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10 000 travailleurs recherchés pour la filière québécoise de la batterie

Chantier de construction vu du ciel.

Construction de la « Silicon Valley de la batterie » à Bécancour.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Pour que la Mauricie et le Centre-du-Québec deviennent la « Silicon Valley de la batterie automobile », il faudra attirer au moins 10 000 travailleurs, estime le ministre Pierre Fitzgibbon. « Quand on regarde cette région-là globalement, moi je pense qu’on peut espérer! J’espère qu’on aura 10 000 personnes qui vont travailler dans l’industrie éventuellement ».

Tout ça en pleine pénurie de main-d’œuvre et alors que certaines expertises dans le domaine de la batterie pour les véhicules électriques n’existent pas encore au Québec. Non seulement faut-il trouver des travailleurs spécialisés, mais il faut les recruter rapidement.

Les multinationales qui s’apprêtent à construire leur usine dans le parc industriel de Bécancour veulent commencer à produire dès 2025. La pression est forte pour réduire la dépendance à la Chine en fabriquant les batteries en Amérique du Nord.

Je pense qu’on va avoir beaucoup d’étrangers temporaires qui vont venir ici. La valve est ouverte. On peut amener autant de monde qu’on veut pour combler des postes qui ne peuvent pas être comblés ici au Québec […] Espérons qu’ils vont apprendre le français et qu’ils vont vouloir demeurer au Québec.

Une citation de Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie

La filière batterie

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Un bras robotisé sur une chaîne de production de batteries électrique.

Est-ce qu’on va aller dans les Maritimes où ça parle un petit peu plus français? Est-ce qu’on va avoir une stratégie au niveau de l’immigration? Je ne sais pas encore, mais l’objectif, c’est de ne pas déshabiller nos PME, ajoute le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

Dans les 10, 20 ou 30 dernières années, ça a été difficile ici avec la fermeture de grandes entreprises. Je fais souvent des comparaisons avec ce que les pâtes et papiers ont été pour la Mauricie… je pense que la batterie peut remplacer ça.

Une rétrocaveuse et un camion à benne en action.

Les travaux vont bon train pour accueillir de nouvelles installations dans le parc industriel de Bécancour.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Une métamorphose attend Bécancour

Un afflux aussi important de travailleurs comporte de nombreux défis pour la ville rurale de Bécancour, qui se retrouvera au cœur du mégaprojet. Selon les projections, elle pourrait passer de 14 000 à 20 000 habitants.

Il faut les loger, en plus de leur fournir des services de base comme l’école, la garderie et un médecin de famille. Actuellement, Bécancour n’a même pas d’école secondaire sur son vaste territoire.

On aura vraiment besoin du gouvernement du Québec pour accélérer les choses ici, affirme la mairesse Lucie Allard. On a une nouvelle école primaire dans les cartons, un nouveau CPE également.

Les deux groupes de médecins de famille déjà implantés ne suffiront pas. La renommée du projet va attirer des médecins, ça, on en est convaincus!, dit-elle.

Un projet d’environ 5000 nouvelles résidences est sur la table. L’échéancier de deux ans est très court pour littéralement transformer la ville, reconnaît la mairesse, mais elle répète que ses équipes sont mobilisées et motivées par cette opportunité.

Échéancier court : défis importants

Le PDG du Parc industriel et portuaire de Bécancour est aussi débordé. Donald Olivier compare ce qui se passe à une véritable course contre la montre.

Au sud de l’autoroute 30, des voies de desserte, un réseau d’aqueduc, des égouts et même un futur chemin de fer sont en construction. Avec le gouvernement, il fait des pieds et des mains pour satisfaire les besoins des multinationales qui ont choisi de s’établir ici.

Les infrastructures doivent être disponibles le plus vite possible, pour compétitionner avec la Caroline du Nord et le Tennessee, où le gouvernement américain ne lésine pas sur les subventions pour attirer les fabricants de batteries et de véhicules électriques. Même l’Ontario joue la grande séduction, en concurrence avec le Québec qui mise surtout sur son expertise, sur des prêts pardonnables et sur son énergie renouvelable.

C’est le plan des fabricants de commencer à produire et mettre en service en 2025. Pour moi et mes équipes, c’est un dossier qui est vraiment un gros challenge. Ce sont vraiment des échéanciers très courts, donc c’est la rapidité avec laquelle il faut exécuter, explique M. Olivier. Le terrain de la future usine de GM-Posco s’étend à lui seul sur une longueur de 5 km. Il y a quelques mois encore, seule une piste cyclable le traversait.

Le port de Bécancour devra également subir une transformation pour ajouter des espaces d’entreposage et un quai supplémentaire afin d’accueillir plus de cargos. On pourrait facilement penser qu’on aura 10 milliards d’investissements à Bécancour, précise le ministre Fitzgibbon.

La structure des cubes à l'Université du Québec à Trois-Rivières en hiver avec des étudiants, dont une qu'on voit avec un masque.

L'Université du Québec à Trois-Rivières pourrait accueillir de nouveaux étudiants pour les former aux besoins de la « Silicon Valley de la batterie ». (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Former rapidement et efficacement la main-d’œuvre

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) devra aussi s’agrandir pour former rapidement la main-d’œuvre. Des programmes sont déjà en cours d’élaboration avec d’autres universités et des cégeps situés au Centre-du-Québec.

Déjà nos infrastructures manquent d’espace. Ce projet-là ne se fera pas sans que notre université puisse croître pour rencontrer les besoins. Dix mille employés, c’est combien de milliers à Bécancour, à Trois-Rivières et à Shawinigan? C’est aussi beaucoup de gens en ressources humaines, en santé et sécurité, en logistique ou d’autres domaines. Il faut faire l’inventaire des besoins de formation pour les entreprises

Une citation de Christian Blanchette, recteur de l'UQTR

Le recteur Christian Blanchette rappelle que la région compte déjà plusieurs spécialistes qui pourront contribuer à développer les batteries au lithium. C’est en Mauricie et au Centre-du-Québec qu’on retrouve, entre autres, le Laboratoire des technologies de l’énergie, l’Institut de recherche sur l’hydrogène ou le Centre de métallurgie du Québec.

Cette masse critique de chercheurs a rendu la région particulièrement attrayante aux yeux du gouvernement pour y établir une zone d’innovation axée sur l’économie verte. La future vallée de la transition énergétique serait composée des villes de Bécancour, Trois-Rivières et Shawinigan.

La filière batterie, c’est clair que c’est un chantier qui va donner beaucoup de prestance et de légitimité au Québec sur la chaîne internationale parce qu’on est capable de devenir un joueur dominant, assure le ministre Fitzgibbon.

Tous les espoirs sont permis, selon lui. Il estime que les retombées économiques de la filière batterie pourraient atteindre 1,5 milliard de dollars d’ici dix ans.

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