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Travail, logement, santé : les défis des nouveaux arrivants dans les Maritimes

La famille Seddiki assise dans le canapé de son appartement de Moncton.

Mourad Seddiki n'a pas pu faire reconnaître son diplôme d'enseignant au Canada. Originaire d'Algérie, il a exercé pendant 15 ans comme enseignant dans le secondaire en France.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

Pour la première fois de son histoire, le Canada a atteint ses cibles en termes d’immigration francophone en dehors du Québec. Nombre d’entre eux ont choisi de s’installer dans les Maritimes mais des défis à leur installation persistent.

Au Nouveau-Brunswick, ce sont plus de 2300 nouveaux arrivants qui se sont installés dans la province en 2022. En Nouvelle-Écosse, ils étaient 795, quatre fois plus que l’année précédente.

Parmi eux, la famille Seddiki. Originaires d’Algérie, les parents et leurs trois enfants ont posé leurs valises à Moncton en septembre, après avoir vécu en France pendant une vingtaine d’années.

Quatre personnes posent pour la photo, derrière eux se trouve un paysage enneigé.

La famille Seddiki s'est installée à Moncton en septembre a fait face à un certain nombre de défis dans son intégration.

Photo : Gracieuseté : Mourad Seddiki

Ils ont choisi le Nouveau-Brunswick pour la qualité de vie après avoir assisté à un colloque de Destination Canada, un colloque de recrutement et l'immigration en 2019.J'ai toujours voulu un endroit calme, les villes qui sont petites ici, j'ai quitté Paris pas pour aller dans une grande métropole, explique Mourad Seddiki.

Le bilinguisme de la province, les grands espaces, la gentillesse des gens les ont également séduits.

Manisha Seebalak, originaire de l’Île Maurice, vit depuis un an à Halifax en Nouvelle-Écosse. Depuis que j’ai 18  ans, c’est mon rêve de vivre au Canada. C’est un pays de rêve, d’opportunité. J’avais cet espoir depuis très longtemps, raconte-t-elle.

Une femme posant devant l'objectif.

Amina Bouzir, arrivée de Tunisie avec son mari et ses enfant au mois d'août.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Originaire de Tunisie, Amina Bouzir, est arrivée en Nouvelle-Écosse avec son mari et ses deux enfants dont l’un est atteint du syndrome d’Asperger. Si on est venus au Canada, c’est pour fuir les défis qu’on a en Tunisie, le défi de l’acceptation comme on est. Mon enfant n’est pas accepté par la société, la famille, l’école. On cherchait une meilleure qualité de vie.

Du travail pas dans leur domaine de compétence

Cette installation ne se fait cependant pas sans défis. Le travail est parmi les plus grands d’entre eux. Manisha Seebalak était agent de probation à l’île Maurice. En Nouvelle-Écosse, elle ne peut pas obtenir ce poste. Je dois refaire toute ma formation si je veux retrouver cet emploi. Je ne suis pas prête à la refaire en entier . En attendant, elle a réussi à retrouver un emploi au sein du ministère de la justice canadienne.

Une femme posant devant un objectif.

Manisha Seebalak a immigré depuis l'Île Maurice, il y a plus d'un an.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Mourad Seddiki doit lui aussi travailler dans un domaine différent de son domaine de compétence. Il a été enseignant d'allemand certifié au secondaire en France, travail qu'il a occupé pendant 15 ans. Il est aujourd'hui conseiller en établissement et du Programme d'immigration au Canada atlantique (PICA) à l'Association multiculturelle du Grand Moncton, faute de pouvoir faire reconnaître ses acquis.

« La certification ne m'a pas été accordée, je comprends parfaitement que le système soit différent parce qu’il me manque des crédits, une vingtaine. Je devrais faire ça en une année. Pour le moment je suis très heureux dans mon travail actuel mais éventuellement. »

— Une citation de  Mourad Seddiki

Le mari d’Amina Bouzir doit lui aussi revoir ses ambitions à la baisse. En Tunisie, il était professeur d’université. Au Canada, il doit se contenter d’un poste d’assistant.

Peu de logements abordables

Le logement représente aussi tout un défi pour les nouveaux arrivants, tant la disponibilité que l'abordabilité. Les prix sont montés en flèche depuis le début de la pandémie et ça a été un choc.

« Pour être franc ce qui nous a choqué ce sont les prix des loyers-là je paye presque le double de ce que je payais dans la région parisienne. Actuellement on paye 1400 $ par mois et à Paris on payait dans le 600 euros par mois [...]. Nous on avait commencé les démarches avant 2019 donc avant la COVID et ce que je paie actuellement c'est ce que j'aurais payer à l'époque pour une maison »

— Une citation de  Mourad Seddiki
Un immeuble avec des voitures garées devant.

La famille Seddiki paye 1400 dollars par mois pour son appartement à Moncton. Pour ce prix là avant la pandémie, elle aurait pu avoir une maison, d'après Mourad Seddiki.

Photo : Gracieuseté : Mourad Seddiki

La difficulté à avoir accès à la santé a également été un choc pour ses nouveaux arrivants. Amina Bouzir a été surprise de ne pas réussir à trouver facilement de rendez-vous pour faire suivre son fils qui souffre d’autisme.

Il doit être suivi par un pédopsychiatre mais je n’arrive pas à avoir de rendez-vous. Il a besoin de l’avis d’un spécialiste. C’est choquant. Comment on ne peut pas avoir ça?

Mourad Seddiki abonde. Il leur a été difficile de trouver un médecin de famille et il a dû se rendre aux urgences. Pour moi ça allait je suis resté que cinq heures, je dis que parce que j'ai un ami qui est resté 14 heures et ça vraiment c'est un point noir. On a les moyens de changer ça. Le Canada peut changer ça.

Rien cependant ne les ferait changer d'idée. Manisha Seebalak explique qu’elle ne regrette en aucun cas d’être venue s’installer en Nouvelle-Écosse. La famille Seddiki prévoit, elle, de rester au Nouveau-Brunswick et de s'acheter une maison.

Avec des informations d'Adrien Blanc et Nicolas Steinbach

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