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Assurance-emploi : des regroupements redoutent plus de délais chez Service Canada

Des gens font la queue dans un bureau de Service Canada.

Depuis plusieurs mois, les délais s'allongent dans le traitement des dossiers d'assurance-emploi à Service Canada, selon des groupes de défense des droits des personnes sans-emploi. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Plusieurs groupes de défense des droits des personnes sans-emploi dans l’Est-du-Québec craignent que les délais de traitement n’augmentent encore davantage chez Service Canada.

Un article de La Presse publié la semaine dernière révèle qu'environ 750 employés du ministère au Québec ont vu leur semaine amputée de 7,5 heures par semaine, jusqu’au 31 mars. Ils passent ainsi d’un horaire à temps plein à un horaire à temps partiel, soit de 37,5 heures à 30 heures par semaine.

Nadia Mongeon, la coordonnatrice du Mouvement action chômage Pabok en Gaspésie, estime que ces réductions d’horaire alourdiront les délais pour traiter les demandes d’assurance-emploi. Ils étaient déjà trop importants avant ces changements, indique-t-elle.

En effet, selon Nadia Mongeon, Service Canada a traité environ 75 % des demandes d’assurance-emploi dans un délai de 28 jours au cours de la dernière année. Elle ajoute que le temps d’attente moyen pour parler à un agent de l’assurance-emploi oscille entre 30 minutes et 1 heure.

Nadia Mongeon s’inquiète donc des conséquences de ces compressions sur les prestataires qu'elle défend, particulièrement sur les personnes vulnérables.

On a des gens qui ont encore deux à six mois d'attente. Alors, pourquoi décide-t-on tout d’un coup de diminuer le nombre d’heures pour les employés? On devrait plutôt augmenter les effectifs, fait valoir la coordonnatrice du Mouvement action chômage Pabok.

Nadia Mongeon tient une pancarte où on peut lire : Améliorer notre sort, c'est vital. Une réforme de l'assurance-chômage s'impose.

Nadia Mongeon est la coordonnatrice du Mouvement action chômage Pabok. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Line Sirois, la directrice générale d'Action chômage Côte-Nord, abonde dans le même sens. Quand je dis au ministère [Emploi et Développement social Canada] que nous avons des dossiers qui attendent depuis août 2022, ils nous répondent toujours qu’ils sont débordés, déplore-t-elle.

« Le mot ­­"débordé", je ne le comprends pas, parce que quand nous sommes débordés, on est censés mettre des agents pour finaliser des dossiers, ce qui n’est pas le cas en ce moment. »

— Une citation de  Line Sirois, la directrice générale d'Action chômage Côte-Nord

Service Canada explique ces coupes par sa volonté d'atteindre l'équilibre budgétaire, un motif dénoncé par Action chômage Côte-Nord. Ce n’est pas une bonne raison. L’assurance-chômage reste un service essentiel aux citoyens qu’ils payent de leur propre poche, dit Line Sirois, qui suggère d’équilibrer le budget en simplifiant le système.

Au moment de publier ce texte, Radio-Canada n’avait pas été en mesure d’obtenir une entrevue avec le Ministère pour obtenir des réponses sur ce dossier.

Les différents organismes qui viennent en aide aux personnes sans-emploi revendiquent par ailleurs un retour aux règles qui prévalaient pendant la pandémie. Ces mesures temporaires, qui comprenaient des règles simplifiées qui contribuaient à accélérer le traitement, ont pris fin le 25 septembre dernier.

Une réforme du régime attendue depuis 2015

Plusieurs groupes de défense des droits des personnes sans-emploi rencontreront la ministre fédérale Carla Qualtrough le 2 février prochain à Gatineau concernant la nouvelle réforme de l’assurance-emploi.

Pour Michel Dubé, le coordonnateur d'Action populaire Rimouski-Neigette, il ne faut pas se faire trop d’attentes avec cette réforme. On souhaite beaucoup que le gouvernement accepte nos demandes de modification du programme d’assurance-emploi. Mais, ça se peut que la réforme durcisse le programme à la place de l’assouplir, avance-t-il avec cynisme.

Les groupes qui représentent les chômeurs et chômeuses demandent un seuil d'admissibilité unique de 420 heures ou de 15 semaines travaillées, alors que parfois il faut avoir travaillé 700 heures pour être admissibles.

Ils veulent aussi un taux de prestations d’au moins 70 % basé sur les 12 meilleures semaines de travail.

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