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Des policiers de Winnipeg ont fait l’objet de dizaines de mesures disciplinaires en 5 ans

Le quartier général de la police de Winnipeg.

Des policiers de Winnipeg ont fait l'objet de dizaines de mesures disciplinaires, selon des documents obtenus par CBC/Radio-Canada. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Radio-Canada

Des policiers de la Ville de Winnipeg ont fait l'objet de dizaines de mesures disciplinaires internes, entre la fin de 2014 et le début de 2020. Les sanctions vont de l'avertissement au licenciement, selon des documents obtenus par CBC/Radio-Canada grâce à une ordonnance du tribunal.

Les documents nouvellement publiés révèlent ce qui se passe quand un policier est reconnu coupable de mauvaise conduite interne. Ils donnent aussi une idée du fonctionnement de l'unité des normes professionnelles du Service de police de Winnipeg.

À Winnipeg, les audiences du conseil de discipline qui se tiennent lorsqu'un agent est accusé de mauvaise conduite interne ne sont pas ouvertes au public, et les résultats ne sont pas publiés.

Ces résultats ne sont pas toujours communiqués aux personnes concernées, comme c’est le cas pour le père d'une adolescente de 14 ans qui a récemment eu une interaction négative avec un policier.

Je pense qu'on devrait nous faire savoir qu'ils ont suspendu le policier pendant une semaine ou que cela devrait être rendu public, déclare le père de famille.

Dans d'autres villes comme Toronto et Edmonton, les audiences disciplinaires de la police disposent de mécanismes permettant au public d'assister aux audiences ou d'en connaître l'issue.

Les dossiers récemment publiés à Winnipeg ont été obtenus après une bataille de plusieurs années qui a conduit CBC/Radio-Canada à poursuivre la Ville en justice.

Un juge de la Cour du Banc du Roi a ordonné la publication des documents en novembre dernier.

Ces documents révèlent que au cours d'une période de cinq ans, un seul agent a été licencié en raison d'une question de discipline interne. La majorité des autres policiers ont reçu un avertissement verbal ou ont perdu leur salaire pendant un certain nombre de jours.

Selon le rapport annuel de l'unité des normes professionnelles, 33 enquêtes ont été ouvertes en 2021. La majorité d'entre elles sont liées à une conduite déshonorante ou à des allégations diverses, notamment des agressions sexuelles et des fraudes.

Entre la fin de 2014 et le début de 2020, 57 sanctions ont été répertoriées dans ce rapport. Ainsi, 28 policiers ont perdu leur salaire, 15 d’entre eux ont reçu un avertissement verbal, tandis que 12 autres ont reçu une réprimande écrite.

Trois policiers ont été mis en probation, deux autres n'ont pas pu avoir une promotion pendant un certain temps, deux policiers ont reçu une formation de rattrapage, un autre a été rétrogradé pendant deux ans, et un seul policier a été licencié.

Certains agents ont reçu des sanctions multiples.

Le public mérite des réponses

Criminologue à l'Université de Winnipeg, Kevin Walby y dirige le Centre d'accès à l'information et à la justice. Il estime que la décision de la cour en faveur de CBC/Radio-Canada est très importante.

Selon lui, cette décision facilitera l’accès à l’information à l’avenir, tant pour le public que pour les coordonnateurs de l’accès à l’information.

Kevin Walby devant une murale.

Selon Kevin Walby, la décision de la cour facilitera l’accès à l’information à l’avenir.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Il ajoute que le public doit connaître les résultats des affaires de discipline interne des policiers.

« C'est un monopole qui doit être pris très au sérieux, car les gens méritent des réponses. »

— Une citation de  Kevin Walby, criminologue de l'Université de Winnipeg

La police est le seul organisme de notre service public représentant le gouvernement qui a le monopole de l'usage de la force, précise-t-il.

La police ne s’excuse pas

Le père de l'adolescente de 14 ans indique que les difficultés qu'il a rencontrées en essayant d'obtenir qu'un agent soit sanctionné lui a donné envie d'abandonner le processus.

Lorsque l'unité des normes professionnelles l'a contacté, un de ses membres lui a dit qu'il n'obtiendrait pas d'excuses, quelles que soient les conséquences auxquelles l'agent ferait face.

Dans un courriel envoyé au père, un agent de cette unité a décrit les options qui pourraient conduire à une sanction disciplinaire contre l'agent.

Le père de famille pourrait déposer une plainte auprès de l'Organisme chargé des enquêtes sur l’application de la loi du Manitoba. Cet organisme a pour but de garantir à tous les résidents du Manitoba que leurs plaintes contre des agents de police municipaux en activité feront l'objet d'une enquête et d'un examen indépendants, selon le site Internet de la province (Nouvelle fenêtre).

Si l'agent est reconnu coupable par l’organisme provincial, le résultat est rendu public, y compris le nom de l'agent.

Cependant, l’organisme est l'objet de critiques depuis des années, car la plupart des plaintes sont rejetées par ses enquêteurs et que les agents sont rarement reconnus coupables.

Avec les informations de Kristin Annable

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