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Itinérance et toxicomanie : Moncton a désespérément besoin d’un refuge mieux outillé

Pascal Landry est debout dehors à côté de grands sacs pleins de bouteilles et de cannettes.

Pascal Landry, 40 ans, passe la nuit dehors à Moncton sous une bâche. Durant le jour, il ramasse des bouteilles et des cannettes consignées pour financer sa consommation de drogue. Des intervenantes plaident pour qu'il y ait au moins un refuge où la consommation d’alcool et de drogue est permise et supervisée.

Photo : Radio-Canada / Vanessa Blanch

Radio-Canada

Des intervenantes jugent que le moment est venu pour que le Nouveau-Brunswick ouvre à Moncton un refuge pour sans-abris où la consommation d’alcool et de drogue est permise et supervisée de façon sécuritaire.

Des dizaines de sans-abris sont bannis des refuges actuels parce qu’ils y ont consommé de l’alcool ou de la drogue ou parce qu’ils ont un comportement perturbé par leur consommation ou par des problèmes de santé mentale.

L'un d'eux, Pascal Landry, passe souvent la nuit dehors sous une bâche avec une simple chandelle comme moyen de chauffage. Il dit que les refuges lui interdisent d'apporter ses effets personnels. Il devrait donc les laisser dehors et il craint de subir des vols. Il ajoute qu’il consomme quotidiennement de la méthamphétamine en cristaux.

Un homme de dos devant une tente et des chariots de supermarchés contenant des effets personnels.

Plusieurs personnes passent la nuit près des locaux de l'organisme Ensemble Moncton. Aucun des refuges pour sans-abris ne leur permet de consommer de la drogue ou de l'alcool sur les lieux.

Photo : Radio-Canada

Pascal Landry est l’une des personnes qui passent des nuits à l’extérieur des locaux d’Ensemble Moncton. L’organisme communautaire offre durant le jour un service de prévention des surdoses et d’échange sécuritaire de seringues.

Les refuges actuels ne répondent pas à tous les besoins

La directrice générale d’Ensemble Moncton, Debby Warren, espérait que le refuge d’urgence ouvert en décembre accepte ces personnes, mais ce n’est pas le cas.

Le nouveau refuge n’a pas encore répondu aux besoins des personnes que nous servons, affirme Mme Warren.

Ensemble Moncton plaidait pour que le nouveau refuge compte un service satellite de prévention des surdoses, mais on a manqué de temps pour l'organiser.

Debby Warren dit connaître un couple qui passe toutes les nuits devant les locaux d’Ensemble Moncton.

Debby Warren.

Debby Warren, directrice générale d’Ensemble Moncton, plaide pour qu’au moins un refuge pour sans-abris dans la ville offre les services nécessaires pour accueillir les personnes interdites dans les autres.

Photo : Radio-Canada / Pierre Fournier

Elle est enceinte de huit mois. Elle a employé un langage irrespectueux envers le personnel du refuge et elle a été bannie. On m’a dit que c’était pour un mois. Nous essayons de faire en sorte qu’elle ait un téléphone pour qu’elle puisse au moins appeler une ambulance quand elle sera sur le point d’accoucher, explique Mme Warren.

Debby Warren estime qu’il aurait été possible d’éviter certains décès récents par surdose si un service de prévention était offert 24 heures sur 24.

« Il y a quatre refuges. Je demande qu’il y en ait un qui ait de véritables mesures de réduction des risques. »

— Une citation de  Debby Warren, directrice générale d’Ensemble Moncton

Selon elle, il est irréaliste de s’attendre à ce que ces personnes passent la nuit dehors en plein hiver. C’est jouer à la roulette russe avec leur vie, dit-elle.

Un problème depuis plusieurs années

La travailleuse d’approche Lisa Ryan gérait en 2018 le premier refuge d’urgence ouvert par temps froid à Moncton.

Elle rappelle que Luke Landry, un sans-abri, a été trouvé mort en novembre dans une salle de toilette publique près de l’hôtel de ville de Moncton. Il avait subi une surdose de drogue ce jour-là et il n’avait pas pu obtenir une place dans les refuges.

Ce qui est frustrant, c’est que nous savions que c’était un problème en 2018, dit-elle en ajoutant qu’il y avait déjà à ce moment un nombre important de sans-abris qui n’avaient pas accès aux refuges permanents.

Selon Mme Ryan, les organismes de première ligne et les bénévoles font tout ce qu’ils peuvent et le gouvernement provincial devrait en faire plus à long terme pour prévenir l’itinérance et aider ces personnes à s’en sortir.

Debby Warren et Lisa Ryan ajoutent que les travailleurs des organismes de première ligne sont épuisés et qu’il est difficile pour eux d’aider des sans-abris à s’en sortir alors que l’attente pour un logement abordable ou des services en matière de santé mentale et de toxicomanie dure des années.

D’après un reportage de Vanessa Blanch, de CBC

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