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Mayo réclame plus de soutien devant la crise des opioïdes

Le panneau de bienvenue du village de Mayo sous la neige, le 9 janvier 2023.

Mayo est une petite communauté de 457 habitants au centre du Yukon et se trouve sur le territoire de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun.

Photo : Virginie Ann/CBC

Radio-Canada

De nombreux résidents de Mayo, à environ 400 kilomètres au nord de Whitehorse, dénoncent un manque de soutien et l'absence d'un centre de traitement pour les aider à faire face à la crise des opioïdes qui touche leur communauté.

Don Hutton se demande si son fils, Frank, qui s’est suicidé il y a plus d’un an, serait encore en vie s’il avait eu accès à de meilleurs services de santé à Mayo.

Mon fils a pris la décision de mettre une aiguille dans son bras, explique-t-il, en ajoutant qu’il ne l'aurait peut-être pas fait s’il avait pu s'adresser à un travailleur social en soutien mental.

« Nous ne le saurons jamais, mais en tant que père, je suis triste de ne pas avoir été en mesure de le protéger. J’ai pu le protéger de tout, sauf de lui-même. »

— Une citation de  Don Hutton

Ancien député de la circonscription de Mayo-Tatchun, M. Hutton a quitté le caucus libéral en 2021 en dénonçant le manque d’action du gouvernement dans la crise des opioïdes.

Don Hutton pose devant une photo de son fils et de son petit-fils dans sa maison de Mayo, le 11 janvier 2023.

Don Hutton a perdu son fils en 2021 et se demande souvent s'il serait toujours vivant s'il avait eu accès à des soins de santé mentale.

Photo : Virginie Ann/CBC

Cette demande survient alors que le gouvernement du Yukon souligne le premier anniversaire de la déclaration d’urgence de santé publique liée à la toxicomanie, mise en place pour contrer le nombre grandissant de décès dus aux surdoses.

Le gouvernement du Yukon a investi plus de 3,4 millions de dollars dans le soutien, la réduction des méfaits, les traitements et la sensibilisation afin d’intervenir face à l’urgence de santé publique, écrit la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Tracy-Anne McPhee.

Bien que [le gouvernement] et ses partenaires communautaires aient travaillé d’arrache-pied à élargir et à améliorer les services de santé mentale et de traitement de la toxicomanie sur le territoire, beaucoup de Yukonnaises et de Yukonnais ont encore des difficultés, et des drogues toxiques circulent toujours dans les collectivités, ajoute-t-elle.

À la mi-décembre, la coroner en chef du Yukon, Heather Jones, annonçait la mort de 25 personnes d’une surdose de drogues illicites en 2022, ce qui coïncide avec le nombre de décès pour l’année 2021.

L’année dernière, le Bureau du coroner a enquêté sur un décès lié à une surdose d'opioïde à Mayo, qui compte 457 habitants. Cependant, Heather Jones affirme que les données concernant les surdoses pourraient ne pas refléter la réalité sur place.

Je peux parler uniquement du nombre de décès qui ont fait l’objet d’une enquête par le Service de la coroner du Yukon, explique-t-elle en ajoutant que les données reflètent uniquement le lieu de la mort d’un individu et non sa communauté de résidence.

Une réalité différente dans la communauté

Actuellement, le village de Mayo ne dispose d'aucun programme ou centre de traitement pour les dépendances. Les gens doivent donc se rendre à Dawson, à un peu moins de trois heures de route, ou à Whitehorse, bien plus loin, pour obtenir des soins.

Selon le chef de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun, Simon Mervyn, le problème est devenu encore plus difficile à résoudre lorsqu’il a perdu son fils d’une surdose il y a deux ans.

Notre population meurt. Nos plus jeunes disparaissent rapidement… nous devons trouver une meilleure solution, dit-il en soulignant que, selon lui, la communauté ne peut plus se fier sur le gouvernement pour trouver une solution.

Le chef de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun, Simon Mervyn dans son bureau, le 11 janvier 2023.

Le chef de la Première Nation Na-Cho Nyäk Dun, Simon Mervyn, a également perdu un fils d'une surdose il y a quelques années.

Photo : Virginie Ann

Le maire de Mayo, Trevor Ellis, partage les inquiétudes du chef de la Première Nation et se demande comment mettre en place des services adaptés aux besoins uniques de la communauté.

Je pense que nous faisons face à une situation jamais vue avant [...] Ce n’est pas de l’alcoolisme ou une épidémie d’obésité. Ce que nous observons en ce moment est beaucoup plus puissant et ce sera difficile de s’en sortir, dit-il en ajoutant qu’il n’y a pas de solution rapide.

Le maire reconnaît les efforts déployés par le gouvernement pour sensibiliser la population aux questions liées aux opioïdes, mais, tout comme Simon Mervyn, il affirme qu’on n’en fait pas assez.

Je suis tout à fait d’accord avec l’approche préventive, mais pour ceux qui souffrent [de dépendances], je n'ai aucune idée de la manière de leur venir en aide, se désole-t-il.

D'après les informations de Virginie Ann

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