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Remonter dans le temps pour mieux connaître les risques de séismes dans l’estuaire

Un bateau sur l'eau.

Les recherches terrain ont été menées à bord du Coriolis II entre La Malbaie et Baie-Comeau.

Photo : Gracieuseté de l'ISMER-UQAR/Arthur Bieber

Et si les tremblements de terre du passé pouvaient nous aider à mieux prévenir ceux à venir? En étudiant des glissements de terrain qui sont survenus dans les profondeurs de l'estuaire du Saint-Laurent, une équipe de chercheurs de l'Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) a réussi à les associer à plusieurs tremblements de terre majeurs, dont certains remontent à près de deux siècles.

Pour ce faire, les scientifiques ont mené une mission de deux semaines à bord du navire Coriolis II entre La Malbaie et Baie-Comeau. Ils ont prélevé des sédiments dans les fonds marins en faisant des carottages.

Une personne assise sur un instrument dans un bateau.

Le chercheur Guillaume St-Onge est assis sur le carottier qui a été utilisé pour les recherches, et qui permet de prélever des carottes de six mètres dans les profondeurs marines.

Photo : Gracieuseté de l'ISMER-UQAR/Quentin Beauvais

Ces carottes sédimentaires, c’est un peu comme des livres où chaque centimètre va représenter une page d’histoire. Donc nous, au lieu de tourner les pages, on remonte centimètre par centimètre dans une carotte sédimentaire, explique le directeur de l'ISMER, Guillaume St-Onge, qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada en géologie marine.

Après un tremblement de terre, certaines couches de sédiments se déplacent puis se déposent dans les fonds marins. Guillaume St-Onge décrit ce phénomène comme une sorte d'avalanche sous-marine. Ça a des caractéristiques sédimentologiques qu’on est capables d’identifier en laboratoire, indique-t-il.

Deux personnes avec des masques dans un laboratoire.

Les chercheurs examinent les sédiments recueillis par carottage afin de les dater.

Photo : Gracieuseté de l'ISMER-UQAR/Méril Mérindol

Les chercheurs ont ainsi pu associer ces couches de sédiments à certains tremblements de terre survenus notamment en l'an 645, en 1145 ainsi qu'en 1663, où un séisme estimé à une magnitude de 7 – soit l'équivalent du tremblement de terre survenu en 2010 en Haïti – s'est produit dans la zone sismique de Charlevoix-Kamouraska.

Ce que nos travaux démontrent, c’est qu’il faut être prêts à un tremblement de terre comme ça, parce qu’ils se sont déjà produits.

Une citation de Guillaume St-Onge, directeur de l'ISMER et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en géologie marine

Les scientifiques croient aussi qu'un tsunami aurait pu se produire en 1925 dans le Saint-Laurent. D'autres recherches seront toutefois nécessaires avant de prouver cette hypothèse.

L’intérêt de remonter dans le temps, c’est de mieux comprendre cette fréquence et cette occurrence ou récurrence d’événements importants dans le temps, précise M. St-Onge. De tels phénomènes pourraient causer des dégâts importants s'ils se reproduisaient, une éventualité à laquelle les municipalités doivent se préparer, estime-t-il.

Pensez par exemple à la Côte-Nord, où il y a seulement une route qui longe le Saint-Laurent, la 138, fait valoir M. St-Onge. Il y a des ponts, il y a des habitations, donc ces glissements de terrain peuvent créer des effondrements qui vont affecter les infrastructures, dit-il.

Les découvertes des chercheurs permettront éventuellement de préciser la carte des aléas sismiques dans le Saint-Laurent. Cette carte-là sert entre autres à donner des informations pour le code du bâtiment, ce qui permet de faire des infrastructures qui résistent à des tremblements de terre de forte magnitude, explique M. St-Onge.

Dans le cadre de ce projet, M. St-Onge a collaboré avec l'étudiant au doctorat de l'ISMER-UQAR Méril Mérindol, ainsi qu'avec Nabil Sultan et Sébastien Garziglia, de l’Ifremer, en France, et Patrick Lajeunesse, de l’Université Laval.

Leurs recherches figurent parmi les 10 découvertes de l'année du magazine Québec Science.

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