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Bon nombre de chefs de police du pays s’opposent au projet de loi C-75

Une lettre a officiellement été envoyée au ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino.

Pierre Brochet est le président de l'Association des directeurs de police du Québec.

Pierre Brochet est le président de l'Association des directeurs de police du Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Charest, caméraman

Les directeurs de police du Québec font front commun avec d'autres chefs de police au Canada pour demander au gouvernement Trudeau de ne pas alléger le processus de remise en liberté des contrevenants violents accusés de crime avec armes à feu.

Une lettre officielle a été envoyée jeudi au ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, pour qu'il revoie des articles du projet de loi C75 qui vise à alléger le processus de remise en liberté de contrevenants violents et récidivistes, accusés de crimes perpétrés avec des armes à feu.

Moi, c'est clair : si tu as une arme à feu, tu es criminalisé, tu es récidiviste. Et [si] tu tires dans la rue, sur quelqu'un, tu devrais rester en prison, a lancé Pierre Brochet, président de l'Association des directeurs de police du Québec (ADPQ).

Directeur de la police de Laval, M. Brochet est d'avis qu'il y a d'autres moyens de diminuer la surreprésentation de certaines communautés à travers le Canada impliquées dans des crimes commis avec armes à feu.

Imaginez. Nos policiers courent après des criminels. L'intervention est dangereuse. Ça brasse parce qu'ils ne veulent pas se faire arrêter. Ils ont des armes à feu chargées. Et là, ils ne restent pas en prison, même s'ils sont accusés, plaide-t-il.

C-75, c'est un projet de loi qui touche les libérations sous caution. Le gouvernement fédéral veut le plus rapidement possible ne pas garder les gens en détention. Mais on pense que ça ne sert pas bien nos communautés, affirme Pierre Brochet.

« Ici, à Laval, on a saisi trois armes à feu en 48 heures. Les trois suspects ont déjà été libérés. L'un d'entre eux, qui venait de l'Ontario, était déjà remis en liberté dans un autre dossier où il avait déchargé une arme à feu. »

— Une citation de  Pierre Brochet, président de l'Association des directeurs de police du Québec

Dans la lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, l'ADPQ indique qu'elle a été profondément choquée par la mort récente, tragique et évitable du policier Grzegorz Pierzchala.

C’est pourquoi l’ensemble des directeurs de police de notre province souhaite que vous interveniez afin que ce genre d’actes gratuits soient évités dans le futur, non seulement pour la protection de ceux et celles qui veillent à la sécurité publique sur nos territoires, mais également pour celle de tous les citoyens canadiens, écrit-elle.

Le constable Grzegorz Pierzchala pose avec un cheval.

Le constable Grzegorz Pierzchala travaillait pour la Police provinciale de l'Ontario dans le comté de Haldimand.

Photo : Six Nations de la rivière Grand

Rappelons que des documents judiciaires ont démontré que, plusieurs mois avant la fusillade qui a coûté la vie au policier, l’un des deux suspects accusés du meurtre, Randall McKenzie, 25 ans, avait été libéré après un réexamen de son dossier malgré les accusations d’agression et de possession d’armes qui pesaient contre lui.

Un mandat d'arrestation avait été lancé parce qu'il ne s'était pas présenté à une date d’audience en août dernier, selon les documents judiciaires.

Des agents de police de la PPO en uniforme transportent le cercueil couvert d'un drapeau de l'Ontario.

Des policiers de partout au pays sont venus apporter leur soutien à la famille et aux collègues de Grzegorz Pierzchala.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Depuis la mort de l'agent Pierzchala, des appels de partout au Canada se sont multipliés pour que le gouvernement fédéral réforme sa politique de libération sous caution.

Selon nos informations, le gouvernement du Québec poursuit ses discussions avec ses homologues des autres provinces canadiennes pour faire pression sur Ottawa, afin que le gouvernement fédéral revienne sur sa décision de modifier le système pénal qui touche les remises en liberté dans des dossiers liés aux armes à feu.

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