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25 employés du CISSS-AT devront reprendre l’examen de l’Ordre des infirmières

Deux infirmières discutent à l'hôpital.

Les candidates à l'exercice de la profession infirmière peuvent continuer à travailler au sein du CISSS-AT, mais avec certaines restrictions, notamment quant aux prises de décisions. (Photo d'archives)

Photo : iStock

Ce sont 25 employés du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) qui devront reprendre leur examen de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

La semaine dernière, le commissaire à l'admission aux professions a recommandé, dans un rapport préliminaire, de reporter le prochain examen de l'Ordre en raison d'un taux d'échec anormalement élevé lors de la dernière évaluation.

Le CISSS-AT ne veut pas prendre position sur cet éventuel report, mais Sarah Charbonneau, responsable des communications, a répondu par courriel que l'organisation souhaite fournir un accompagnement supplémentaire aux candidates et candidas à l'exercice de la profession infirmière (CEPI) qui en ont besoin.

Ces CEPI peuvent continuer à travailler au sein du CISSS-AT, mais avec certaines restrictions, notamment quant aux prises de décisions.

Le Cégep demande des comptes

Le taux d’échec disproportionné au plus récent examen de l’OIIQ préoccupe Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. Il craint que cette situation n'influe sur les soins offerts dans la région.

L'entrée principale du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue à Val-d'Or.

Le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, campus de Val-d'Or (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Deux mois plus tard, la poussière n’est toujours pas retombée : des intervenants de la région continuent de se surprendre du faible taux de réussite enregistré au dernier examen d’entrée dans la profession infirmière.

Rappelons que celui-ci s’élève à 51,4 %, l’un des taux les plus faibles recensés à ce jour. C’est donc dire qu’une étudiante sur deux n’a pas réussi à entrer dans la profession à son premier essai, l’automne dernier.

Pour les étudiantes en soins infirmiers du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, ce taux oscille plutôt dans les 40 %, souligne M. Blais.

C’est préoccupant, mais il ne s’agit pas d’une situation isolée. Elle touche l’ensemble du Québec et autant les candidates collégiales qu'universitaires, tempère-t-il.

Difficile à expliquer

Sylvain Blais dans le studio de Radio-Canada à Rouyn-Noranda.

Sylvain Blais est le directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Et Sylvain Blais peine à expliquer cette situation. D’autant plus que la région obtenait jusqu’ici des taux de réussite avoisinant les 85 %. C’est un choc pour l'entièreté de la profession, répète-t-il.

Pas question toutefois de blâmer la qualité de la formation offerte aux étudiantes de la région. Il pointe plutôt du doigt la nature de l'examen.

Les étudiantes de l’Abitibi-Témiscamingue ont peu souffert de la pandémie en termes de formation, à l’exception de la pause de deux semaines imposée par le gouvernement à la mi-mars 2020. Nous avons privilégié l’accès des étudiantes à notre établissement, même si nous avons été contraints de dispenser des aspects de la formation à distance, indique M. Blais.

Sylvain Blais précise qu’aucun changement majeur n’a été apporté à l’offre de formation en soins infirmiers au Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

« L’ensemble du corps professoral se questionne pour comprendre ce que nous avons manqué. Est-ce que des compétences, aujourd’hui recherchées dans l’examen de l’Ordre, ont été moins couvertes par notre formation? Peut-être. Mais encore faut-il savoir de quoi l’examen est constitué. »

— Une citation de  Sylvain Blais, directeur général du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Préoccupé pour la qualité des services

M. Blais croit que de tels résultats peuvent influer sur l’état des soins de santé offerts en Abitibi-Témiscamingue.

Il admet toutefois qu’il n’est pas en position de bien mesurer cet impact dans la mesure où l’établissement qu’il dirige se consacre avant tout à former les infirmières de demain.

Je vous invite à poser la question au Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue, mais il est évident qu’une personne candidate à la profession ne peut pas exercer pleinement son métier d’infirmière, mentionne Sylvain Blais. Cela accentue assurément la difficulté de livrer les services dans toutes les unités de soins, partout en Abitibi-Témiscamingue.

Des comptes à l’OIIQ

Une lettre de résultat d'examen d'accréditation de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec.

Les résultats à l’examen de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) ont été très faibles partout au Québec. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

Le taux de réussite exceptionnellement bas de novembre dernier a mené le commissaire à l'admission aux professions, André Gariépy, à ouvrir une enquête pour en comprendre les causes.

Son rapport d’étape recommande plusieurs mesures urgentes, dont le report du prochain examen, prévu pour mars 2023.

Une recommandation accueillie avec parcimonie par M. Blais. Il espère toutefois que l’OIIQ dressera son propre bilan et en communiquera les résultats.

Le report pourrait avoir un certain sens, mais on ne "supporte" pas les candidates qui ont malheureusement échoué, nous allons nous retrouver dans la même situation. Si ce n’est pas en mars, ce sera en mai ou en juin. Il faut analyser cette situation et en comprendre les causes, avance-t-il.

C’est assurément à l’Ordre de dresser un bilan et, en toute transparence, de fournir l’analyse et les résultats de cette analyse, conclut Sylvain Blais.

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