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Le Canada atteint pour la première fois sa cible d’immigration francophone hors Québec

Sean Fraser.

Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada, Sean Fraser, a annoncé que les cibles d'immigration francophone sont enfin atteintes. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / PATRICK DOYLE

En 2022, plus de 16 300 immigrants francophones se sont installés à l’extérieur du Québec. Cela représente 4,4 % des immigrants hors Québec et permet au pays d’atteindre pour la première fois la cible qu’il s’est fixée.

L’augmentation du nombre d’immigrants francophones qui choisissent de s’installer à l’extérieur du Québec est importante.

En 2006, on comptait 2800 admissions d'immigrants francophones à l’extérieur du Québec, ce qui représentait seulement 1,38 % des personnes admises.

Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, était lundi matin à l’École secondaire catholique Franco-Cité de Sturgeon Falls, dans le nord de l'Ontario, pour en faire l’annonce.

Nous avons atteint notre cible, il s’agit d’un moment important et cela reflète l’importance et la contribution des immigrants d’expression française à la vitalité et à l’épanouissement des communautés francophones hors Québec, a indiqué le ministre dans un communiqué.

Une cible souvent repoussée

La cible d’immigration francophone de 4,4 % a été établie en 2003. L’échéance initiale était en 2008, mais a été repoussée à plusieurs reprises. Elle n’avait jamais été atteinte avant cette année.

Dans un rapport publié en 2021, le commissaire aux langues officielles du Canada, Raymond Théberge, s’inquiétait du fait que le Canada n’avait jamais atteint ses buts en matière d’immigration francophone.

Il soulignait que ces échecs avaient contribué à diminuer le poids des francophones hors Québec au pays.

C’est d’ailleurs pour cette raison que la Fédération des communautés francophones et acadienne a demandé en avril que le Canada se dote d’une nouvelle cible à atteindre d’ici 2036. Selon l’organisme, le pays devrait accueillir 12 % d’immigrants francophones dès 2024 et 20 % d’ici 2036, s’il espère corriger le tir et limiter la baisse du poids démographique des francophones en situation minoritaire.

La population francophone en situation minoritaire du Canada, définie selon la langue maternelle et la première langue officielle parlée, représentait 4,4 % de la population en 2001 et 3,3 % de la population en 2021.

Le vice-président de la FCFA Yves-Gérard Méhou-Loko a comparé l’immigration francophone à l'ascension d’une montagne.

« Nous avons atteint aujourd’hui le premier camp de base. Visons le sommet, visons l’atteinte de ces objectifs. »

— Une citation de  Yves-Gérard Méhou-Loko, vice-président de la FCFA

À noter que le gouvernement fédéral ne suit pas les mouvements des immigrants francophones si ceux-ci décident de s’établir dans une autre communauté, au Québec par exemple, après leur arrivée au pays.

Un plan, mais pas de nouvelles cibles

Le ministre Sean Fraser ne s’est toutefois pas engagé à établir de nouvelles cibles d’immigration francophone hors Québec.

Sean Fraser.

Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Sean Fraser, était à l’École secondaire catholique Franco-Cité de Sturgeon Falls en Ontario, où il a donné une conférence de presse le 23 janvier 2023.

Photo : Radio-Canada / Chris Saint-Pierre

La prochaine étape n’est pas seulement une nouvelle cible, la prochaine étape demande un nouveau plan, a indiqué M. Fraser.

Selon lui, il ne serait pas possible pour le moment d’atteindre une cible d’immigration francophone de 12 %, puisqu’il n’y a pas suffisamment de candidatures.

Le ministre mise plutôt sur un plan robuste, établi en consultation avec les provinces et les organismes francophones, pour faire en sorte que des cibles plus ambitieuses soient atteintes.

Ottawa planche sur le projet de loi C-13 modifiant la Loi sur les langues officielles pour établir ses nouveaux objectifs et nouvelles cibles en matière d'immigration francophone. Le projet est actuellement à l’étape de l’examen et n’a toujours pas été adopté.

Au Nouveau-Brunswick, des résultats qui déçoivent

L’annonce de lundi a laissé pantois le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. Dans une publication sur la plateforme Twitter, Alexandre-Cédric Doucet est d'avis qu’Ottawa ne devrait pas se féliciter et que la province a besoin de plus d’autonomie.

Il ne faut pas féliciter un train qui arrive à l'heure. La cible du 4,4 % mène directement à des politiques d'immigration assimilatrices pour la communauté acadienne et francophone du N.-B. Le N.-B., comme province officiellement bilingue, a besoin de plus d'autonomie en immigration, écrit M. Doucet.

Questionné à ce sujet, le ministre Sean Fraser a indiqué que, d’après ses discussions avec plusieurs parties prenantes de l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick, il y avait une préférence pour continuer à travailler avec le système fédéral et provincial.

La députée libérale de la circonscription d’Orléans et secrétaire parlementaire du ministre, Marie-France Lalonde, a été plus directe.

Marie-France Lalonde en train de parler.

Marie-France Lalonde est la secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. (Photo d'archives)

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Quand on voit l’action du gouvernement du Nouveau-Brunswick concernant une décision au niveau de l’éducation, le gouvernement fédéral doit aussi protéger certains acquis. Il faut que la province démontre son profond engagement à protéger et améliorer les services en français, a-t-elle déclaré.

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