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Des indicateurs « préoccupants » quant à la santé du transport aérien régional

Un avion de la compagnie Pascan se pose sur la piste de l'aéroport de Mont-Joli.

La question de la pertinence du PAAR a été relancée lorsque les compagnies aériennes ont suspendu les liaisons directes Mont-Joli–Montréal. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

La suspension des vols directs entre Montréal et Mont-Joli ainsi que la pertinence du Programme d’accès aérien aux régions (PAAR), qui offre des billets à 500 $, ont suscité des questionnements ces derniers jours quant à l'état du transport aérien régional.

Le député de René-Lévesque, Yves Montigny, responsable du volet du transport aérien régional pour la Coalition avenir Québec (CAQ), reconnaît que le programme de billets à 500 $ n’est pas bien adapté à toutes les régions.

 On constate vraiment que le programme qu’on a mis en place, présentement, il fait l’affaire pour différentes liaisons, mais il ne s’adapte pas à n’importe quelle situation , admet-il.

« On est actuellement en train de consulter les différents partenaires et Mont-Joli en fait partie. Baie-Comeau en fait aussi partie. »

— Une citation de  Yves Montigny, député de René-Lévesque et responsable du volet du transport aérien régional pour la CAQ
Yves Montigny sourit pour une photo à l'extérieur l'hiver.

Le député de René-Lévesque, Yves Montigny, est responsable du volet du transport aérien régional pour la Coalition avenir Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Annoncé en mai dernier, ce programme devait régler les problèmes des dessertes aériennes régionales, mais nombreux sont les élus et les représentants d’organisations à le critiquer.

Sortir Régionair des cartons

Malgré les intentions politiques en matière de transport régional, le président du conseil d’administration de la Régie intermunicipale de l’aéroport de Mont-Joli, Bruno Paradis, fait remarquer une perte de services aériens régionaux.

 Les gens en région s’attendent à avoir un certain service pour ce qui est des dessertes aériennes , affirme-t-il.

Bruno Paradis devant l'aéroport de Mont-Joli.

Bruno Paradis, président de la Régie intermunicipale de l’aéroport régional de Mont-Joli. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

En ce sens, Bruno Paradis souhaite relancer le projet Régionair. Ce projet de dessertes aériennes soutenu par des MRC et par des municipalités avait été élaboré à la suite de l’abandon de dessertes aériennes régionales par Air Canada au début de la pandémie.

Le gouvernement a plutôt choisi d’annoncer un programme de billets d’avion à un prix maximal de 500 $. La direction de l’aéroport de Mont-Joli avait alors mis le projet Régionair sur la glace, mais la suspension de la liaison aérienne directe entre Montréal et Mont-Joli vient changer la donne.

Bruno Paradis, qui avait soutenu la création du PAAR lors de l’annonce de mai dernier, convient maintenant que ce programme ne répond pas aux besoins.

 On s’est dit qu’on allait laisser la chance au coureur, mais après 10 mois, on parlait d’à peu près 90 billets vendus [dans le cadre du PAAR] sur près de 50 000 billets à Mont-Joli. C’est quand même dérisoire, comme nombre , constate M. Paradis.

« Ça ne répond pas aux besoins qui avaient été clairement évoqués. Ce n’est pas pour une clientèle touristique qu’on veut avoir des vols, c’est pour la clientèle d’affaires, pour les gens de l’Est-du-Québec qui souhaitent se rendre sur Montréal avec un vol direct chaque jour. »

— Une citation de  Bruno Paradis, président du conseil d’administration de la Régie intermunicipale de l’aéroport de Mont-Joli

Selon les données les plus récentes du ministère des Transports (MTQ), 323 billets aller-retour ont été vendus dans le cadre du PAAR pour Mont-Joli au cours de la période du 1er juin au 31 décembre 2022.

Selon le ministère des Transports, environ 98 800 billets aller-retour sont offerts annuellement grâce à ce programme.

Nombre de billets d’avion à 500 $ vendus du 1er juin au 31 décembre 2022

Ville

Nombre de billets aller-retour

Îles-de-la-Madeleine

6734

Sept-Îles

3804

Fermont

3343

Gaspé

1895

Schefferville

520

Bonaventure

501

Baie-Comeau

397

Mont-Joli

323

Natashquan

210

Tête-à-la-Baleine

80

Le regroupement bas-laurentien à l’origine de Régionair prévoit remettre à jour le plan d’affaires du projet et, par la suite, rencontrer les gouvernements dans le but de le lancer.

En 2020, on estimait les subventions gouvernementales pour le lancement de ce projet à 20 millions de dollars. On prévoyait que ce programme serait rentable après trois ans.

Yves Montigny ne s’avance pas sur la question d’un éventuel retour du projet Régionair.

 On veut susciter l’adhésion et l’engagement des compagnies aériennes et des aéroports pour mettre en place des solutions qui vont améliorer la mobilité citoyenne sur le territoire, alors on ne peut pas prendre position pour une seule entreprise, parce qu’il faut permettre aux entreprises qui le souhaitent d’avoir accès aux liaisons , précise-t-il.

M. Montigny promet toutefois de se pencher sur la question de l’efficacité du PAAR. Une rencontre sur les problèmes des dessertes aériens régionales à ce sujet est prévue mardi avec le comité sur le transport aérien de l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Députée de Rimouski et ministre responsable du Bas-Saint-Laurent et de la région Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, Maïté Blanchette Vézina qualifie l’absence de liaisons directes entre Montréal et Mont-Joli de situation regrettable  et s’en remet à son collègue Yves Montigny quant à la gestion de ce dossier.

 Notre gouvernement continuera de mettre en place des mesures afin d’inciter les entreprises à offrir aux Québécois des moyens de se rendre en région , a-t-elle mentionné dans une déclaration écrite.

Montréal–Mont-Joli : une question d’offre et de demande

L’offre et la demande auraient poussé PAL Airlines à modifier les liaisons aériennes entre Montréal et Mont-Joli, selon le vice-président des activités commerciales au Québec de la compagnie PAL Airlines, Alain Boudreau.

Depuis le mois de novembre, les liaisons aériennes directes entre ces deux villes n’existent plus. Les passagers doivent faire des détours et des escales, notamment à Wabush, plus au nord (près de Fermont), ce qui rallonge le trajet de quelques heures.

Invoquant des raisons stratégiques pour l’entreprise, M. Boudreau refuse de préciser si la desserte était rentable ou non. Le dirigeant de PAL Airlines ajoute qu’il y a fréquemment des modifications aux horaires. Il n’exclut pas que les vols directs entre Mont-Joli et Montréal soient rétablis.

 On fait des ajustements [...] à notre horaire pour jumeler la capacité de l’offre à la demande qu’on voit dans les régions , indique-t-il.

« Il n’est pas dit que c’est permanent non plus. Il se peut que dans un avenir rapproché tout indicateur nous pointe vers un retour. »

— Une citation de  Alain Boudreau, vice-président des acticités commerciales au Québec de PAL Airlines

M. Boudreau n’a quant à lui pas voulu commenter le PAAR, mais il soutient cependant que ce programme est utilisé par sa clientèle.

Avec les informations de Jean-François Deschênes

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