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La crise des passeports a coûté 14 millions $ en heures supplémentaires en six mois

Les mesures mises en place pour remédier aux arriérés causées par la pandémie « ne sont pas temporaires » et une forte demande pour les passeports est prévue en 2023, selon les autorités.

Un agent de sécurité au milieu de nombreuses personnes agglutinées près de l'entrée du Complexe Guy-Favreau.

Les files étaient souvent longues, en juin dernier, devant le Complexe Guy-Favreau, à Montréal, où se trouvent les bureaux de Service Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Au plus fort de la crise des passeports, l’été dernier, le gouvernement du Canada a mis les bouchées doubles pour réduire les arriérés dans les demandes causées par deux ans de pandémie et de restrictions sur les voyages internationaux. En plus d’avoir augmenté ses effectifs, Emploi et Développement social Canada (EDSC) affirme avoir dépensé plus de 14 millions de dollars en heures supplémentaires entre juin et décembre 2022.

Selon des statistiques publiées en ligne, les employés du réseau de traitement des passeports chez EDSC ont travaillé 184 115 heures supplémentaires entre le 20 juin et le 26 décembre. La semaine qui a enregistré le plus d’heures supplémentaires travaillées est celle du 27 juin avec 10 182 heures, sachant que les bureaux de passeports étaient fermés le 1er juillet.

Au total, le ministère qui est responsable du traitement des demandes de passeport et des bureaux de Service Canada a déboursé 14 174 744 $ au cours de cette période, indique à Radio-Canada sa porte-parole Maja Stefanovska.

Selon elle, ce sont 3476 employés qui ont été rémunérés pour des heures supplémentaires entre juin et décembre. Mais, précise-t-elle, ces employés ne sont pas tous des employés du Programme de passeport, puisque d’autres directions générales d’EDSC ont été appelées à contribuer aux efforts.

Des passeports canadiens dont on voit la couverture.

Depuis le mois d'octobre, les demandes de passeports sont traitées selon les normes de service qui s'appliquaient avant la pandémie, mais de nombreuses personnes qui ont présenté leur demande avant ce moment ont continué à faire face à de longs délais.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Elle tient également à préciser que le Programme de passeport fonctionne selon le principe du recouvrement des coûts par l’entremise d'un fonds renouvelable, finançant ainsi toutes ses opérations à partir des frais facturés pour les services de passeport et d'autres documents de voyage.

« Les heures supplémentaires sont une solution parmi plusieurs pour répondre à la demande significative de services de passeports. Le temps supplémentaire est et continuera à être ouvert pour les employés qui contribuent au Programme de passeport. »

— Une citation de  Maja Stefanovska, porte-parole d’Emploi et Développement social Canada

Au pic de la crise, en juin dernier, plusieurs personnes ont dû camper devant les bureaux de Service Canada, parfois pendant des jours, en attente de pouvoir récupérer leur passeport. À Trois-Rivières comme dans d’autres villes au pays, des personnes ont dû parcourir des centaines de kilomètres pour aller chercher d’urgence leur passeport à Montréal ou à Québec.

L'arriéré de demandes de passeports « presque éliminé »

Le volume élevé de demandes, combiné aux mesures de santé et de sécurité en place, a entraîné un arriéré qui a dépassé notre capacité de traitement dans les limites prévues par les normes de service, explique Mme Stefanovska.

Depuis, le ministère a augmenté ses effectifs, simplifié les processus, élargi l'accès aux services de passeport dans tout le pays et mis en place un système de triage amélioré afin de fournir une approche spécifique aux clients en donnant la priorité aux personnes ayant des besoins urgents en matière de voyage, rappelle-t-elle.

Mme Gould lors d'une conférence de presse.

La ministre fédérale du Développement international, Karina Gould

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Depuis le mois d'octobre, les demandes de passeports sont traitées selon les normes de service qui s'appliquaient avant la pandémie, mais de nombreuses personnes qui ont présenté leur demande avant ce moment ont continué à faire face à de longs délais.

Mardi, la ministre du Développement social, Karina Gould, a affirmé que l'arriéré de demandes de passeports est presque éliminé et que 98 % des demandes qui s'étaient accumulées ont maintenant été traitées.

Plus de demandes prévues en 2023

Au cours des deux premières années de la pandémie, le nombre de demandes de passeport ne représentait que 20 % du volume habituel, ce qui signifie que trois millions de Canadiens de moins ont renouvelé leur passeport ou présenté une demande, indique à Radio-Canada Mme Stefanovska.

Elle estime par ailleurs que la forte demande pour les passeports persistera jusqu’en 2023, d’autant plus que les premiers passeports valides pour 10 ans qui ont été émis en juillet 2013 viendront à échéance cette année.

Selon Mme Stefanovska, le volume total de demandes de passeport prévu pour 2022-2023 est maintenant de 4,3 millions, soit 2 millions de plus que la normale.

« Toutes les mesures prises pour remédier aux arriérés causés par la pandémie ne sont pas temporaires, mais continueront d’être exploitées au besoin. »

— Une citation de  Maja Stefanovska, porte-parole d’Emploi et Développement social Canada

Selon l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), le syndicat représentant les fonctionnaires, plusieurs employés de l’Agence du revenu du Canada et de Service Canada ont été appelés à travailler dans d’autres ministères durant la pandémie.

Des gens font la file dans un bureau de Service Canada.

Depuis le mois d'octobre, les demandes de passeports sont traitées selon les normes de service qui s'appliquaient avant la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Plusieurs de ces employés n’ont pas été remplacés [...] certains sont restés dans leur nouveau poste [...] donc on manquait de personnel au début de l’été 2021, affirme Yvon Barrière, vice-président exécutif régional de l’AFPC.

Ainsi, entre mai et septembre, certains employés ont travaillé plus de 12 heures et 16 heures par jour. Les gens allaient au bureau à 7 h du matin et restaient jusqu’à 1 h du matin, explique à Radio-Canada M. Barrière.

Selon lui, les heures supplémentaires ne sont pas obligatoires, mais les agents du Programme des passeports se sont relevé les manches et ont vraiment bien travaillé pour offrir un bon service aux citoyens et compenser les retards.

Parce que s’ils avaient travaillé 37 heures et demie par semaine, on en serait encore là aujourd’hui. Il n’y aurait pas grand nombre d’avions qui auraient décollé de Montréal ou de Toronto, conclut-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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