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Le 22 janvier 1973, l’arrêt Roe c. Wade légalise l’avortement aux États-Unis

Cour suprême des États-Unis à Washington.

Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des États-Unis adopte l'arrêt Roe c. Wade qui légalise l'avortement dans l'Union américaine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 50 ans, la Cour suprême des États-Unis annonçait une décision qui constitue un tournant dans la vie sociale et politique américaine. L’adoption de l’arrêt Roe c. Wade rendait constitutionnelle la pratique de l’avortement à l’échelle nationale.

Une décision qui bouleverse la société américaine

Le 22 janvier 1973, la décision d'adopter Roe c. Wade par la Cour suprême américaine est un tournant dans l’histoire des États-Unis.

« Sept juges contre deux tranchent en faveur d’une interprétation de la Constitution où le droit à la vie privée d’une femme, qui souhaite se faire avorter, prime sur les droits des États [américains].  »

— Une citation de  Pasquale Harrison-Julien, Téléjournal, 3 mai 2022

Cette phrase tirée d'un reportage sur le contexte historique de l'arrêt Roe c. Wade de la journaliste Pasquale Harrison-Julien résume parfaitement la nature de la décision prise par les neuf juges de la Cour suprême américaine.

Reportage de la journaliste Pasquale Harrison-Julien sur le contexte historique de la décision d'adopter l'arrêt Roe c. Wade par la Cour suprême des États-Unis.

Revenons au tout début des années 1970.

Les États-Unis connaissent une révolution sociale.

Le mouvement de libération des femmes est en pleine effervescence.

Elles viennent d’obtenir le droit universel à la contraception.

Mais plusieurs Américaines revendiquent davantage.

Elles veulent notamment exercer le contrôle de leurs propres corps, ce qui implique d’avoir le mot final sur le fait d’avoir des enfants.

Or, à cette époque, le droit à l’avortement est interdit aux États-Unis.

En 1970, une jeune femme, Norma McCorvey, alias Jane Roe, désire interrompre sa grossesse.

Elle entreprend de contester, auprès du procureur de la ville de Dallas, Henry Wade, la constitutionnalité d’une loi antiavortement de l’État du Texas.

Dans un premier temps, Jane Roe perd sa cause.

Mais son dossier se retrouve en Cour suprême des États-Unis où la majorité des juges lui donnent raison.

Cette décision rend immédiatement constitutionnelle la pratique de l’avortement dans tout le territoire de l’Union américaine.

L’exemple de l’État de New York

La cause de Jane Roe à la Cour suprême a probablement été renforcée par l’établissement d’un précédent juridique qui a été adopté en 1971 dans l’État de New York.

Vue de nuit de Manhattan dans l'État de New York qui en 1971 a adopté une loi qui légalisait l'avortement sur son territoire.

Le 22 janvier 1973, la Cour suprême des États-Unis adopte l'arrêt Roe c Wade.

Photo : Shutterstock

Cette année-là, comme le rappelle cet extrait sonore du reportage de la journaliste Denise Bombardier présenté à l’émission Format 60 du 9 février 1971, les parlementaires de l’État de New York approuvent une législation qui légalise l’avortement sur l’ensemble de son territoire.

Michel Pelland anime cette édition du Format 60.

Le reportage de Denise Bombardier montre que la loi de l’État de New York est, à cette époque, parmi les plus libérales en Occident.

Beaucoup d’Américaines profitent par ailleurs de l’existence de cette loi pour se faire avorter légalement, et en toute sécurité, dans l’État de New York.

Les revirements de Jane Roe

C’est la stupéfaction dans les années 1990.

Jane Roe, emblème de la lutte pour la légalisation de l’avortement, exécute un virage à 180 degrés.

Convertie aux idées de la droite religieuse, elle devient une importante porte-parole de la coalition antiavortement.

Mais Jane Roe s’était-elle réellement ralliée à l’objectif du mouvement antiavortement pour invalider l’arrêt Roe c. Wade?

Reportage de la journaliste Tamara Altéresco sur un documentaire qui dévoile une révélation choc de Jane Roe.

En 2017, sur son lit de mort, comme le rapporte un reportage de la journaliste Tamara Altéresco au Téléjournal le 20 mai 2020, Jane Roe a livré une étonnante confession.

Céline Galipeau anime ce jour-là le Téléjournal.

Le mouvement antiavortement a soudoyé Jane Roe, avec de l’argent et des cadeaux, pour renier et combattre la cause dont elle avait été le symbole durant les années 1970 et 1980.

Cette révélation choc, dévoilée dans un documentaire sur le réseau de télévision FX Networks, provoque une commotion aux États-Unis.

La confession de Jane Roe place notamment sous le feu des projecteurs l’utilisation de stratégies peu orthodoxes du mouvement antiavortement pour faire annuler l’arrêt Roe c. Wade.

Le revirement de la Cour suprême

Le 24 juin 2022, dans un jugement partagé, la Cour suprême des États-Unis invalide l’arrêt Roe c. Wade.

Ainsi, il incombera maintenant aux États de légiférer afin d'interdire, de limiter ou d'autoriser l'avortement sur leurs territoires.

C’est le retour de la primauté du droit des 50 États américains — plusieurs farouchement opposés au droit à l’avortement — sur les droits des femmes, qu’entérine la Cour suprême.

Reportage de l'envoyée spéciale Valerie-Micaela Bain sur la décision de la Cour suprême des États-Unis d'invalider l'arrêt Roe c Wade.

Le reportage de notre envoyée spéciale à Washington, Valerie-Micaela Bain, présenté au Téléjournal le 24 juin 2022 et animé par Brigitte Bougie, montre que la décision de la Cour suprême jette de l’huile sur le feu dans le débat virulent qui existe sur l’accès à l’avortement aux États-Unis.

Ce que craignent les partisans pro-choix, c’est que la révocation de l’arrêt Roe c. Wade ne soit qu’une première étape dans le démantèlement des droits des minorités aux États-Unis.

La société américaine est profondément divisée sur la question de légaliser ou non l’avortement et occupe une place prépondérante dans la vie politique américaine.

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