel emprunt coûte 0,25 % plus cher à partir d’aujourd’hui.

Les prêteurs refilent toujours l'entièreté des hausses annoncées par la Banque du Canada aux consommateurs, que ce soit pour un prêt auto, une marge de crédit ou des prêts personnels.

La pression s'accentue sur le budget des ménages avec une 8e hausse consécutive du taux directeur, qui passe à 4,5 %. Quel sera l'impact sur les emprunteurs? Et si les taux reculent à la fin de 2023, doit-on choisir le taux fixe ou variable? Entrevue avec Simon Lupien, cofondateur et courtier hypothécaire, Apoint Hypothèque.

Retarder des gros achats

Ce resserrement de la Banque du Canada vise à freiner la demande des ménages et à les convaincre de modérer leur consommation lors de la prochaine année afin de faire fléchir l’inflation le plus près de sa cible de 2 %.

L’institution s’attend à ce que l’indice des prix à la consommation retourne vers 3 % au milieu de l’année et à 2 % en 2024.

On veut que les gens soient plus prudents. [...] Et ce n’est pas seulement, on augmente les taux et automatiquement les gens consomment moins. Ça a également un effet psychologique. Il y a plusieurs variables qu’on essaie d’influencer, explique M. Vachon.

À chaque hausse des taux d’intérêt, la Banque du Canada ajoute un degré de prudence chez les consommateurs qui sont plus enclins à retarder des gros achats, des projets de rénovation ou le changement d’une voiture.

Ça prend du temps afin de voir les effets d’une hausse de taux d’intérêt. Il y a une chaîne. Les gens réduisent leur consommation, les entreprises font moins d’investissement, l’économie ralentit. C’est aussi un commerçant qui vend moins, qui réduit ses investissements et peut-être qui fait des mises à pied, conclut l’économiste.

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