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Des parents réclament plus de sécurité pour les enfants aux abords des écoles

Des enfants et des adultes manifestent devant l'école des Berges, l'hiver.

Une marche était organisée aux abords de l'école des Berges au centre-ville de Québec.

Photo : Radio-Canada

Des centaines de parents de plusieurs régions du Québec ont manifesté mardi matin aux abords d’écoles primaires. Ils réclament une plus grande sécurité pour les enfants qui marchent pour se rendre à l’école.

Des parents mais aussi des enseignants et des élus se sont réunis simultanément autour de dizaines d’écoles de villes comme Montréal, Sherbrooke, Gatineau et Québec.

Des parents manifestent devant une école pour la sécurité routière.

Des parents se mobilisent pour la sécurité routière près des écoles, devant l'École Jean-de-Brébeuf dans le quartier de Val-Tétreau, à Gatineau, le 24 janvier 2023.

Photo : Radio-Canada / Stephane Leclerc

À Québec, une cinquantaine de parents ont marché avec leurs enfants jusqu’à l’école primaire des Berges, dans Saint-Roch, un quartier du centre-ville.

Mobilisation sur la sécurité piétonne autour des écoles du Québec

ÉMISSION ICI PREMIÈRE • Première heure

Des enfants et des adultes manifestent devant l'école Les Berges, l'hiver.

Il y a de l'insécurité aux abords des écoles partout au Québec. Il faut être capable d'envoyer nos enfants à l'école sans avoir peur qu'ils se fassent frapper. J'habite à 200 mètres de l'école et jamais je n'enverrais mes enfants à pied. Ça roule vite, des gens brûlent des stops, des lumières, raconte la coorganisatrice de cette marche, Annie Mathieu.

Un piéton traverse la rue. En bordure de la rue, des passants ont déposé des fleurs.

Un piéton traverse la rue à l'intersection où Mariia Legenkovska a été frappée mortellement le 13 décembre 2022. Des fleurs ont été déposées en bordure de la rue par des passants.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Pas d'autre Mariia

La petite Mariia Legenkovska, 7 ans, était sur toutes les lèvres à la manifestation de Saint-Roch. Les parents veulent éviter qu'un autre enfant ne subisse le même sort qu'elle. La fillette est morte, en décembre dernier, happée par une voiture, alors qu’elle marchait pour se rendre à l’école dans l’arrondissement de Ville-Marie, à Montréal.

C'est très difficile de se faire entendre. On a des parents qui ont écrit des lettres, qui ont fait des mobilisations, des campagnes sur des panneaux publicitaires, des vidéos sur Facebook, mais il y avait très peu d'écoute. On espère des actions en montrant que cette insécurité est partagée, clame la vice-présidente du conseil d’établissement de l’école des Berges, Vicky Plourde.

Aménagements réclamés

Les parents réclament des aménagements urbains aux abords des écoles, pour forcer les automobilistes à ralentir. La simple signalisation ne semble pas suffisante, dans bien des secteurs.

Les urbanistes le disent depuis longtemps. Quand on a des voies qui sont larges, la vision dégagée, ça incite à faire de la vitesse. Aussitôt qu'on a des obstacles, on est portés à ralentir. Des obstacles, des trottoirs qui continuent pour éviter que le piéton ne descende dans la rue. Il faut vraiment indiquer que la priorité est aux piétons, ajoute Vicky Plourde.

Une main gantée brandissant un panneau «Arrêt dans une rue», en hiver.

Régulièrement, des brigadiers à Québec sont témoins de violations au code de la sécurité routière.

Photo : Radio-Canada

À Québec, la Ville compte réaménager les corridors autour de toutes les écoles. 

Comme conseillers municipaux, la sécurité routière autour des écoles, c'est la question dont on se fait le plus parler. Dans tous les quartiers, c'est vraiment important pour les gens, indique le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Claude Villeneuve.

La sécurité routière en zone scolaire fait aussi partie des priorités du maire, Bruno Marchand. Il en a d’ailleurs été question lors de sa visite à Paris, en novembre dernier.

Une rue piétonne près d'une école de Paris avec des enfants qui marchent.

L'adjoint du maire de Paris, David Belliard a montré au maire de Québec l'aménagement d'une rue près d'une école convertie en corridor sécuritaire pour les élèves. (Photo d'archives)

Photo :  (Twitter ) / David Belliard

Jusqu’à maintenant, 55 corridors ont été modifiés. Claude Villeneuve approuve l’initiative, mais croit qu’il faut des actions plus rapides.

Il y a une stratégie de sécurité routière à Québec, où on est en train de refaire tous les corridors scolaires autour des 115 écoles de la ville, mais l'école des Berges, par exemple, est prévue seulement pour 2025. Ça prend des aménagements temporaires, plus immédiats, lance-t-il.

Le vice-président du comité exécutif et conseiller des quartiers Saint-Roch et Saint-Sauveur, Pierre-Luc Lachance, dit comprendre cette impatience. Il assure que la Ville agit.

Oui, ça prend du temps pour changer la configuration d'une ville, refaire des trottoirs, surélever des intersections. Il faut des moyens physiques. On travaille aussi avec le gouvernement du Québec. On souhaiterait pouvoir installer des radars photo dans les zones scolaires, mentionne-t-il.

Étienne Grandmont marche sur une rue de Québec avec une femme et un enfant.

Le député de Taschereau, Étienne Grandmont, participe à une marche pour la sécurité routière aux abords des écoles.

Photo : Radio-Canada / Colin Côté-Paulette

Pouvoirs provinciaux

Le député de Québec solidaire, Étienne Grandmont, croit lui aussi que le gouvernement du Québec a un rôle à jouer, notamment en modifiant le Code de la sécurité routière.

On peut avoir une amende plus importante si on ne respecte pas un péage que si on ne respecte pas un passage piétonnier. C’est profondément immoral et ça pourrait être modifié. Les normes de conception des rues pourraient aussi être revues et ça fait partie des pouvoirs provinciaux, rappelle-t-il.

Des organisateurs de manifestations à Québec ont dénoncé l’absence de représentants de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Je n'ai pas eu de réponse du gouvernement, de la CAQ. On ne sait pas s'ils nous écoutent. On l'espère, mentionne Annie Mathieu.

Ce n'est pas normal que des enfants risquent leur vie pour aller étudier à l'école. En tant que député, je pense que la CAQ pourrait en faire beaucoup plus pour sécuriser les écoles. Leur absence en dit long sur leur intérêt à régler le problème, ajoute Étienne Grandmont.

Panneau de signalisation indiquant une limite de vitesse de 30 km/h dans une zone scolaire.

Panneau de signalisation indiquant une limite de vitesse de 30 km/h dans une zone scolaire.

Photo : iStock

Responsabilité parentale

Une partie de la responsabilité incombe aussi aux parents.

Dans les zones scolaires, la majorité des gens qui y circulent sont les parents. Le non-respect des règles de sécurité routière dans les zones scolaires, c'est parfois aussi les parents, rappelle la vice-présidente du comité exécutif à la Ville de Québec, Marie-Josée Asselin.

Pierre-Luc Lachance indique que des annonces seront faites au cours des prochaines semaines concernant la sécurité routière dans la capitale.

Avec la collaboration de Colin Côté-Paulette.

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