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L’Ukraine déplore « l’indécision » des Occidentaux sur les livraisons de chars lourds

Le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky devant le drapeau de son pays.

L'Ukraine réclame depuis des mois à l'Allemagne et aux Occidentaux la livraison de Leopard 2, des chars lourds de renommée mondiale. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / John Moore

Agence France-Presse

L'Ukraine a déploré samedi « l'indécision » des Occidentaux sur les livraisons de véhicules blindés, tandis que certains de ses alliés européens ont directement montré du doigt l'Allemagne, après son refus de livrer ses chars lourds Leopard à Kiev au moment où les Russes sont à l'offensive.

L'indécision de ces jours tue encore plus de nos concitoyens, a critiqué sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, un conseiller de la présidence ukrainienne, appelant les alliés de Kiev, réunis la veille à Ramstein, en Allemagne, à réfléchir plus vite.

Vous aiderez l'Ukraine avec les armes nécessaires de toute façon et réaliserez qu'il n'y a pas d'autre option pour mettre fin à la guerre, a-t-il plaidé, faisant écho à des propos similaires tenus la veille par le président Volodymyr Zelensky.

La pression monte sur Berlin après son hésitation à livrer ses chars Leopard 2 à l'Ukraine. Le feu vert de l'Allemagne était espéré par Kiev, qui dit avoir besoin de centaines de chars supplémentaires pour résister aux assauts des Russes, et pour reprendre l’offensive au printemps. Le nouveau ministre allemand de la Défense affirme qu'il n'est pas le seul à préconiser la prudence à ce stade-ci du conflit. Un reportage de Carla Oliveira.

Dans une rare critique publique, les trois ministres des Affaires étrangères des pays baltes ont de leur côté exhorté samedi matin Berlin à fournir dès maintenant des chars Leopard à l'Ukraine, plaidant la responsabilité particulière de l'Allemagne, première puissance européenne.

Les critiques directes envers Berlin sont également venues d'un sénateur républicain américain, Lindsey Graham, à l'issue d'une visite à Kiev vendredi.

J'en ai assez de ce cirque pour savoir qui va envoyer des chars et quand, a-t-il fustigé sur Twitter. Aux Allemands : envoyez des chars en Ukraine, car ils en ont besoin. [...] À l'administration Biden : envoyez des chars américains pour que d'autres suivent notre exemple.

Pas de décision pour les chars Leopard

Le chancelier Olaf Scholz debout devant un char recouvert de camouflage.

La pression s'est accentuée sur le chancelier allemand de Kiev à Davos, en passant par plusieurs capitales européennes, concernant la livraison des chars Leopard à l'Ukraine. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / David Hecker

À Ramstein, la cinquantaine de pays représentés ne se sont pas entendus vendredi sur l'envoi de chars lourds à Kiev, malgré les demandes répétées de l'Ukraine.

Cité par La Voix de l'Amérique, le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiy Reznikov, a toutefois indiqué que des soldats ukrainiens allaient s'entraîner prochainement sur des véhicules blindés allemands de modèle Leopard en Pologne : On va commencer avec ça, et on verra pour la suite, a-t-il déclaré.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a pour sa part temporisé, soulignant qu'il y avait toujours une fenêtre d'opportunité entre maintenant et le printemps pour livrer des chars occidentaux.

Selon la Russie, l'envoi de tels engins ne changerait rien sur le terrain, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov accusant les Occidentaux de vouloir entretenir l'illusion d'une possible victoire ukrainienne.

Notre         dossier Guerre en Ukraine

Les affrontements se poursuivent en Ukraine

Dans son bulletin matinal samedi, l'armée ukrainienne a indiqué avoir essuyé vendredi des tirs dans une dizaine de villages du sud du pays.

La ligne de contact entre les armées ukrainienne et russe dans la région de Zaporijia n'a en grande partie pas bougé depuis plusieurs mois et aucun combat majeur n'y a eu lieu, à l'inverse des régions de Kherson, jusqu'en novembre, et de Donetsk, épicentre actuel des affrontements.

Quant à l'armée russe, elle a affirmé avoir mené des opérations offensives dans la région de Zaporijia.

À la suite d'opérations offensives, les unités du district militaire oriental ont pris des lignes et des positions plus avantageuses, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué, sans donner plus de détails.

La veille, les autorités d'occupation russe avaient rapporté une forte hausse de l'intensité des affrontements dans cette région, sur toute la ligne de front.

Autour de Bakhmout, les combats restaient intenses vendredi entre armées ukrainienne et russe, celle-ci appuyée par le groupe paramilitaire Wagner, désigné vendredi comme une organisation criminelle internationale par les États-Unis.

Selon un haut responsable américain, l'Ukraine devrait toutefois se concentrer sur une contre-offensive d'envergure au printemps et non sur la défense de cette ville aujourd'hui largement ravagée et quasiment vidée de sa population.

Bakhmout est devenue un enjeu politique et un symbole majeur : Volodymyr Zelensky s'est rendu sur la ligne de front en décembre pour galvaniser ses troupes, tandis que la Russie aimerait annoncer un succès après une série de revers à l'automne.

À Kiev, le président Zelensky et la première dame de l'Ukraine Olena Zelenska, ainsi que de nombreux dirigeants ukrainiens, ont rendu samedi matin un dernier hommage au ministre de l'Intérieur, Denys Monastyrsky, décédé mercredi dans l'écrasement d'un hélicoptère avec 13 autres personnes.

Moscou mène des exercices antiaériens

La Russie a annoncé avoir mené des exercices de défense antiaérienne dans la région de Moscou pour protéger ses infrastructures essentielles en cas d'attaques aériennes.

Des exercices ont été organisés dans la région de Moscou, avec le personnel de la brigade de missiles antiaériens du district militaire occidental, pour repousser les attaques aériennes contre d'importantes infrastructures militaires, industrielles et administratives, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Selon le ministère, les soldats russes qui ont participé à ces entraînements se sont formés à l'utilisation de missiles antiaériens S-300.

Au total, plus de 150 soldats et plus de 30 pièces d'armes, d'équipements militaires et spéciaux ont participé à ces exercices, a indiqué la même source.

La Défense russe n'a toutefois pas précisé quand ces exercices avaient eu lieu.

À la question de savoir si la Russie craignait que Moscou soit une cible, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a refusé vendredi de répondre, renvoyant la question au ministère de la Défense.

La Russie a connu ces derniers mois plusieurs attaques imputées à l'Ukraine, qu'il s'agisse de sabotage ou de frappes aux drones et de tirs d'artillerie sur des régions frontalières.

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