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Bruno Marchand veut un TGV entre Québec et Toronto

Les TGV (trains à grande vitesse) français changent de nom pour InOui.

Le gouvernement fédéral en est actuellement aux étapes de conception et de planification du projet de TGF qui reliera Toronto et Québec.

Photo : iStock

Le maire de Québec, Bruno Marchand, estime que le gouvernement fédéral devrait envisager un projet de train à grande vitesse (TGV) plutôt qu’un train à grande fréquence (TGF), comme le suggère le géant français Alstom.

En conférence de presse mardi, Bruno Marchand a été catégorique. Il dit vouloir convaincre le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, d’opter pour le TGV.

Ça fait des mois que j'ai des discussions avec des ministres fédéraux. Ma position, c'est un TGV pour des raisons évidemment de capacité, de transporter des gens avec une durée moindre et de favoriser un transfert modal des gens qui se déplacent dans un corridor Québec-Kingston. Dès que j'aurai l’occasion d'en parler avec Justin Trudeau, je vais le faire, soutient-il.

Rappelons que le gouvernement fédéral en est actuellement aux étapes de conception et de planification du projet de TGF qui reliera Toronto et Québec.

Le ministre provincial responsable des Infrastructures et de la région de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien, émet toutefois des doutes quant à la faisabilité d’un TGV.

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien, aux côtés du maire de Québec, Bruno Marchand de profil.

Le ministre responsable de la Capitale-Nationale, Jonatan Julien, est assis à côté du maire de Québec, Bruno Marchand. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Le TGV est intéressant pour ce qu'il procure, des déplacements plus rapides, mais il y a des enjeux techniques sur la faisabilité, des enjeux de coûts. Si par magie on pouvait le faire, je trouverais ça très intéressant, a-t-il déclaré, un sourire en coin.

En entrevue à Radio-Canada, le président et chef de la direction d’Alstom pour la région Amériques, Michael Keroullé, a confirmé l’information qu’il avait d’abord confiée au Journal de Montréal.

Ottawa ferme la porte

Dans une réponse écrite du cabinet du ministre fédéral des Transports, Ottawa a rapidement fermé la porte à la proposition de TGV d'Alstom.

Le train à grande fréquence transformera le service ferroviaire pour les voyageurs au Canada grâce à la création d’un service plus rapide, fréquent, accessible et durable dans les grands centres de Québec, Trois-Rivières, Montréal, Ottawa, Peterborough et Toronto, peut-on lire.

« À l’automne dernier, le ministre Alghabra a annoncé le lancement de la demande de déclaration d’intérêt sollicitant les conseils et les points de vue de l’industrie sur le projet de train à grande fréquence. Nous sommes ravis que le marché s’intéresse à ce projet et que le gouvernement ait reçu plus de 50 réponses des parties intéressées. »

— Une citation de  Cabinet du ministre des Transports, Omar Alghabra
Omar Alghabra porte des lunettes et parle dans un micro.

Omar Alghabra est le ministre fédéral des Transports.

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Ottawa ajoute que le processus pour l'implantation d'un TGF suit son cours. Un conseil d'administration est d'ailleurs en cours d'élaboration.

La prochaine étape du processus d’approvisionnement, soit la demande de qualifications, devrait commencer dans les prochaines semaines. En décembre dernier, le ministre Alghabra a aussi annoncé l’établissement de VIA HFR — VIA TGF Inc. (VIA TGF) pour gérer l’élaboration du nouveau projet de train à grande fréquence, et les nominations des trois premiers administrateurs du conseil. Le 18 janvier dernier, le ministre Alghabra a assisté à la première réunion du conseil d’administration de VIA TGF à Montréal, écrit l'équipe du ministre.

TGV c. TGF

La vitesse moyenne d’un TGV est de 320 km/h. Le TGF circulera plutôt à 200 km/h. Quant aux trains de passagers actuels, ils sont limités à 160 km/h en raison du partage des voies avec les trains de marchandises.

Michael Keroullé estime que toutes les conditions sont réunies pour qu’un TGV soit une réussite au Canada et avoir senti une certaine ouverture de la part du gouvernement de Justin Trudeau d’intégrer la vitesse à son projet.

On souhaite apporter de l’eau à ce moulin. La vitesse est un atout majeur qui va augmenter l’achalandage, augmenter le transfert modal entre la voiture et le train, et qui aura les bénéfices d’augmenter la rentabilité du projet et diminuer l’impact environnemental du transport entre deux métropoles comme Montréal et Toronto, affirme le représentant d'Alstom.

Selon le chargé de cours en planification des transports urbains à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université de Montréal, Pierre Barrieau, la différence de coûts entre un TGF et un TGV est notable.

Pour un TGF, on est probablement rendu, avec l’inflation et la rareté en construction, à environ 16 milliards de dollars, alors que pour un TGV on parle de 50 à 100 milliards de dollars, soutient-il.

Cette information a été infirmée par Alstom, qui ne précise pas d’autres montants.

Avec les informations d'Amélie Desmarais

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