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Inflation : les Canadiens forcés de réduire leur train de vie

Une femme appuyée sur un panier d'épicerie. Elle tient un reçu d'achat.

Le coût élevé des aliments et des produits essentiels obligent de plus en plus de consommateurs à réduire leurs autres dépenses. (Photo d'archives)

Photo : iStock / sergeyryzhov

La flambée inflationniste et les taux d’intérêt élevés freinent les ardeurs des consommateurs canadiens, qui ont réduit leurs dépenses dans un « large éventail de biens et services » en plus de reporter des achats importants, indique la dernière Enquête sur les attentes des consommateurs (Nouvelle fenêtre) publiée par la Banque du Canada.

Les consommateurs ont affirmé avoir réduit leurs dépenses au cours des six derniers mois, constatent les analystes dans cette étude, laquelle porte sur les trois derniers mois (le quatrième trimestre) de l’année 2022.

Sans surprise, les ménages se disent principalement touchés par la hausse importante des prix des denrées alimentaires et des produits essentiels, qui grugent une part de plus en plus élevée de leurs revenus disponibles.

Si lors de l’enquête précédente – celle du troisième trimestre de 2022 – les ménages sondés se disaient conscients des hausses de prix et des taux d’intérêt, leur impact sur les finances des ménages s’est fait beaucoup plus concret dans les derniers mois de l’année.

Ils allouent une plus grande partie de leur budget aux produits essentiels [...] Ils réduisent par conséquent leurs dépenses pour une grande variété d’autres biens et services.

Je dépense beaucoup d’argent pour acheter pas grand-chose.

Une citation de Un consommateur canadien

Selon le dernier rapport sur le Panier à provisions nutritif et économique (PPNE) du Dispensaire diététique de Montréal, une épicerie équilibrée minimale coûtait en octobre dernier 15 % de plus que l’année précédente. Ce qui représente 45 $ de plus sur une épicerie de 300 $.

D’après l’étude commandée par la Banque du Canada, cette hausse de prix soutenue dans l’alimentation depuis des mois s’expliquerait, selon plusieurs répondants, non seulement par l’inflation, mais aussi par des augmentations de prix abusives des commerçants.

Hélas, le prix des aliments devrait continuer d’augmenter en 2023, selon le Rapport annuel sur les prix alimentaires, publié par quatre grandes universités canadiennes.

Méthodologie

Les données de l'étude proviennent d’une enquête quotidienne menée en ligne auprès de consommateurs canadiens du 27 octobre au 17 novembre 2022 par la firme RIWI pour le compte de la Banque du Canada. Des entrevues de suivi ont aussi été réalisées en novembre et en décembre 2022.

Changement dans les habitudes d’achat

La hausse des prix des biens et produits essentiels a également entraîné des changements dans les habitudes des consommateurs, constatent les auteurs de l'étude.

En plus d’avoir réduit leurs dépenses à l’épicerie et sur d’autres biens et services, les consommateurs disent changer leurs habitudes d’achat. Par exemple, ils choisissent des marques meilleur marché, achètent en gros et cherchent des rabais, peut-on lire dans le document.

Une voiture dans la salle de montre d'un concessionnaire automobile.

La situation économique oblige de nombreux ménages à reporter des achats importants, comme une nouvelle voiture. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Josh Lefkowitz

Les ménages seraient par ailleurs plus touchés par la hausse des taux d'intérêt.

C’est surtout le cas de ceux qui ont un taux variable sur leur prêt hypothécaire ou d’autres dettes, comme une marge de crédit contractée pour effectuer des rénovations ou d’autres achats importants, et qui sentent les effets des hausses de taux, expliquent les analystes.

Les consommateurs sondés affirment réduire davantage leurs dépenses en matière de loisirs, de voyages, de sorties au restaurant, ou reporter des achats importants, comme celui d'une voiture.

Le crédit coûte cher

Environ 60 % des personnes interrogées ont affirmé qu’il est aujourd’hui plus difficile d’obtenir du crédit qu’il y a un an. Une proportion similaire s’attend à ce que ces difficultés s’aggravent d’ici l’an prochain, notent les auteurs de l’étude.

Le taux d’intérêt sur un prêt automobile est de 8 %... si ce taux ne baisse pas, les choses vont commencer à mal aller pour moi.

Une citation de Un consommateur canadien

En ce qui a trait aux revenus des ménages, 52 % des personnes interrogées ont déclaré au dernier trimestre ne pas s’attendre du tout à ce que leur salaire rattrape les hausses de prix à long terme.

Dans le même ordre d'idée, 19 % des sondés ne prévoyaient regagner que partiellement la hausse du coût de la vie. Ensemble, c’est 71 % des répondants qui estiment que leur salaire ne rejoindra pas l’inflation.

La crainte d’une récession

Dans une logique où la hausse du coût de la vie oblige les ménages à acheter moins, une partie importante des consommateurs interrogés s'attendent à un ralentissement économique à plus ou moins brève échéance.

Les répondants évaluent à 60 % en moyenne la probabilité qu’une récession survienne au cours des 12 prochains mois. Un peu moins de la moitié de ceux qui anticipent une récession croient qu’elle sera modérée et de courte durée, notent les analystes.

Environ la moitié des ménages – dont beaucoup sont à faible revenu – croient qu’ils seraient négativement touchés par une récession. Beaucoup de répondants s’attendent à une chute de la valeur de leurs actifs financiers ou à avoir de la difficulté à payer leurs factures, souligne l’enquête.

Seul un répondant sur cinq dit cependant craindre de perdre son emploi advenant une récession, ce qui traduit une certaine confiance des Canadiens envers le marché de l’emploi qui demeure solide jusqu’à maintenant au pays.

On s'endette pour maintenir son train de vie

Les conclusions de cette enquête effectuée à la fin 2022 tranchent cependant avec les chiffres records de ventes réalisées pendant la période des Fêtes,autant aux États-Unis qu'au Canada.

Des clients dans un magasin d'électronique attendent en file à la caisse pour payer. La plupart ont acheté un téléviseur.

Cette année encore, les consommateurs se sont massivement rendus dans les magasins à l'occasion du Vendredi fou. (Photo d'archives)

Photo : Getty Images / Sandy Huffaker

Selon un sondage commandé par le Conseil canadien du commerce de détail publié en octobre dernier, en dépit de l'inflation et du resserrement du crédit qui touche 6 Canadiens sur 10, la majorité d'entre eux prévoyaient dépenser aux Fêtes le même montant qu'en 2021, soit environ 790 $.

À en croire l’enquête réalisée par la firme Léger auprès de 2505 Canadiens, tout a beau coûter plus cher, l’humeur générale n’était pas à la privation.

Au troisième trimestre de 2022, soit avant même l'arrivée du magasinage de Noël, la dette à la consommation totale des Canadiens avait grimpé de 7,3 % par rapport au troisième trimestre de l'année précédente.

Selon la société Equifax, l’endettement non hypothécaire atteignait à ce moment 2,36 billions de dollars, soit 21 183 $ par consommateur au Canada.

Après une augmentation de 3,1 % du nombre de consommateurs utilisant activement des produits de crédit, l’endettement non hypothécaire dans son ensemble a dépassé les niveaux prépandémiques et s’établit maintenant à 599,9 milliards de dollars, en hausse de 5,3 % par rapport au troisième trimestre de 2021 et de 1,4 % par rapport au troisième trimestre de 2019, écrivait Equifax le 6 décembre dernier.

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