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Legault dirige un « gouvernement d’échecs », affirme le chef libéral par intérim

Marc Tanguay en point de presse.

Le chef par intérim du Parti libéral du Québec et chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec, Marc Tanguay, a rencontré les journalistes en marge du caucus de sa formation politique, qui sert à préparer la prochaine session parlementaire.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

L'opposition officielle à Québec entend bien talonner le gouvernement de François Legault au sujet de certaines priorités. Réuni à Lac-Beauport mardi, le caucus libéral en a établi trois : l'économie, la pénurie de main-d'œuvre et les missions essentielles de l'État.

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec (PLQ), Marc Tanguay, a ainsi entamé trois jours de discussions avec les 18 autres députés libéraux à une semaine de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale.

Pour le chef libéral, le gouvernement Legault ne parvient pas à remplir ses missions essentielles, notamment la santé, la justice et les services de garde.

« François Legault dit que c'est un gouvernement de résultats. Ce n'est pas vrai : c'est un gouvernement d'échecs. »

— Une citation de  Marc Tanguay, chef par intérim du Parti libéral du Québec

M. Tanguay affirme que l'économie sera au cœur des interventions que feront les députés libéraux en Chambre. Les régions, dit-il, souffrent grandement de la pénurie de main-d'œuvre.

Les questions sur l'avenir énergétique du Québec feront aussi partie des priorités de l'opposition officielle, poursuit le chef libéral, qui réitère sa demande d'une consultation nationale à ce sujet.

Marc Tanguay laisse entendre que la vision de François Legault en matière de développement énergétique manque de clarté.

Il rappelle que le gouvernement Legault avait annoncé des investissements de 100 millions de dollars d'ici 2026 pour déployer sa première stratégie en matière d’hydrogène vert et de bioénergies.

Toutefois, malgré cet engagement, dit le chef intérimaire du PLQ, François Legault ne semble pas trop croire à ça, l'hydrogène vert.

Confiant en vue de la partielle

À l'approche de la reprise des travaux en Chambre, les députés libéraux doivent aussi resserrer les rangs après un automne difficile marqué par la démission de leur cheffe, Dominique Anglade.

Une élection partielle sera organisée à une date encore indéterminée dans la circonscription montréalaise de Saint-Henri–Sainte-Anne, laissée vacante par Mme Anglade. Il reste au PLQ à y présenter un candidat.

Le PLQ nie avoir pris du retard à l'approche de ce scrutin et Marc Tanguay assure que le processus de sélection d'un candidat est bien enclenché.

Tout en affirmant ne pas douter de la victoire des libéraux dans cette circonscription montréalaise, il rappelle que Dominique Anglade y a été députée pendant sept ans, soit de 2015 à 2022.

Gros plan de Dominique Anglade durant une conférence de presse.

Dominique Anglade a démissionné comme cheffe du PLQ et comme députée après la défaite historique de son parti aux élections d'octobre 2022.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aux dernières élections dans Saint-Henri–Sainte-Anne, Mme Anglade a remporté 36 % des voix, contre près de 28 % pour Québec solidaire (QS), près de 18 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ) et près de 9 % pour le Parti québécois (PQ).

QS a récemment affirmé qu'il allait déployer tous les efforts pour faire élire son candidat, l'avocat Guillaume Cliche-Rivard, qui a déjà commencé à faire campagne.

M. Tanguay a décoché une flèche au parti de Gabriel Nadeau-Dubois, l'accusant de tenir un double discours sur la défense des droits et libertés. QS a voté en faveur de la loi 96 destinée à renforcer la protection du français, a-t-il rappelé.

Recours abusif à la disposition de dérogation

Pour se protéger des contestations judiciaires, la loi 96 comporte une disposition de dérogation qui s'applique à l'ensemble de la loi, comme c'était le cas avec la Loi sur la laïcité de l'État, aussi appelée loi 21.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a manifesté l'intention de s'adresser à la Cour suprême pour encadrer davantage l'usage de la disposition de dérogation.

Il n'y a pas de raison d'être surpris de cette intention du fédéral, affirme Marc Tanguay, pour qui le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) recourt à la disposition de dérogation de manière excessive et déraisonnable.

Le chef libéral reproche à François Legault de l'utiliser de manière préventive, pour tous les articles [de la loi], avant même qu'il y ait eu un débat.

Marc Tanguay se refuse toutefois à conclure qu'il se range de facto du côté de Justin Trudeau dans cette affaire : En matière de droits et libertés, il y a toujours eu un rééquilibrage de nos tribunaux.

Portrait de Simon Jolin-Barrette debout devant des drapeaux du Québec.

Simon Jolin-Barrette est le père de la loi 96 et ministre sortant responsable de la langue française.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Et le chef libéral enchaîne en décochant une flèche à son très, très bon ami [le ministre de la Justice] Simon Jolin-Barrette, qui a une façon de faire de la politique qui n'est pas la mienne.

Pour M. Tanguay, il est inconcevable que, pour légiférer, le ministre de la Justice ait utilisé la disposition dérogatoire pour faire avancer le projet de loi 96, qui est devenu la Loi sur la langue officielle et commune du Québec.

Certes, il importe de faire avancer cet objectif important qu'est l'épanouissement du français, reconnaît Marc Tanguay. Mais on peut le faire sans tasser l'entièreté des droits et libertés de tous les Québécois. À cet égard, MM. Legault et Jolin-Barrette pensent pareil, dit-il.

Du même souffle, le chef intérimaire du PLQ reproche à Simon Jolin-Barrette de s'être engagé dans un bras de fer avec la juge en chef de la Cour du Québec, Lucie Rondeau.

« Je ne peux pas concevoir qu'un ministre de la Justice se chicane avec la juge en chef de la Cour du Québec. »

— Une citation de  Marc Tanguay, chef par intérim du Parti libéral du Québec

Dans ce différend qui porte sur la réorganisation du travail des juges, Québec et la juge Rondeau se sont entendus pour s'en remettre à un facilitateur, qui a été nommé il y a quelques jours.

Qui dirigera le PLQ?

En plus de devoir fourbir ses armes en vue des travaux parlementaires, le Parti libéral du Québec doit également se préparer à une éventuelle course à la direction.

Lors du scrutin du 3 octobre dernier, le PLQ a récolté 14 % des voix, soit moins que Québec solidaire et que le Parti québécois pris individuellement. Marc Tanguay reconnaît que son parti n'a que deux députés en région et cite à ce sujet les circonscriptions de Pontiac et de la Montérégie [La Pinière, qui englobe la ville de Brossard, NDLR].

Cependant, M. Tanguay assure que pour le moment, cette course à la direction qui pointe à l'horizon n'accapare pas les discussions au sein de son caucus. Ses troupes, promet-il, vont talonner le gouvernement Legault de façon constructive et proposer des solutions aux problèmes qui préoccupent la population québécoise.

Avec les informations de La Presse canadienne

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