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Québec veut raccourcir les délais pour créer du logement social et abordable

France-Élaine Duranceau en conférence de presse.

France-Élaine Duranceau, ministre de l'Habitation du Québec, a participé à l'inauguration de la Résidence des Ateliers à Montréal. Elle affirme que Québec complétera le montage financier de projets de logements sociaux et abordables dans les municipalités « où on sait que les choses vont avancer ».

Photo : Radio-Canada

Au lendemain de l'inauguration, à Montréal, d'un projet modèle de logement social et abordable, la ministre France-Élaine Duranceau veut accélérer la création de logements sociaux et abordables en partenariat avec les municipalités « où on sait que les choses vont avancer ».

De l'aveu de la ministre de l'Habitation du Québec, créer des logements sociaux et abordables est pour elle une obsession.

En entrevue mardi à Tout un matin sur ICI Première, France-Élaine Duranceau a salué l'inauguration, la veille à Montréal, d'un projet très attendu : la Résidence des Ateliers.

Ce beau projet élève le concept de logement social et abordable à un autre niveau, s'est enthousiasmée la ministre Duranceau.

Érigé sur le site des anciens ateliers municipaux de la Ville de Montréal dans l'arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, cet immeuble de 10 étages comporte 193 logements destinés à des aînés autonomes ou en légère perte d’autonomie. Il abrite aussi 300 employés de l'Office municipal d'habitation de Montréal.

Des projets comme ceux-là, il en faudrait plus, a reconnu la ministre, qui s'est dite épatée devant les vues imprenables qu'offre la Résidence des Ateliers sur la grande région métropolitaine.

Des vues qui, généralement, coûtent cher, a-t-elle ajouté, se félicitant du fait que ce panorama soit offert à des gens peu fortunés, une autre clientèle que la clientèle habituelle pour des vues comme ça.

Ce projet de plus de 112 millions de dollars constitue le plus gros projet de l’histoire du programme AccèsLogis de la Société d’habitation du Québec (SHQ). Il a été élaboré en partenariat avec l'Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) et le gouvernement du Canada.

C'est en 2011 que l'OMHM avait offert à la Ville de Montréal de développer le site de l’îlot Rosemont : c'est donc dire qu'il aura fallu 12 ans de planification et de travaux pour que la Résidence des Ateliers voie le jour.

Celui-là est fait, passons au futur, a déclaré France-Élaine Duranceau, qui a dit avoir pour obsession d'accélérer la cadence afin de pouvoir livrer plus rapidement ce genre de projets d'habitation.

Elle a dit que son ministère analyse de manière chirurgicale les projets en attente, le tout afin de comprendre pourquoi ça prend du temps.

Dans la majeure partie des cas, de nombreux acteurs sont impliqués : administrations municipales, groupes communautaires, paliers de gouvernement... Et quand il n'y a pas de porteur de ballon, quand les différents acteurs se lancent la balle, les délais se multiplient, déplore Mme Duranceau.

Une des solutions, de l'avis de la ministre, consiste à réorganiser le travail à l'intérieur de la Société d'habitation du Québec, ce qui est déjà commencé, dit-elle.

Le rôle des municipalités

Et il importe de sensibiliser tous ceux qui sont autour de la table, selon elle : Ça ne donne rien d’allouer des unités pour un projet dans une municipalité si la municipalité n’[appuie] pas le projet et n’est pas prête à faire en sorte que le terrain convoité ait le bon zonage et que les choses puissent aller de l’avant.

D'autant plus, a poursuivi Mme Duranceau, qu'un changement de zonage est une opération qui peut prendre jusqu'à trois ans avant d’être réglée.

Dans ce contexte, a-t-elle dit, le gouvernement peut favoriser des projets dans une municipalité où on sait que les choses vont avancer.

On regarde les bons projets, les projets susceptibles d’avancer rapidement, et s’il manque des sous, on va être là pour compléter le montage financier. Et il en manque, des sous.

Une citation de France-Élaine Duranceau, ministre de l'Habitation du Québec et députée de Bertrand

Le programme AccèsLogis connaît des arrérages, a dit Mme Duranceau, et le gouvernement de François Legault y a injecté de l'argent.

Toutefois, ce programme, vieux de 25 ans, ne répond pas nécessairement aux besoins de la situation actuelle, a encore dit la ministre.

Cela a incité Québec à créer, en mars dernier, le Programme d'habitation abordable Québec (PHAQ), qui vient reprendre les bons côtés d'AccèsLogis tout en rendant le processus plus fluide, dit-elle.

AccèsLogis : un programme en état d'anorexie

Des gens manifestent dans une rue de Québec.

En septembre dernier, des organismes de défense des droits des locataires ont manifesté dans les rues de Québec pour réclamer plus de logements sociaux et abordables. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Mercier

Cependant, pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), la Coalition avenir Québec (CAQ) n'a pas respecté ses promesses en matière de construction de logements, et les propos de la ministre Duranceau ne sont pas rassurants.

Selon Véronique Laflamme, du FRAPRU, le problème est attribuable non pas à un manque de volonté de la part des municipalités mais au fait que Québec ne finance pas.

Si AccèsLogis fonctionne si mal et si les délais s'accumulent, c'est parce que ce programme est sous-financé depuis bientôt 15 ans, critique le FRAPRU.

Le ministère de l'Habitation doit cesser de rejeter sur les épaules d'autres la responsabilité de ses longs délais de livraison des projets financés par AccèsLogis. Le programme est maintenu en état d'anorexie depuis des années.

Une citation de Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU

Mme Laflamme réfute par ailleurs l'assertion de la ministre selon laquelle le PHAQ reprend les bons côtés d'AccèsLogis.

Ce nouveau programme, dit la porte-parole du FRAPRU, ne prévoit pas de subventions au loyer pour les ménages les plus pauvres. Pour ce faire, les groupes porteurs de projets doivent réclamer des subventions à part, subventions qu'ils ne sont pas assurés d'obtenir, dit-elle.

De plus, toujours selon le FRAPRU, le PHAC ne prévoit pas de fonds de démarrage pour les promoteurs de projets sans but lucratif; là encore, ces promoteurs doivent faire une demande de subvention à part.

Ce que ça prend, c’est un programme structurant et autoportant qui n’oblige pas les organismes et les municipalités à chercher de l’argent à gauche et à droite, dit Véronique Laflamme.

Un partenariat essentiel en pleine crise du logement

Du côté de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), on affirme qu'en raison de la crise du logement, le gouvernement du Québec doit poursuivre ses efforts en partenariat avec les municipalités.

Le défi est grand : nous devons trouver des moyens de construire deux fois plus de logements par année si nous voulons conserver l’abordabilité, et ce, dans un contexte de hausse des taux d’intérêt.

Une citation de Daniel Côté, maire de Gaspé et président de l'UMQ

L’UMQ dit en outre que le gouvernement doit tenir compte des problèmes et des situations variables d’un milieu à un autre et non pas adopter une approche uniforme.

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